QUE PEUT LA THÉRAPEUTIQUE PRÉVENTIVE
C'est étudier là toute la chirurgie conservatrice et le problème des greffes ovariennes. Nous serons brefs sur ces sujets : ils sortent du cadre de notre travail et ont d’ailleurs été longuement exposés lors du dernier congrès de gynécologie.
MM. Massabuau et Guibal concluaient : « Pour mettre la malade sûrement à l’abri des troubles de la ménopause artificielle, il suffit en principe d'un fragment minime d'ovaire ; mais la conservation de l'ovaire seul doit être considérée comme risquée et insuffisante ; il faut au maximum respecter les organes voisins pour que son irrigation soit intégralement ménagée ; il faut autant que possible conserver l'utérus ou un segment d’utérus pour que la synergie utéro-ovarienne ne soit pas troublée. Si
les conditions locales ou l’altération de l'ovaire font paraître sa conservation in situ précaire ou dangereuse, mieux vaut la greffer ; mais l'apparition des troubles de la ménopause risque davantage d’être seulement retardée ; ou la préservation incomplète.»
Nous nous excusons de la longueur de cette citation, elle nous est apparue importante.
L'éude de nos opérées ne nous permet guère d'apporter un argument à la question ; car quatre d’entre elles seulement, conservaient un ovaire.
Chez deux de ces opérées, l'opération conservatrice fut sans effet ; il s'agissait de deux salpingites l’une d’entre elles étant la basdowienne dont nous avons rapporté plus haut l'observation.
La troisième avait été castrée à 45 ans pour fibrome, ce qui ne permet pas de conclure.
La quatrième par contre a une valeur expérimentale. Mme E. B..., 34 ans, opérée en décembre 1933 pour fibrome avec conservation des deux annexes : aucun trouble à la suite de cette intervention. Mais un mois après souffrant du ventre elle revint consulter ; elle fut réopérée en mars 1934 : le protocole opératoire ne dit pas si les ovaires avaient subi une transformation kystique. Toujours est-il qu'aussitôt après la deuxième opération la malade ressentit de fortes bouffées de chaleur et que son caractère se modifia profondément.