‹ Contribution à l'étude des suppurations pulmonaires non tuberculeuses et en particulier de leur traitement chirurgicalChapitre 29 sur 92 · VUE D’ENSEMBLE SUR LES SUPPURATIONS CHRONIQUES · texte numérisé non relu

VUE D’ENSEMBLE SUR LES SUPPURATIONS CHRONIQUES

Les lésions des suppurations chroniques nous apparaissent essentiellement faites : d’une part de lésions cavitaires stabilisées ulcérosécrétantes, d'autre part de lésions bronchiques inflammatoires et de lésions scléreuses envahissantes : pyosclérose de Coquelet.

Cette sclérose n’est au poumon qu'une image particulièrement évidente d’un processus anatomique très général de cicatrisation. Le développement de cette sclérose est progressif ; nous l'avons vu commencer dans les lésions aiguës où le collagène apparaît très tôt avec le tissu de bourgeonnement vasculaire réparateur. Si la suppuration à ce moment persiste, la sclérose augmentera de façon plus où moins rapide selon des facteurs de microbes et de terrain maïs de façon progressive et irrémédiable. Elle va mettre pour atteindre une importance telle, qu'aucun traitement ne puisse plus rien contre les lésions un temps variable, 2, 3, 4, 5, 6 mois parfois méme davantage. En même temps qu’elle, les lésions bronchiques se développent. Pendant ce temps tandis que cliniquement la maladie apparaît déjà comme une suppuration chronique elle n'en présente pas encore les lésions irrémédiables : elle mérite à ce moment le nom de suppuration chronique récente et est susceptible de guérir par des thérapeutiques conservatrices.

Lorsque ce temps variable (2 à plusieurs mois) s’est écoulé, les lésions scléreuses et bronchiques ont pris trop d'importance pour pouvoir guérir. La guérison des lésions est impossible pour deux raisons : 1° la sclérose qui rend impossible tout effacement ow tout comblement cavitaire. (Mais s’il n’y avait que la sclérose on pourrait admettre une aseptisation du foyer et une cicatrisation par épithélialisation des cavernes). 2° l’extension des lésions sécrétantes purulentes à des cavités anfractueuses et au système bronchique presque tout entier qui rend la désinfection de ces foyers pratiquement impossible à obtenir. On est en présence d’une suppuration chronique invétérée qui ne peut guérir que par l’exérèse des lésions.

Page 1