‹ Contribution à l'étude des suppurations pulmonaires non tuberculeuses et en particulier de leur traitement chirurgicalChapitre 32 sur 92 · III. ___ ABCES BRONCHIECTASIQUE · texte numérisé non relu

III. ___ ABCES BRONCHIECTASIQUE

Cette lésion a été décrite par les Américains (Lilienthal, Ashner, W. Meyer, Hedblom, Lynah). Il s’agit d’une suppuration multiloculaire où « les cavités sont faites d’une disparition totale d’une bronche et du tissu pulmonaire avoisinant » et qui prend l’aspect d’un clapier purulent où la nature bronchique ou parenchymateuse des cavités reste impossible à préciser.

« Les auteurs Américains, dit Sergent, paraissent définir sous cette dénomination un processus anatomo-clinique assez complexe dans lequel bronchiectasie et abcès évolueraient simultanément réalisant d'emblée un véritable clapier purulent au sein duquel il est à peu près impossible de distinguer avec certitude les bronches ectasiées d'avec les abcès qui les environnent. Ces abcès bronchiectasiques auraient du point de vue clinique un caractère de grande gravité et une évolution plus ou moins rapide ».

À vrai dire les auteurs français ne paraissent pas avoir retrouvé souvent des suppurations de ce type. Sergent adopte ce cadre nosologique mais il l’élargit et il y fait entrer les suppurations chroniques anciennes où les lésions pyo-scléreuses ont atteint un tel degré qu’il r’est plus possible de reconnaître la nature parenchymateuse ou bronchique des cavités, que cet état soit le terme évolutif d’une bronchiectasie compliquée ou d’un abcès chronique compliqué de bronchiectasie (abcès bronchiectasiant).

Cette façon de considérer l’abcès bronchiectasique est sans doute la meilleure, il n’en reste pas moins à préciser ce cadre. Il doit rester croyons-nous assez restreint, si, comme cela doit être, on ne l’étend pas indistinctement à tous les cas de suppuration chronique de diagnostic délicat et si on le limite à sa stricte définition anatomique.

RÉSUMÉ. — II ne faut pas perdre de vue que l'anatomie des suppurations pulmonaires est régie par les lois générales de toutes ?es suppurations. Il faut décrire successivement les suppurations parenchymateuses aiguës et chroniques et la dilatation bronchique.

Toutes les suppurations aiguës du poumon, putrides ou non, ont des caractéristiques communes : 1° cavités taillées à même le parenchyme, pas de membrane limitante ou une membrane pyogène peu résistante ; 2° infiltration suppurative ou nécrotique périphérique. Il s’agit de lésions essentiellement destructives : suppurations liquéfiantes de Coquelet.

La gangrène mise à part on note en outre une réaction fibro-vasculaire péricavitaire dont la membrane pyogène est le premier témoin, qui peut être assez marquée (sclérose précoce), qui accompagne la limitation du processus d'estructif et traduit la tendance reconstructive cicatrisante.

Page 1