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Les crachats sont rejetés soit de façon continuelle, soit par quelques petites vomiques dans la journée.
3) La température :
Peu élevée dans l’ensemble, la courbe se maintient autour de 38°, parfois au-dessous, marquant irrégulièrement des clochers à 38° 5-39°.
4) Les signes généraux :
La longue évolution de la maladie explique que latteinte de l’état général dépende de la période où le malade est vu. Il s’altère progressivement, le malade maigrit, s’affaiblit, devient dyspnéique. Son teint prend un aspect particulier, pâle ou légèrement brunâtre, les doigts se déforment en baguettes de tambour, et ceci parfois avec une extrême rapidité (un mois dans un cas de Kindberg, 2 mois dans 2 de nos cas). Ces malades prennent un aspect particulier qui traduit leur intoxication chronique.
5) À côté des grands symptômes que nous venons de signaler, les autres signes sont de moindre importance. On observe de la rétraction thoracique, de l'élévation du diaphragme, de lattraction du médiastin, qui traduisent la sclérose rétractile.
Les signes stéthacousiques sont éminemment variables et d'intérêt secondaire ; signalons simplement, la douleur localisée à la percussion. Sauerbruch la considère comme très importante et insiste sur sa valeur localisatrice. Nous l’avons fréquemment retrouvée (obs. 28, 34). Elle ne paraît pas en rapport avec l'importance des lésions pulmonaires ou même pleurales.
La diminution des vibrations vocales est aussi habituelle, comme dans les abcès aigus.
La leucocytose est tantôt normale, tantôt élevée, elle dépasse rarement 15 à 18.000.
Formes évolutives
A) Suppuration pulmonaire à poussées successives (obs. 32, 36, 37).
Depuis les observations de Denechau, Estève et Cartier, la thèse de Girard en 1993, les travaux de Lemierre et Kindberg en 1924, de Bezançon et de Jong en 1925 qui l’ont étudiée sous le nom qui doit être abandonné de gangrène pulmonaire à poussées successives, elle est bien connue.
Après un épisode aigu de début, et une guérison apparente ou une amélioration de quelques semaines ou quelques mois, les troubles réapparaissent le plus souvent sans cause apparente. Le point de côté du début se retrouve à la même place, la toux et l’expectoration reprennent, la fétidité réapparaît ; l’état général s’altère à nouveau et l’on peut noter une réaction leucocytaire : 15 à 20.000 globules blancs et une polynucléose (75 à 80 %). Ce nouvel épisode dure 10, 15, 20 jours puis se calme. Il est suivi d’une nouvelle amélioration ou guérison
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apparente, mais alors quoiqu’une guérison vraie reste possible (Lemierre, Kindberg et Piedelièvre) le passage à la chronicité est le cas le plus habituel. De nouveaux épisodes vont survenir, entrecoupés d'améliorations passagères ; le malade mène une vie à demi normale, reprenant son travail pendant les périodes de calme. Bientôt, l’affection prend le type extensif et le malade meurt tué par la suppuration à moins que le cours de la maladie ne soit abrégé par une complication. Ainsi notre malade de l’obs. 36 meurt d’hémoptysies foudroyantes un an 1/2 après le début de sa maladie, après 5 poussées successives.
B) Forme à évolution progressive (Extensive locale de Kindberg).
Ici, que le début ait été aigu ou chronique d’emblée, le processus évolue progressivement vers l’aggravation et la mort. Rendu, Lemierre et Kindberg en ont rapporté des observations. Récemment, Humbert en groupait 8 cas èt les opposait à la forme à poussées successives ; nous en avons 2 cas (obs. 14 et 34).
L'évolution y présente à certains moments des hauts et des bas, la température peut se rapprocher de la normale, en même temps l’expectoration diminue, le poids se relève légèrement, mais jamais l’on n’observe d'intervalle de guérison apparente. Pendant des semaines et même des mois, l’état peut se modifier fort peu, puis à la longue, l’organisme faiblit, la courbe de poids s’abaisse, la dyspnée s’accentue, et la mort finit par survenir.
Evolution générale des suppurations pulmonaires chroniques
On a beaucoup insisté à juste titre sur la gravité des suppurations pulmonaires chroniques, sur l’importance des dégâts anatomiques qui les caractérisent et l’impossibilité où elles se trouvent de guérir seules ou par les méthodes conservatrices. En fait, suppuration pulmonaire
chronique n’est pas toujours synonyme de Suppuration pulmonaire invétérée.
L — Evolution vers la guérison.
Lemierre, Kindberg et Piedelièvre ont publié une obs. de suppuration à rechute ayant abouti à la guérison confirmée depuis 3 ans. Poinso rapporte l’observation d’une femme dont l’abcès évolua en 4
mois et se trouve guéri depuis 6 mois. Notre cas 32, a lui aussi guéri spontanément.
De telles quérisons existent donc, nous reconnaissons volontiers qu'elles sont rares, elles ne peuvent en tout cas survenir que dans des suppuraions chroniques évoluant depuis peu : suppurations chroniques récentes.