‹ Contribution à l'étude des suppurations pulmonaires non tuberculeuses et en particulier de leur traitement chirurgicalChapitre 55 sur 92 · GUÉRISON DES SUPPURATIONS PULMONAIRES · texte numérisé non relu

GUÉRISON DES SUPPURATIONS PULMONAIRES

Au cours de l’étude symptomatique, nous avons montré que l’évolution des suppurations pulmonaires pouvait se faire vers la guérison, la chronicité ou la mort. Il nous semble intéressant d’insister sur l’évolution vers la guérison, ce qui nous permettra en même temps de mieux saisir les causes de l’évolution vers la chronicité.

La guérison des suppurations pulmonaires est mal précisée. Les raisons en sont : les reprises de l’affection après une guérison apparente qui paraissait définitive, le déclanchement inattendu de guérisons que l’on n’espérait plus, enfin la rareté des constatations nécropsiques de cas guéris. Nous allons tenter de l’étudier en nous aidant des lois générales des guérisons de suppurations et des études faites sur la guérison de la bacillose pulmonaire.

1) La guérison des suppurations en général

La guérison d’une suppuration quelconque est fonction de deux processus nécessaires et suffisants : la désinfection du foyer et sa cicatrisation.

La désinfection est spontanément réalisée par la lutte anti-microbienne de l’organisme et par le drainage. Lorsque le drainage d’une collection de pus s’est établi, les parois se détergent, s’aseptisent et bourgeonnent.

La cicatrisation. Elle se produit de 2 façons. Le plus souvent après que le foyer est vidé et drainé, ses parois subissant la pression des parties molles avoisinantes s’affaissent et entrent en contact. Leur surface bourgeonnante se soude donnant une cicatrice conjonctive qui peut subsister sous forme d’un amas scléreux ou disparaître. C’est là la cicatrisation conjonctive : cicatrisation normale d’une cavité

d’abcès.

D’autres fois et c’est ce que l’on observe dans les plaies en surface, aucun accollement ne se produit et la plaie disparaît par épithélialisation de ses bourgeons. C’est la cicatrisation épithéliale.

Venant au secours de l’un ou l’autre de ces 2 processus cicatriciels, essentiels, on peut voir une sclérose rétractile envahir les tissus voisins de la lésion, qui a pour résultat de rétrécir la cavité qui s’affaisse ou la surface qui se recouvre d’épithélium. Ce processus adjuvant de sclérose est très général. Il est surtout noté dans les plaies en surface. Plus une suppuration traîne en longueur et plus cette sclérose est marquée, Nous l’avons vue dans les scalps de la plante du pied entrainer une exagération de cambrure de la voûte plantaire.

2) La guérison spontanée d’une suppuration pulmonaire

Page 1