I. — Technique de Lilienthal
Cest une lobectomie en un temps.
Préparation rigoureuse du malade (postural drainage, citrate de soude intraveineux préventif contre les hémorragies); position déclive; anesthésie au protoxyde d’azote; dispositif d’hyperpression.
Incision s'étendant sur toute la longueur du 6° ou du 7° espace intercostal, ouverture de cet espace sur toute sa longueur et incision pleurale. Exploration du poumon à la main. Si la plèvre est trouvée entièrement libre il faut arrêter l’opération et procéder selon la technique de Robinson (voir plus loin). Si l’on trouve une cavité pleurale cloisonnée (la disposition la meilleure est de trouver un lobe sain adhérent et un lobe malade libre) on poursuit l’opération. Le lobe est isolé, son pédicule lié en masse avec des fils de soie gardés longs, puis sectionné et attouché au phénol. Les fils longs fixés au dehors amarrent le moignon. On place au contact du moignon des mèches et une lame de caoutchouc isolante, un drain pleural est placé en outre au point déclive. On ferme la paroi sous hyperpression.
Les suites opératoires sont toujours difficiles. Le choc est considérable. Naturellement, il est fonction de l’âge du malade, de son état général et de la durée de l'intervention. Aussi Lilienthal n’opère-t-il que des malades n’ayant pas dépassé 35 ans, dont l’état général est assez bon, et cherche-t-il à opérer vite: si l’opération dure plus de 40 minutes, le malade est mort.
Lorsque l’évolution est favorable, il reste une cavité qui se comblera progressivement. De plus comme la suture du moignon bronchique lache toujours vers le 8° jour il persiste une fistule bronchique qui peut se fermer spontanément ou nécessiter une intervention ultérieure.
Malgré les précautions prises, deux complications graves sont fréquentes et causent la mort: l’infection de la cavité restante, le lâchage précoce, le 2° ou le 3° jour des sutures bronchiques et le pneumothorax ou l’emphysème médiastinal.
Pour ces raisons, la mortalité donnée par Lilienthal est énorme: sur 14 malades atteints de lésions localisées à un lobe, 6 sont morts 42 % de mortalité. Sur 10 malades atteints de lésions étendues à plus d’un lobe, 7 sont morts: 70 % de mortalité. Mais ceux qui re meurent pas sont tous guéris sauf 2. Et ceci n’est pas négligeable si l’on songe que l’opération ne s’est adressée qu’à des malades gravement atteints.