IV. — Lobectomie associée à d’autres méthodes chirurgicales
A. — Technique de Sauerbruch.
Elle à été modifiée à plusieurs reprises: voici la technique actuelle.
La lobectomie ne peut être pratiquée que si le lobe et sa plèvre sont isolés par des adhérences du reste de la grande cavité pleurale. S'il n’en est pas ainsi, des opérations préliminaires doivent être faites pour les réaliser. Sauerbruch en retient deux: la ligature de l’artère pulmonaire et le plombage.
a) Ligature de l'artère pulmonaire. — Proposée par Bruns et Sauerbruch, elle entraîne comme ses auteurs eux-mêmes, de Quervain et Willy Meyer l’ont constaté expérimentalement ou chez l’homme une sclérose rétractile intense qui infiltre le lobe et le réduit considérablement. Elle n’entraîne pas la guérison : « Ce procédé dont nous espérions autrefois beaucoup, dit Sauerbruch, ne sert aujourd’hui qu’à préparer techniquement d’autres interventions ou à les faciliter ». Nous n’insisterons pas sur sa technique puisqu'elle est actuellement beaucoup moins préconisée. Elle consiste essentiellement, par une longue incision inter-costale, à passer par l’interlobe qui conduit directement sur le pédicule lobaire dont l'artère est le premier élément qu’on rencontre.
b) Le plombage préalable qui, à la fois diminuerait le volume du lobe et créerait des adhérences pleurales, est la technique aujourd’hui préconisée par Sauerbruch. Cet auteur procède de la façon suivante : plombage, puis 6 à 8 semaines après, large costectomie sans toucher au plombaëe, quelques semaines plus tard, lobectomie.
La technique de lobectomie ne présente rien de particulier si ce n’est qu’à côté des ligatures réglées des éléments du pédicule séparément, il utilise aussi parfois la pose d’un simple tube de caoutchouc
serré autour du pédicule qui détermine après quelques jours seulement la nécrose et la chute du lobe.
Les résultats de Sauerbruch sont fort beaux (nous les détaillerons plus loin): Sur 26 lobectomies, 3 morts (mortalité 11,1 %). Hanke, en 1928, opérant à peu près par cette technique, dans un premier temps compression du lobe et fixation du lobe supérieur et moyen à la paroi, dans un deuxième temps, un mois après la ligature élastique du pédicule — obtint un succès complet.
B. — Technique de Zaaïijer.
Cet auteur qui en 1926, a rapporté un cas de guérison par collapsothérapie d’un abcès chronique pense que la lobectomie, qui est souvent nécessaire, doit être précédée d'interventions successives dont
chacune, dit l’auteur, a successivement des chances de guérir le malade et en tout cas dont la pratique préalable conduit en fin de compte à enlever très simplement et avec le minimum de risques le poumon. Voici donc la technique en plusieurs temps de Zaaijer.
Premier temps. — Phrénicectomie. Elle peut entraîner la guérison (Chauffard). Deuxième temps : Thoracoplastie avec résection musculo-périostée. Elle aussi peut entraîner à son tour la guérison (cas de l’auteur). Troisième temps : Isolement de tout le lobe poursuivi jusqu’au hile ; pansement compressif, isolant tout autour du lobe. Ce temps d'isolement, véritable compression intra-pleurale (Lagos), produit un affaissement et une rétraction considérable du lobe. L'auteur rapporte un cas de guérison après ce temps. Lorsqu’aucun des temps précédents n’a entraîné la guérison, on en arrive au dernier temps d’exérèse. Quatrième temps : Ligature du pédicule isolé, extirpation du lobe. Zaaïjer comme Sauerbruch emploie pour lier le pédicule une sonde de Nélaton qui réalise une ligature progressivement tranchante, moins choquante que la ligature en masse brusque du pédicule. Zaaiïjer insiste sur 2 points : 1° L’intérêt du troisième temps qui réalise la collapsothérapie la plus parfaite possible et du moins réduit beaucoup la gravité de l’exérèse ; 2° L'intérêt de l’anesthésie au protoxyde d’azote.
Au Congrès Allemand de Chirurgie de 1927, la méthode de Zaaïjer fut approuvée par Sauerbruch. Comme Zaaïijer, il croit que l’isolement peut à lui seul quoique rarement, entraîner la guérison, il le pratique lui aussi, dit-il, comme temps préalable de l’exérèse lobaire et place dès ce troisième temps, le lien élastique sur le pédicule.