‹ Contribution à l'étude des suppurations pulmonaires non tuberculeuses et en particulier de leur traitement chirurgicalChapitre 72 sur 92 · V. — Technique de Brunn · texte numérisé non relu

V. — Technique de Brunn

Toutes les techniques précédentes visent à diminuer la mortalité opératoire par la multiplication des temps opératoires. Brunn paraît avoir fait la preuve très récemment, que l’on pouvait avoir d’aussi beaux résultats par une lobectomie en un temps très minutieusement réglé.

La technique de Brunn repose sur deux principes nouveaux : 1° La fermeture hermétique de la cavité thoracique après opération avec aspiration continuelle qui permet au lobe restant de combler rapidement en 5 à 7 jours la cavité restante, ainsi lorsque le pédicule lâche, ce qui est inévitable après 5 à 7 jours, il lâche dans une cavité petite et dont l'infection n’est plus grave ; 2° L’absence de traction sur le pédicule ce qui le laisse profond et permettra une fermeture facile de la fistule bronchique inévitable et ceci sans courir le grand risque d’emphysème médiastinal, puisque l’obturation bronchique est faite avec beaucoup de soin, selon la technique de W. Meyer.

La technique est la suivante : préparation minutieuse du malade : lit, soleil, séances de postural drainage. La veille de l’opération arsenic, 500 cc. de sérum glucosé intra-veineux. Pendant l’opération, 1500 à 2000 cc. de solution de Ringer sous-cutanée ou intraveineuse.

Brunn préconise de faire une phrénicectomie trois semaines avant l’opération. Il ne l’a pas faite dans ses cas mais se propose de la pratiquer à l’avenir pour faciliter l’acte opératoire et le comblement de la cavité restante. L’anesthésie avec le dispositif d’hyper-pression qui diminue beaucoup le choc opératoire est très légère et le malade est abruti par de grosses doses de morphine et de dérivés barbituriques.

L’incision est celle de Lilienthal, la plèvre est ouverte avec grande précaution pour ne pas provoquer de choc, puis on poursuit l’opération. Il ne faut pas opérer en plusieurs temps car on se heurte lors des temps suivants à des adhérences difficiles à vaincre. Le lobe dégagé, le pédicule est clampé avec des pinces coudées, une inférieure clampe la veine, l’autre supérieure l'artère. Section à distance au thermo ou au bistouri électrique en creusant comme pour le col dans une subtotale. Puis le moignon est traité très soigneusement par la technique de W. Meyer (voir expérience). On fait alors « l'essai du pédicule >» en remplissant la cavité de sérum et en faisant fonctionner l’hyperpression. Suture de la brèche thoracique sans drainage. Drainage de la cavité pleurale au point déclive. Ephédrine et glucose pour combattre le choc. Les heures et les jours suivants il faut éviter à tout prix qu’il y ait dans cette cavité de l’air ou du liquide et pour cela il faut faire toutes les 2 heures, jour et nuit de l'aspiration avec une seringue par le drain déclive. Le liquide aspiré est propre pendant 5 à 7 jours; à ce moment il devient purulent par le lâchage du

pédicule (Sloughing pedicle). S'il y a trop de pus et de la température, on pourra être conduit à réséquer une côte pour drainer plus largement.

En résumé: la technique de Brunn est faite de points particuliers d’une importance capitale: intervention en un temps, réduction du choc au minimum par l’hyperpression, la phrénicectomie et louverture très lente de la plèvre. La fermeture hermétique avec aspiration continue de la cavité résiduelle.

Brunn rapporte 5 lobectomies pour dilatation des bronches ave 4 guérisons et une mort; et une lobectomie pour néoplasme avec guérison vérifiée après 9 mois.

Les lobectomies que nous venons de décrire sont souvent impossibles à pratiquer c’est pourquoi on a imaginé d’autres opérations.

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