I. — Opération de Graham
(Multiple stage Cautery lobectomy — Lobectomie au cautère
en plusieurs temps)
Cette opération pratiquée par Sauerbruch en 1920 (1) partiellement utilisée nous venons de le voir, par Brauer, mérite cependant bien le nom d'opération de Graham du nom de l’auteur Américain qui la réglée et fortement préconisée.
Elle est dominée par les principes suivants : 1° éviter l'isolement du lobe pulmonaire rendu meurtrier ou impossible par les adhérences pleurales ; 2° faire une opération progressive qu’il est possible de fragmenter en de multiples temps.
Après une large résection costale, la plèvre symphysée est atteinte. Dans le premier temps, utilisant le fer à souder américain « ayant la forme d’un doigt monté dans le prolongement du manche » (Iselin) on sectionne les tissus tout d’abord en surface pour ouvrir de multiples loges cavitaires et d’emblée faire un drainage. Puis, et cela se trouve réparti sur 2, 3 ou même 5 ou 6 opérations, le cautère est plongé dans les tissus qu’il sectionne et qu’il brûle. Soit immédiatement, soit les jours suivants les tissus brûlés se sphacèlent et tombent. Ce travail de forage peut être poursuivi jusque dans le voisinage du hile. Les temps opératoires sont espacés de 3 semaines environ, toute anesthésie est inutile à moins que le malade ne soit pusillanime.
Pour Graham, cette technique agit à la fois: 1° par drainage puisque d'emblée de multiples bronches et cavités sont ouvertes; 2° par affaissement puisqu'il est facile de faire un pansement compressif; 3° par extirpation des tissus malades.
Cette technique représente un pas énorme dans le traitement des suppurations pulmonaires chroniques, par sa bénignité relative et les bons résultats qu’elle a donnés. Sur 45 cas, Graham a eu trois morts opératoires (6,6 %), une d’hémorragie, deux d’embolie gazeuse. Et dans les trois ans, 11 morts (24 %). Donc après trois ans, Graham a 69 % de guérisons sur lesquelles 10 malades de petites fistules bronchiques qui ne les empêchent pas de vivre normalement. Ce sont là des résultats remarquables, aussi nombre d’auteurs ont-ils adopté cette technique : Archibald, Lilienthal, Bettmann (qui a rapporté un succès), Coquelet, en Belgique.
(1) II est juste de signaler que en 1907, Perthes avait déjà guéri une malade en enlevant la paroi de l’abcès pulmonaire comme on enève un kyste. Il avait fait une pneumectomie avant la lettre.