‹ Contribution à l'étude des suppurations pulmonaires non tuberculeuses et en particulier de leur traitement chirurgicalChapitre 76 sur 92 · COMPARAISON ET RESULTATS DES METHODES D’EXERESE · texte numérisé non relu

COMPARAISON ET RESULTATS DES METHODES D’EXERESE

Les lobectomies.

La lobectomie n’est de mise que si trois conditions sont remplies : a) Localisation des lésions à un seul lobe d’un seul poumon ; b) Absence d'adhérences pleurales ou du moins adhérences réduites au minimum ; c) Bonne conservation de l’état général et sujet jeune (moiris de 35 ans).

Ces trois conditions se trouvent remplies dans les bronchiectasies non compliquées à l’exclusion (ou presque) des autres suppurations pulmonaires chroniques, abcès chroniques ou bronchiectasies abcédées où il existe presque à tout coup des adhérences pleurales très serrées et où tenter une lobectomie est courir à un désastre. Voici des chiffres qui confirment ce point de vue: sur les 26 lobectomies que fit Sauerbruch avec 11,1 % seulement de mortalité, 19 furent faites dans des cas de kystes pulmonaires congénitaux et 4 seulement dans des cas de « gitterlunge » (poumon en grille) c’est-à-dire de suppuration parenchymateuse chronique.

De même dans toutes les statistiques que nous avons citées la plupart des cas de guérison était des cas simples tandis que les cas de mort étaient des cas compliqués. Tout récemment encore. Nissen rapporte 2 cas heureux de lobectomie chez des enfants atteints de bronchiectasie récente.

Ce principe général posé, quelle technique de lobectomie faut-il choisir ? Les techniques en un, deux ou trois temps, de Lilienthal

et Robinson comme il ressort de la statistique de Lilienthal citée plus haut et de celle de Graham (en 1923, sur 48 lobectomies, 52 % de mortalité et 17 % de succès complet) sont de la plus haute gravité et ne semblent plus aujourd’hui mériter d’être utilisées.

Les techniques modifiées de Whittemore, Lockwood, Archibald ont donné des résultats intéressants à leurs auteurs, mais ne paraissent pas avoir conquis les autres chirurgiens.

Les techniques de lobectomie associées à d’autres opérations présentent plus d'intérêt. Sauerbruch apporte la belle statistique citée plus haut. Zaaijer et Coryllos ont aussi des succès.

La lobectomie en un temps de Brunn paraît de son côté d’après les résultats de cet auteur être une excellente opération.

En somme, actuellement, nous sommes en possession de deux groupes dé techniques différentes dans leurs principes et leur réalisation qui toutes donnent des résultats intéressants : d’une part, les lobectomies type Sauerbruch et Zaaijer-Coryllos, d'autre part la lobectomie de Brunn. Les premières comportent peut-être un risque opératoire moins grand (11,1 %) et donnent par leurs étapes en échelon la possibilité aux malades de guérir par l’une des interrentions préparatoires. La deuxième a pour elle son élégance, sa rapidité, son caractère radical et une mortalité qui n’est guère supéricure (17 %) : c'est elle que préfère Coquelet, c’est elle qui est peut-être la première des opérations de l'avenir.

La pneumectomie.

La pnéumectomie convient à tous les autres cas qui sont les plus nombreux, de pyo-sclérose. (bronchiectasie compliquée, suppurations chroniques parenchymateuses). En effet, elle n’est arrêtée ni par latteinte simultanée de deux lobes, hi par la présence d’adhérences pleurales (qu’au contraire elle nécessite) ni par l’âge, et même dans une certaine mesure, l’état du malade. Seule la trop grande dif-

fusion des lésions chez un malade très affaibli peut être une contreindication.

Cette méthode qui mérite le nom de méthode de Graham doit être employée selon la technique de Coquelet et Baumgartner de pneumectomie fragmentaire progressive. Nous avons donné plus haut les chiffres des statistiques de Graham, Coquelet et Baumgartner, ils traduisent la gravité réduite de cette intervention et la fréquence des succès complets (69 % après trois ans. — Graham). Cette opération est donc remarquable, et mérite bien l’accueil qu’elle à trouvé auprès de tous les auteurs, surtout si l’on songe que dans tous les cas guéris par elle, une lobectomie réglée était vouée à l’insuccès.

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