‹ Contribution à l'étude des symptômes abdominaux de la migraineChapitre 10 sur 23 · DD QE · texte numérisé non relu

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la migraine semble nous transporter bien loin du tableau classique, surtout dans les cas où les manifestations sont isolées. C’est dans le mode d'apparition ét l’évolution de ces symptômes que réside le lien qui les unit étroitement. La nature migraineuse de ces manifestations abdominales se révèle tout d’abord par leur mode d'apparition. Nous ne connaissons que peu de cas où l’abdomen ait été la première localisation de l’algie migraineuse, même chez l’enfant, on retrouve dans les antécédents du malade, des crises de migraine.

Bien plus, dans nombre de cas, on peut reconstituer dans les antécédents du malade, le passage de la migraine typique à son équivalent abdominal par des formes intermédiaires participant aux deux types. LassèquE avait déjà signalé ces modifications de la crise migraineuse chez un même malade, au cours des années. Mais parfois, les crises sont si espacées que le malade ne prend pas lui-même conscience de cette transformation. C’est dans ces circonstances’ que différents diagnostics peuvent se poser devant une crise en apparence primitive et c’ést au médecin de dépister les crises antérieures par l’interrogatoire.

Cette évolution de la crise est plus fréquemment observée à certaines époques de la vie.

Tout d’abord chez lenfant, à la période prépubertaire et pubertaire. Chez les jeunes filles, la transformation se fait plutôt après la puberté. Cette évolution de la migraine peut se rencontrer à tous les

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âges de la vie chez l’homme. Mais chez la femme, c'est plus souvent à la ménopause que les modifications apparaissent.

Le passage de la migraine typique à son équivalent abdominal s'opère de différentes façons.

Tout d’abord les crises peuvent rester rapprochées et la transformation se faire progressivement. La céphalée devient moins intense, ou bien les symptômes oculaires qui existaient avant, disparaissent. Les vomissements peuvent diminuer de fréquence, alors que la douleur abdominale apparaît progressivement plus intense. On peut assister ainsi à la disparition complète de la céphalée. Ce mode d’évolution très démonstratif, n’est cependant pas le plus fréquent et 1l crée d’ailleurs peu de diflicultés de diagnostic.

Plus souvent, on retrouve dans les antécédents des malades un espacement progressif des crises. Le sujet peut même croire à leur disparition totale. Puis survient une crise à prédominance abdominale ; fréquemment, elles sont peu intenses et de courte durée. Mais l'intensité augmente à mesure de la répétition et on est amené à voir le malade à sa deuxième ou troisième crise.

IL arrive même que la crise survienne d’emblée nettement abdominale, après une crise nettement céphalique. Enfin, les crises peuvent alterner avec des caractères opposés. C’est la forme à équivalent abdominal vicariant, décrite par les auteurs américains.

Dans toutes ces modalités de transformation,

comme dans leurs différentes formes cliniques, une chose est immuable : ce sont les étapes nettement marquées de la crise. C’est elle qui, par sa constance, unifie chniquement les diverses manifestations de la migraine.

Le début est brusque, qu'il s’agisse d’un équivalent abdominal ou d’une migraine typique. Les prodromes passagers d’ordres généraux sont les mêmes dans les deux cas. La durée de la crise est du même ordre pour toutes les sortes de migraines. Les manifestations ont toujours, pendant une crise, la même continuité —- avec le même retentissement sur l’état général : état nauséeux et vertigineux avec asthénie profonde.

Comme le début, la fin de la crise abdominale survient brusquement et en même temps, cessent les phénomènes généraux. La fin de la crise peut être suivie immédiatement du retour à la normale ou bien le malade tombe dans un profond sommeil, comme après la crise typique.

De même, la fièvre est exceptionnelle au cours d’un équivalent de migraine et sa présence doit faire presque systématiquement éliminer le diagnostic de migraine.

. Comme la migraine ordinaire, l'équivalent abdominal, la crise étant passée, laisse le sujet qui en est atteint, dans un assez bon état de santé. On retrouve après la crise abdominale, la même euphorie qu'après la crise ordinaire. Elle est souvent suivie de polyurie claire. L’intervalle entre les crises est libre

Pire

de tout symptôme et de durée variable : de quelques jours à une année et plus. On note cependant comme chez les migraineux ordinaires, entre les crises, un état mental particulier en général cyclothymique. Le plus souvent, les accès se reproduisent irrégulièrement tous les deux ou trois mois.

Enfin, l'équivalent abdominal peut alterner avec des crises de migraine ordinaire qu’il faut rechercher dans les antécédents. On voit fréquemment une seule crise abdominale entre d’autres crises céphaliques. Le plus souvent, deux ou trois crises abdominales remplacent les crises ordinaires qui réapparaissent dans la suite.

Le tableau de lPéquivalent abdominal de la migraine ne serait pas complet, si l’on n’y ajoutait la recherche des antécédents personnels et familiaux.

La présence de migraines antérieures, presque constante, est un fort appoint au diagnostic. Mais on s’attachera à chercher aussi les autres accidents survenant sur un terrain neuro-arthritique. Notamment l’eezéma infantile, le prurigo strophulus, les crises d'asthme de l’enfance, les poussées fréquentes d’urticaire, le rhume des foins.

On ne négligera pas non plus d’étudier le malade au point de vue glandulaire, on remarquera surtout la fréquence de l’insuflisance ovarienne ou hypophysaire. Il est presque constant de retrouver les mêmes accidents et le même terrain chez les ascendants et les collatéraux.

Avant d'aborder l’étude des problèmes diagnos-

S'en à il

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