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mtenses la veille aurait laissé le lendemain une réaction abdominale perceptible.
« À ce moment, les internes et la surveillante sont frappés de ce fait que la petite malade a un symptôme nouveau : elle est abattue, somnolente et semble presque dans un état de torpeur ; dans le courant de la journée, elle se remet a vomir brusquement, un vomissement subit, violent, sans nausée préalable, un vomissement du type « cérébral.
« En présence d’un tel état, le diagnostic d’appendieite étant écarté, celui qui vient à l'esprit est celui d’irritation méningée, d'autant plus que l’enfant commence à se plaindre de mal de tête ; alors, pensant à une méningite, l’interne du service, M. Corpey) fait examiner l’enfant par un ophtalmolog'ste qui ne constate rien dans le fond d'œil, mais met en évidence un signe passé inarperçu : une légère diplopie.
« Voilà donc un enfant qui présente de la céphalée, une douleur abdominale, des vomissements du type cérébral, un état de torpeur et une légère diplopie. La crainte d’une ménimgite s’accentue, on recherche la raideur de la nuque: elle est nulle ; le signe de Kernig est absent, le pouls et la respiration sont réguliers, la ponction lombaire donne issue à un liquide céphalo-rachidien normal.
« C’est à ce moment que l’enfant m’est montrée et que je vais avec vous la voir dans le service de chirurgie. Je suis tout d’abord frappé de ce fait que cette évolution ne s’est accompagnée d'aucune modification de la température, d'aucune modification du pouls qui est resté pendant toute cette période parfaitement régulier, calme et lent. De plus, au moment où je vois l’enfant, la douleur abdominale, la diplopie, la céphalée, la torpeur ont disparu. Somme toute ce tableau clinique, impressionnant au premier abord, s’est effacé comme par enchantement, je n’ai pas hésité à poser le diagnostic de migraine et j'ai
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été assez heureux pour voir mon diagnostic confirmé le lendemain par l’interrogatoire de la mère.
« La mère, en effet, nous a dit que la crise qui a provoqué l’entrée de l'enfant à l'Hôpital, n’était pas isolée, que l'enfant avait présenté à plusieurs reprises des crises analogues séparées par un intervalle de deux ou trois mois, mais que les crises antérieures étaient beaucoup moins fortes et qu'elles n'avaient pas justifié la venue du médecin ; c’est seulement en présence des douleurs abdominales et des vomissements qu’elle avait demandé notre confrère. ,
« La mère, nous raconte que les crises ont toujours été à peu près identiques : au milieu de ses jeux, l’enfant s'arrête brusquement, se plaint de la tête et du ventre ; notez que toujours la petite malade s’est plainte du ventre en même temps que de la tête au début de ses crises antérieures. Puis elle demande le calme, elle exige qu’on la laisse tranquille ; on la met au lit, elle présente à ce moment quelques vomissements, puis s'endort d’un sommeil profond. La crise à laquelle nous avons assisté, qui avait justifié l'entrée à l'Hôpital avec le diagnostié erroné d’appendicite, était simplement une crise plus violente que les autres avec des douleurs abdominales et des vomissements un peu plus marqués que la céphalée. « Bien mieux, l’interrogatoire de la mère, nous apprend encore qu'elle appartient à une femille de migraineux. Elle même nous dit qu’elle a des crises de migraine extrêmement violentes qui, suivant son expression, la rendent comme une bête pendant 48 heures. Elle nous dit que la grand-mère de l’enfant a également des crises de migraine très fortes ; que la sœur de sa grand-mère avait aussi tous les quinze jours, des crises tellement
violentes qu’elle a passé sa vie à aller d'hôpital en hôpital
pour chercher un soulagement qu’elle n’a jamais obtenu ; et au moment où la petite malade était à l'Hôpital des
Enfants Malades, sa mère était à la Salpêtrière pour essayer de trouver un soulagement à ses crises de migraine. « Nous avons donc laissé cette petite malade au repos, nous l’avons mise au régime alimentaire lacto-fruitovégétarien et l’enfant, rapidement guérie, ne demanda qu'à quitter l'Hôpital, ce que nous lui avons accordé.
OgBsErRvarION. — Petite fille âgée de 10 ans 1/2 qu’on amène à l’Hôpital pour des vomissements et des maux de tête. À la consultation de la porte de l'Hôpital on craint une méningite et c’est pour cela que l’enfant est admise. Nous l’avons vue, des son entrée et avons eu de la mère un récit immédiat de la crise qui nous évita toute sorte d’errement.
« La mère nous a raconté que l’enfant avait eu la veille du jour de son entrée alors qu’elle était parfaitement bien portante Jusqu’alors, en rentrant de l’éêole, une grande fatigue, qu’elle s'était plainte de la tête et de douleurs dans le ventre ; puis que l’enfant avait vomi. La mère l’avait mise au lit, l'enfant resta abattue, mais le lendemain, comme elle se plaignait encore de la tête et avait des vomissements, la mère la conduisit à l'Hôpital.
« À l’examen ; pas de température, pouls régulier, bon facies, pas de douleur de la nuque, pas des signes de Kernig, les vomissements ont disparu, le diagnôstic était donc facile. D'ailleurs la mère nous avait dit que la crise était la seconde et que quinze jours auparavant, la fillette avait présenté une première crise absolument identique, sauf ce point important, que je vous signale en passant, à savoir que l’enfant avait eu du délire. La petite avait eu en rentrant de l’école un fort mal de tête, des vomissements et dans la journée, au milieu du sommeil, un délire passager. C’éteit donc, chez l'enfant, une seconde crise de migraine à laquelle nous assistions. »
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OBsErvarions, publiées par N. Lionez et Brrrzsterr et Wicriam À. Brams, in The journal of the American. Médecin. Association. NO 10, 1926 ».
OBsERVATION vil. — Malade opéré pour appendicite, Homme âgé de 42 ans dont la mère avait la migraine avec ‘de fréquentes crises abdominales semblables à celles du malade. Début à l’âge de 20 ans, par des crises de douleurs abdominales accompagnées de vomissements et durant un jour ou deux, non modifiées par la nourriture mais se calmant la nuit. Une céphalée sourde avec sensation d’un voile devant les yeux accompagnait parfois la douleur abdominale. Les crises d’abord espacées de quatre mois devinrent plus fréquentes, survenant toutes les 2 ou 4 semaines. A examen, rien sauf une douleur dans la région appendiculaire. Une exploratrice pratiquée ne montre rien d’anormal, mais on enlève l’appendice, celui-ci est parfaitement sain. Ses crises continuent après l’intervention ; mais après un traitement par le canabis indica n’a observé en 8 mois que deux faibles crises de quelques heures,