DIAGNOSTIC
La lecture de ces observations montre d’elle-même les difficultés de diagnostic soulevées par les équivalents abdominaux de la migraine. Les cas opérés, empruntés aux auteurs américains, montrent combien 1l faut avoir présente à l’esprit la notion de migraine pour éviter des interventions inutiles, sinon regrettables.
Avec le professeur DEBRÉ, c’est le plus souvent chez l’enfant, que nous avons observé des équivalents abdominaux de la migraine. Devant un syndrome abdominal douloureux, une affection que l’on redoute avant tout autre dans le jeune âge, c’est l’appenducite, Son diagnostic doit être précoce, et comporte une sanction thérapeutique d'urgence ; nous l’étudierons donc d’abord, et en détail, tel qu’il ne pose avec les équivalents abdominaux de la migraine.
De la description que nous avons faite de ceux-ci, il ressort tout d’abord plusieurs points de ressemblance avec l’appendicite.
Le début est en général brusque dans l’appendicite comme dans la migraine.
D'autre part, les vomissements précoces et fré-
quents dans les deux cas aident à la confusion. Enfin, la douleur de siège variable dans l'équivalent migraineux abdominal, est souvent à prédominance droite. Il est certain qu’elle est rarement localisée avec précision au point de Mac Burney. Mais dans l’appendicite elle-même, le siège de la douleur n’est pas toujours absolument fixe. Surtout chez l’enfant, l’existence d’une descente incomplète du cœcum reporte la douleur appendiculaire au-dessus du point classique de Mac Burnev. Parfois même, l’appendicite est nettement sous hépatique. Et, s’il est juste d’insister sur la localisation précise de la douleur appendiculaire, dans les appendicites rétrocæcales, 1l est. difficile de préciser son siège exact.
On voit donc que le siège de la douleur permettra rarement d'éliminer le diagnostic d’appendicate.
‘étude de la contracture pariétale donnera de meilleurs renseignements sans être toujours décisive. On sait combien il est difficile de l’apprécier, chez un enfant qui souffre et qui se défend. Cependant, dans la migraine, la contracture réflexe est rare, et avec patience on pourra surprendre la détente de la paroi entre les efforts de défense. De plus, cette contracture n’est jamais intense et toujours mal localisée. Le plus souvent, elle est bilatérale et symétrique. Pour l’appendicite plaidera une contracture localisée nettement autour de la région douloureuse. Ou bien l’absence de contracture véritable en avant, avec contracture de la paroi postérieure, en
cas d’appendicite rétro-cæcale.