‹ Contribution à l'étude des symptômes abdominaux de la migraineChapitre 8 sur 23 · RE DRE · texte numérisé non relu

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est d’être dans la règle continue avec bien souvent un maximum des troubles à la fin de la crise.

D'autre part, les vomissements sont faciles, surviennent sans effort et entre eux on ne note pas d’état nauséeux, ce qui n’est pas non plus dans le tableau de la migraine vraie.

Enfin, l’absence d’antécédents familiaux et pèrsonnels — la date récente d'apparition des crises, sont d’autres raisons qui doivent faire ranger ces manifestations pseudo-migraineuses en dehors du cadre de la migraine.

Dans l’observation N° 2, d’autres caractères cliniques ont fait mettre d'emblée quelques réserves au diagnostic de migraine qui a cependant été posé dans le service du professeur DEBRÉ.

C’est la périodicité des troubles qui oriente vers le diagnostic de migraines, les vomissements survenant tous les 2 à 3 jours. Mais là encore la céphalée n’est pas continue et atteint son paroxysme après chaque vomissement ce qui est contraire à la règle. Ces vomissements sont faciles. Il n’y a pas d’antécédents migraineux familiaux et personnels. Le début des crises remonte à 2 mois 1 /2. D'ailleurs, dans ce cas, quelque signes .organiques précoces ont permis d'éliminer le diagnostic de migraine.

Donc, au seul point de vue clinique, ces manifestations pseudo-migraineuses se différencient de la migraine. Déhmitation qui s'impose aussi au point de vue, pathogénique, la. migraine dépendant essentiellement de l’instabihté du terrain humoral, les mani-

festations pseudo-migraineuses de tumeur cérébrale ayant un point de départ strictement encéphalique.

Mais la difficulté du diagnostic n’en est cependant pas moins grande comme le montrent ces observations. Elle tient à différentes causes.

Avant tout à la multiplicité des aspects de la crise chez différents migraineux. Si le diagnostic s'impose dans les formes typiques, il n’en est pas de même dans les formes dégradées si fréquemment rencontrées. D’une part, le siège de la douleur est des plus variable et parfois bilatéral. Cette céphalée peut s’accompagner de troubles sensoriels subjectifs multiples pouvant faire croire à des lésions nerveuses organiques. D’autre part, l’évolution de la migraine dans la règle si caractéristique est souvent modifiée, et chaque malade fait sa crise à sa façon. L’erreur est d’autant plus facile qu’on se trouve en présence de troubles en majeure partie subjectifs et qu’on est à la merci des dires du malade. L'interprétation des troubles subjectifs est encore plus délicate chez les enfants. C’est pourquoi, malgré les doutes possibles, 1l est le. plus souvent impossible d’éliminer le diagnostic de migraïrte en présence d’un syndrome pseudo-migrainaux de tumeur cérébrale ou de méningite tuberculeuse tant que ne sont pas apparus quelques signes de lésions organiques. Il ne faudra pas hésiter à répéter les mêmes examens à des dates rapprochées, notamment l’examen du fond d’œil et l'examen des réflexes. Le syndrome pseudo-migraineux précède bien souvent de peu les signes orga-

niques. Il estfréquent de trouver à un second examen

un ædème papillaire qui était absent un mois avant.

OBservarion N° 4. — Mlle F. J. 11 ans. Le 12 octobre 1931 est amenée pour des maux de tête persistants accompagnés de vomissements et survenant par crises de 2 à 3 jours de durée.

On ne relève pas d’antécédents migraineux ou pathologiques dans sa famille.

Jusqu'au mois de juin 1931 la malade n'a pas d’autre maladie qu’une rougeole à l’âge de 5 ans et une coqueluche à 7 ans.

En juin 3 la maladie à débuté par des maux de tête survenant surtout le matin, au lever, et paraissant être calmés dans la journée par de l’aspirine. Cette céphalée prédomine du côté gauche et est accompagnée de vomissements faciles et matutinaux.

Cette céphalée accompagnée de vomissements survient par crises de 2 à 3 Jours séparées par des intervalles de 3 à 4 semaines.

On ne note pas de fièvre, pas de troubles digestifs, pas de douleurs à la palpation de l'abdomen, et l'examen neurologique ne révèle aucun signe organique. La périodicité de cette céphalée en l’absence d’autres troubles fait pour le diagnostic de migraine.

Un traitement analgésique est institué. La malade ést revue 6 semaines plus tard. La céphalée a résisté au traitement et des troubles oculaires sont apparus : consistant en brouillards et scotomes scintillants ne persistant pas plus de cinq nunutes. ;

L'examen ophtalmologique pratiqué alors découvre de

la stase papillaire et fait poser le diagnostic de tumeur cérébrale.

La ventriculographie localise cette tumeur à l'étage postérieur du erâne.

À l'intervention ôn trouve une lésion postérieure se prolongeant en avant et avoisinant les centres du langage.

La tumeur a été entièrement extirpée et sa nature histologique précisée * gliome bénin

}OBservaTION N° 2. — Mr H. âgé de 7 ans 1/2. Le malade n’a aucun antécédent personnel ou familial grave à lPexception d’une adénoïdite. Il a été opéré de végétations il y a un an 1/2. Il présente en outre de l’urticaire après ‘ingestion de chocolat ou d’œufs. Le début des troubles actuels date de 2 mois 1/2. Ce sont les vomissements qui sont apparus tout d’abord ; très fréquents, jusqu’à 6 ou 7 fois par jour, alimentaires puis bilieux. Ces vomissements s’accompagnent de céphalée violente qui débute avec chaque vomissement et dur un quart d’heure après. Cette céphalée est de siège frontal gauche. |

Ces crises se reproduisdent tous les deux ou trois jours, toujours matutinales.

En l’absence de tout autre signe le diagnostic de migraine, est posé. Mais le traitement établi reste sans action.

Revu un mois plus tard les troubles seront aggravés. Le malade vomit tous les matins après le petit déjeuner, 5 ou 6 fois dans la matinée. La céphalée accompagne les vomissements. Le malade reste alité se lève pour déjeuner, vomit son déjeuner et vers le milieu de l’après-midi les troubles disparaissent.

Les vomissements se font sans efforts.

Il n’y a pas de fièvre pas de douleurs abdominales ni de troubles digestifs. [l ne refuse pas de s’alimenter, va en classe et s'intéresse à son travail. Cependant il a maigri de L kilog en 2 mois.

À la palpation l’abdomen est très souple sans point

douloureux appendiculaire. Mais maintenant l’examen du système nerveux montre une exagération des réflexes du membre supérieur, qui sont très vifs et diffusent jusqu’à l'épaule. D'autre part la bouche s’ouvre moins à droite qu’à gauche. Enfin à la marche l’enfant balance un peu moins le bras droit. Devant ces signes on soupçonne maintenant l'existence d’une tumeur cérébrale.

Revu une semaine plus tard, outre ces signes on note l'extension bilatérale des orteils à la recherche du reflexe cutané plantaire et une tendance à la chute en avant de la tête pendant la céphalée.

Il est examiné trois mois après le début de l’affection par le D' HacuenEAU qui trouve des signes d’atteinte de la 82 paire : déviation de la marche les yeux fermés — du nystagmus horizontal et vertical de l’adiadococinésie à gauche et surtout de l’æœdème papillaire bilatéral. La radiographie confirme alors l’hypothèse du siège gauche de la tumeur cérébrale. Les signes organiques se sont accentués.

Opéré par le Dr Vixcenr en février 1933 on trouve un ghiome du cervelet pesant 40 grammes. L’extirpation a été incomplète à cause de l’agitation du malade. Ces cas de tumeurs cérébrales, à début pseudo-migraineux étant éliminés de la catégorie des migraines, nous étudierons maintenant quels problèmes peuvent poser certains cas de migraines dites essentielles notamment les cas de migraines à symptômes abdominaux. prépondérants.

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