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SYPHILIS RÉNALE

L'action de la syphilis sur le rein est beaucoup plus fréquente qu'on ne le croit, car à côté des néphrites albuminuriques graves il est vraisemblable que les lésions scléreuses tardives ont commencé souvent dans les premiers mois ou les premières années de l’infection. La fragilité rénale chez le syphilitique est certaine et doit être constamment surveillée et évoquée.

L'action de la syphilis sur le rein fut niée autrefois et imputée au mercure. L'action des médicaments est en effet indéniable, le mercure à hautes doses agit sur le rein, de même que l’arsenic et le bismuth. Mais cela répond à des cas exceptionnels et ne doit pas entraver le traitement spécifique de la syphilis rénale.

La syphilis rénale se présente sous plusieurs formes:

1° On distingue d’abord la néphrite secondaire syphilitique aiguë ou subaiguë. Lorsqu'elle apparaît en pleine période secondaire avec des accidents concomitants, le diagnostic est en général facile. Elle peut également être déterminée par un coup de froid, une angine infectieuse surajoutée. Elle se manifeste par l'abondance de l’albumine ei des œdèmes. L

2° La néphrite chronique non atrophique s'observe quelquefois d'emblée ou à la suite d’une néphrite aiguë. Le diagnostic dans le second cas est plus facile ; dans le premier cas, il est plus délicat, d'autant qu’elle apparail rarement avant la deuxième année, quelquefois

beaucoup plus tard. Son existence peut être indépendante de toute autre manifestation spécifique.

3° La néphrite chronique avec atrophie que l’on voit évoluer si fréquemment chez les syphilitiques, et qui paraît liée à l’artérite syphilitique, ne présente aucun caractère clinique qui permette de la reconnaître comme de nature syphilitique. De plus en plus, on tend à rapporter le plus grand nombre des cas sans étiologie connue à cette cause.

4 La syphilis gommeuse du rein. — Cette lésion est certaine et a pu être vérifiée à l’autopsie, mais le diagnostie clinique ne se fait pas.

Elle évolue silencieusement et s'ouvre dans les voies naturelles. [1 faudrait une coïncidence d’autres accidents cutanés, une réaclion sanguine positive pour penser à la syphilis rénale. Le diagnostic se fait après élimination du diagnostic de tuberculose ou de cancer.

5° L’amylose rénale est fréquente dans la syphilis tardive du rein, elle accompagne les reins scléro-gommeux, mais on peut la trouver aussi dans certaines néphrites chroniques. Elle est généralement associée à des lésions du foie.

6° Hérédo-syphilis du rein. — L’hérédo-syphilis rénale des nouveau-nés ne se traite pas, car ils meurent, et on retrouve le tréponème dans le rein comme dans les autres organes.

L'hérédo-syphilis précoce peut se manifester par une néphrite aiguë, rarement diagnostiquée d’ailleurs. Il est impossible de recueillir les urines, l’œdème passe inaperçu, à cause de la richesse du tissu cellulaire, et s’il

existe, on pense plutôt à l'hypothyroïdie. Le diagnostic

se fera par l'examen soigneux des parents, de l'enfant lui-même, quelquefois grâce à une éruption spécifique concomitante.

L'hérédo-syphilis tardive est souvent difficile à reconnaître, elle prend rarement l'allure d'une néphrite vraie.

LABELS

Vers l’âge de dix à quinze ans, apparaît une albuminurie transitoire ou chronique assez abondante avec polyurie opaline, les œdèmes sont rares.

Hutinel a insisté sur ces néphrites hérédo-spécifiques que l'existence de dystrophies a permis de rattacher à la cause première avant l’apparition de la réaction de Bordet-Wassermann. Une réaction négative ne doit pas écarter d’ailleurs le diagnostic d’hérédo-syphilis.

Hutinel pense mème que bon nombre d’albuminuries orthostatiques ou familiales avec conservation d’un bon état général correspondent à des lésions parcellaires de nature spécifique et sont améliorables et curables par le traitement. Souvent l’hérédo-syphilis tardive ne se manifeste aussi qu’à l’occasion d’une affection intercurrente, angine, adénoïdite, entérite, etc. |

Par ce qui précède, on se rend compte que le diagnostic de néphrite syphilitique est souvent difficile. Il n’y à pas de signes pathognomoniques. Dans le cas rapporté en notre observation IV,une néphrite aiguë, hémorragique, æété précédée d’un œdème aigu du poumon — le diagnostic ne fut porté que plus tard, à Papparition d’une médiastinite avec paralysie récurrentielle, le traitement confirma le diagnostic — la réaction de Wassermann était négative.

Comme pour le diagnostic de n'importe quelle syphilis viscérale, ici encore les anamnestiques seront très utiles, ainsi que la recherche des signes connexes en dehors de l'organe atteint.

L'examen des urines est important. Les albuminuries massives ne sont pas rares (2 gr. 50 chez notre malade).

Un examen de sang quidonne un Bordet-Wassermann positif est précieux,sans toutefois affirmer la nature spécifique de la néphrite. La réaction peut — comme chez notre malade — se montrer négative bien que les lésions soient spécifiques.

C’est encore le traitement d’épreuve qui confirmera le diagnostic.

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