DRE
malades atteints de méningile soi-disant tuberculeuse, ont certainement été sauvés par un médecin qui a pensé à la syphilis et institué le traitement d'épreuve.
Nous vivons dans une période de transition, d'essais de documentation précise. Oui, mais avant qu’on connaisse parfaitement les syphilis viscérales et qu'il soit devenu à peu près impossible — à moins d'erreurs grossières — de ne pas les dépister, n’attendons pas qu'on nous ait mis le tréponème sous les yeux et ne nous laissons pas arrêter par une sigmaréaction négative pour instiluer le traitement d’épreuve, traitement dangereux, dit-on, lorsqu'il s’agit non de syphilis, mais de cancer. Mais parfois, il peut y avoir association de l'un et l’autre. Dans ce cas, le traitement,disent Lœper et Bory, agit sur l’élément syphilitique sans influencer le cancer, mais en précisant ses limites ». Et cela facilite d'autant l'intervention chirurgicale.
Une objection facile est que le mercure et l’arsenic sont couramment employés contre d’autres maladies que lasyphilis. Amélioration ouguérison nesignifieraient donc pas forcément que le malade est atteint de spécificité. Jecroisqu'il ne peut y avoir là que des confusions bien exceptionnelles.
Donc, il y a des cas où grâce à cette épreuve thérapeutique, le diagnostic de syphilis doit presque s’imposer, &« cas dont la transformation sous son influence est évidente d'une semaine à l’autre et ne peut être attribuée au régime ou au hasard » (Lœper et Bory). Mais si cette action rapidement favorable du traitement d'épreuve est un argument de « quasi-certitude » en faveur de la syphilis, une action faible ou nulle ne doit pas la faire méconnaitre, par exemple lorsqu'il y a des lésions constituées de sclérose ou de cicatrices, rebelles à tout traitement. Enfin, comme dans notre observation IT, il ne faut pas toujours compter sur un résultat rapide du traitement et nous devons nous
montrer à la fois patients et énergiques. Nous devrons par contre agir avec prudence par exemple dans certains cas de néphrites, où la perméabilité rénale est compromise.
Ainsi, l'épreuve thérapeutique sera la clef du diagnostic lorsque le cas sera obseur et ainsi, capable d’être méconnu. « Ne faisons donc pas trop grief aux syphiligraphes, quand ïils ne donnent en faveur de l’origine syphilitique d’un mal que l’insuffisant mais bienfaisant argument de l'efficacité du traitement spécifique » (Lœper et Bory). En effet, cette épreuve seule le plus souvent, permet de confirmer une syphilis viscérale méconnue, et suivant l'expression classique, elle réalise le dernier chapitre du diagnostic et le premier du traitement.