OBSERVATIONS
OgsErvATION Î
(Recueillie par M. Colle, ancien interne du D: d'Ælsnitz, à l’hôpital Saint-Roch, de Nice)
Il s’agit d’un jeune garçon de 14 ans, J. Br...
Antécédents héréditaires. — Il est l’aîné. La mère a fait ensuite une fausse-couche de 2 mois, a eu plus tard un enfant né à 8 mois, mort à 2 jours, puis un garçon né à terme, mort à 16 mois de méningite, puis une fausse-couche de 3 mois, un garçon mort à 15 mois de broncho-pneumonie, une fille morte à 2 ans de la grippe, enfin une fille née en 1920, actuellement bien portante.
Le père a eu une pleurésie en 1910. Hémoptysie pendant la guerre, est mort en 1920.
Une tante est morte hémiplégique.
Antécédents personnels. — Il est né avant terme, à 7 mois, et a toujours été chétif. Comme affections antérieures, a eu la rougeole à 18 mois, une broncho-pneumonie à 10 ans, une nouvelle broncho-pneumonie à 11 ans, suivie d’une pleurésie.
Depuis, il a été considéré comme bacillaire et soigné comme tel.
. Le malade entre à l’hôpital vers le 16 novembre 1992. Il ne présente pas de fièvre, son état général n’est pas mauvais. A signaler seulement un léger amaigrissement. L'enfant tousse et crache. Son expectoration muco-purulente est peu abondante.
A l'examen des poumons, on constate :
1° Du côté droit :
En arrière, au tiers inférieur, des signes cavitaires : gros râles humides, gargouillements, souffle, Matité à la percussion ; à la palpation, vibrations augmentées.
— le
En avant, rien. :
2° Côté gauche, râles humides disséminés, surtout à la base. En avant, rien.
Autres appareils, néant.
L'examen radioscopique montre une adénopathie bilatérale, des ganglions calcifiés, au tiers inférieur du poumon droit et au tiers moyen du poumon gauche. Pas de lésions pulmonaires apparentes, le sommet droit seulement un peu voilé Pas de cavernes. Images bronchiques nettes et projection transversale des bronches probablement dilatées. Le cul-de-sac pleural droit présente quelques adhérences ; du même côté, diminution des mouvements du diaphragme (sans doute à cause de la pleurésie ancienne). :
Tout d’abord on institue un traitement banal (expectorants, révulsifs). L’expectoration devient plus abondante, les signes pseudo-cavitaires diminuent. Mais il persiste toujours des râles humides des deux côtés.
Dans l'analyse des crachats que l’on pratique alors on ne trouve pas le bacille de Koch.
La cuti-réaction est deux fois très positive. La réaction de Besredka est négative.
Le Wassermann est également négatif.
On abandonne alors le diagnostic de tuberculose et porte celui de dilatation des bronckhes.
Puis on soumet le malade à un traitement combiné : autovaccin (par cmc. staphylocoques : 250 millions; pneumocoques : 150 ; entérocoques : 100) et spécifique : suppositoires mercuriels et sulfarsénol. .
Au bout d'un mois; le malade ne présente plus aucun signe stéthoscopique, son appétit et son état général sont bons, et il a engraissé de 3 kilogrammes.
Examen radioscopique normal à l'exception de quelques ganglions.
OBsERvATION II
(D: Girard, de Nice)
M. X..., 54 ans, exerçant la profession de fourreur.
Pas d’antécédent héréditaire : père récemment décédé, à l’âge de 84 ans ; mère, âgée de 76 ans, atteinte de coxalgie congénitale, et en parfait état de santé.
Pas d’antécédents personnels : laryngo-trachéite légère, pro-
FONTONULE
bablement due à l’abus du tabac et à l'exercice desa profession. Aucun accident spécifique : réaction de Wassermann négative.
Au mois de juin 1923, toux fréquente avec expectoration purulente et essoufflement : anorexie, amaigrissement, fièvre modérée, à type vespéral ; sueurs. — Submatité au sommet du poumon droit, en arrière; exagération des vibrations thoraciques. Souffle tubaire et râles humides dans le voisinage.
Recherche des bacilles de Koch négative.
Une cure de repos, aération etrécalcification ne produisit pas d'amélioration appréciable.
Sur ces entrefaites, des déterminations laryngées se manifestèrent ; la voix s’éteignit presque complètement et cela en l’absence complète d’adénite et de dysphagie.
Le 19 juillet, le docteur Curchod, de l'Institut pathologique de Lausanne ayant examiné le malade, pratiqua la cautérisation
et l’ablation d’un certain nombre de petits polypes du larynx, et diagnostiqua une « inflammation chronique avec œdème sans signes de spécificité ». Une biopsie montra : Qun épithélium à cellules pavimenteuses, assez épais, mais régulier. Les parties sous-épidermiques sont fortement infiltrées, surtout delymphocytes. Cette infiltration est diffuse. Le stoma fibreux est lâche. Les fibres conjonctives sont dissociées. »
À son retour à Nice, le malade fut examiné dans le cours du mois de septembre par un laryngologiste qui constata « les signes non équivoques d'une tuberculose laryngée ». Le malade présentait :
1° Infiltration et ulcération du bord libre de l’épiglotte :
2° Infiltration des aryténoïdes et des bandes ventriculaires ;
3° Ulcération végétante de la bande inter-aryténoïdienne ;
4° Cordes vocales pachydermisées, avec bourgeons végétants.
Le traitement ne donnant pas d'amélioration locale sensible, le malade fut examiné sur le conseil du médecin traitant, le 13 janvier 1933, par le D: d'Œlsnitz, médecin-chef des hôpitaux de Nice, lequel se basant sur les signes cliniques, l'absence d'adénite et de dysphagie — et malgréun Wassermann négatif — proposa un traitement spécifique, qui fut immédiatement entrepris :
Injections intra-musculaires : de sel mercuriel soluble, suivies d’injections sulfo-arsenicales à doses progressives variant de 6 centigrammes à 40 centigrammes, dose qui ne fut jamais dépassée.
Un mois et demi environ après l'institution de ce traitement,