APERÇU HISTORIQUE
L'origine de la syphilis, mot créé par Frocastor, poète physicien et médecin, dans un poème en vers dédié à cette affection et... au cardinal Bembo, l’origine de la syphilis, dis-je, se perd dans la nuit des temps. Aussi loin qu'il est possible de remonter dans l’histoire de l’'hgmme, on trouve des traces de ce fléau. Ces traces nous sont révélées par les archives de la nature, enfouies dans les profondeurs de la terre,
C'est ainsi, par exemple, qu'en 1872, lors des fouilles exécutées dans la station préhistorique de Salutrée, l’abbé Ducrost découvrit un squelette de femme à peu près complet. Tous lés os présentaient une apparence normale, sauf les deux tibias, sur lesquels on constata la présence d’exostoses très prononcées au nombre de cinq. Examinées par Broca, Ollier, Parrot, et Virchow, elles ont été jugées unanimement d'origine spécifique. Bien qu’il soit assez difficile de se prononcer d’une façon catégorique sur l’époque à laquelle appartient le dit squelette, on à quelque raison de le situer dans l’âge du renne, les débris de cet animal ayant été trouvés, de même que des silex grossiers, dans le voisinage immédiat du squelette. Broca, d’ailleurs, en se basant sur l’examen des cränes trouvés dans les dolmens de la Lozère, et dont quelques-uns portaient des exosloses n’hésitait pas à affirmer que la syphilis existait déjà à l'époque néolithique. Ajoutons
que les fouilles organisées dans le Nouveau-Monde, dans l'Amérique du Sud en particulier, ont donné des résultats analogues : la syphilis y existait à n’en pas douter, aux époques préhistoriques.
Mais chose assez singulière : alors que les documents abondent, concernant les ravages de la syphilis de toux temps en Asie et en Afrique pas un seul document écrit n’indique l’existence du fléau en Europe durant la période dite de civilisation avant la fin du xv.siècle.
Dans le culte des Indous, les organes génitaux sont placés sous l’égide de Lingam, dieu de la nature, de la puissance créatrice et de la procréation. Or Siva s’étant laissé entraîner à la volupté plus que de raison, en fut cruellement puni par Lingam : ses parties génitales furent détruites par la gangrène qui se répandit sur le monde se communiquant aux hommes et aux femmes. Un livre de médecine indoue récemment traduit par Jean Hessler — le Sucruta — et qui date de l’an 400 de notre ère, donne la symplomatologie de la syphilis qui, déjà à cette époque, était traitée par le mercure. « L’humeur en mouvement entre par le pénis, corrompt la chair et le sang, occasionne une irritation, d’où vient la blessure... Chez la femme, l'humeur pénèlre dans les parties génitales, occasionne des excroissances fougueuses, sanieuses et fétides... Les humeuïs se portent vers les parties supérieures, nez, yeux, oreilles, bouche. Sur la peau, on observe des hémorroïdes disséminées, variqueuses. »
En Chine, de même que dans l'Inde, la syphilis existait selon les auteurs indigènes, depuis des temps immémoriaux, caractérisée entre autres par des taches rouges aux parties sexuelles, ulcères de la peau, douleurs nerveuses et ostéocopes, ulcérations putrides de la gorge, du nez, de la bouche, chute des cheveux. Traitement: mercure et la racine de squine.
Du fait que le syphilis affirme son existence en Eu-