PAR LE
rope aux époques préhistoriques, mais qu'aucun écrit n'en mentionne l'existence durant l’époque ditede civilisation avant la fin du xv* siècle, que faut-il conclure ? Le fléau a-t-il échappé à la sagacité des médecins anciens, des médecins grecs et romains en particulier ?
Cette hypothèse que certains admettent nous paraîil bien peu vraisemblable, lorsqu'on considère d’une part la gravité de la maladie, l’'évidenceaveuglante des symptômes extérieurs et enfin le rôle important dévolu à l’art de guérir aussi bien chez les Grecs que chez les Romains. La profession médicale en Grèce conserve longtemps un caractère sacerdotal et la médecine des premiers grecs fut en grande partiemythologique et le plus ancien temple fut celui d'Esculape, fils d'Apolionet disciple du centaure Chiron. Les Asclépiades, premiers médecins grecs connus,formentune corporation sacrée. Et lorsque la médecine, dans la suite des siècles, a perdu son caractère sacré, on organise des écoles de médecine célèbres, à Athènes en particulier ; le législateur exige certaines garanties pour que l’on ait le droit d'exercer ; il fallait déclarer comment et où on avait acquis la science nécessaire, sous quel maître on avait éludié. Ces déclarations se faisaient à latribune devant le peuple. C'est un médecin grec, Hippocrate, qui sépara la médecine de la philosophie, en fit une science homogène et autonome, et décrivit un grand nombre de maladies avec un sens clinique et d'observation tel qu’il n’a pas encore été surpassé, ni même égalé. Son œuvre fut continuée par Thessalus et Dracon, ses fils, son gendre Polybe,par Hippocrate Il, Hippocrate IV, Droclès, Praxagoras, Chrysippe et enfin par Hérophile el Erasistrale, ces derniers professant à l’école d’Alexandrie qui venait de succéder à celle d'Athènes. À Rome, le droit de cité était accordé aux médecins — grecs pour la plupart — qui étaient jugés capables de former des élèves. Sous les Empereurs, on institua des médecins