‹ Contribution à l'Etude des Talalgies sous-calcanéennesChapitre 11 sur 15 · EXAMEN ANATOMO-PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

EXAMEN ANATOMO-PATHOLOGIQUE

Le fragment comprend une couche de muscle strié; audessus d’elle un gros noyau fibreux, très peu vascularisé, sans signe d’inflammation actuelle; puis, au-dessous, un tissu fibroadipeux avec de nombreux vaisseaux capillaires gorgés de sang, des artérioles fortement musclées et, çà et là, autour des vaisseaux, quelques discrets îlots inflammatoires. Nous n’avons pas vu de lésions évidentes dans les quelques filets nerveux rencontrés sur les préparations.

En résumé, il s’agit d’un malade qui n’avait aucun antécédent pathologique et présentait un syndrome talalgique remontant à 6 mois. La radiographie ne montrait qu’une simple déformation sous-calcanéenne, mais pas d’exostose véritable. On enlève à l’intervention un large copeau osseux comprenant la partie lésée, mais surtout on excise le tissu cellulaire dans lequel on a pu retrouver histologiquement quelques îlots inflammatoires.

OBSERVATION VI (Obligeamment communiquée par M. le D° Tavernier)

Talalgie remontant à 3 ans. Exostose bilatérale. On enlève les exostoses et le tissu cellulaire. Guéri-

son.

T... C., étudiant. 3

Rien à noter dans les antécédents; nie toute maladie vénérienne. Début, il y a 3 ans, par des douleurs vives au niveau du talon droit, s’accompagnant d’une légère réaction inflam-

F1G. III. —.Exostose sous-calcanéenne (Tavernier) ; tatalgie. L'ablation large comprenant le tissu cellulo-graisseux a guéri le malade,

matoire. Les douleurs et l’inflammation disparaissent par le repos et le malade peut reprendre ses cours à l'entrée de : l'hiver. A la sortie de l'hiver, les douleurs réapparaissent peu à peu, surtout marquées à la marche et à la station debout. Les douleurs continuent jusqu’à l’époque actuelle, surtout marquées l’été et par les grosses chaleurs. Depuis cet été le talon gauche est devenu douloureux à son tour.

Différents traitements médicaux ont été essayés; le malade a porté des semelles orthopédiques. I] a été examiné médicalement par le docteur Device, médecin des hôpitaux, qui ne lui a trouvé aucun signe de névrite,

or

Il entre à la salle Sainte-Marthe, à l'Hôtel-Dieu, dans le service du docteur Tavernier, en septembre 1924.

L'examen clinique ne décèle qu’une douleur vive à la partie interne de la face inférieure du calcanéum des deux côtés.

La radiographie montre : à droite, une exostose à contours flous, irréguliers, dentelés, semblant appendue à la face inférieure du calcanéum qui ne montre pas de tubérosité bien marquée, par rapport à laquelle on puisse situer l’exostose (fig. II). À gauche, une toute petite épine osseuse située à peu près au même niveau (fig. IV).

Intervention, le 3 octobre 1924 :

À droite : ablation large d’un copeau de la face inférieure du calcanéum, enlevant une exostose irrégulière et large. Ablation des parties molles sous-jacentes.

Fic. IV.— Exostose sous-calcanéenne (Tavernier). L'ablation isolée de cette exostose n’a pas guéri le malade. si

A gauche : après dénudation de la face inférieure du calcanéum on sent une petite épine acérée de la grosseur d’un grain de mil que l’on fait sauter au bistouri, sans toucher les parties adjacentes de l'os et les parties molles sous-jacentes.

Après cicatrisation des plaies, les douleurs disparaissent à droite, mais persistent à gauche, si bien que le 5 novembre 1924 on est cbligé de réintervenir plus largement et de régulariser à la curette la surface osseuse inférieure du calcanéum et les parties molles sous-jacentes. |

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