OBSERVATION VII
(Publiée par le Docteur Richer, à la Société de Chirurgie de Lyon)
Malade ayant présenté 8 jours après un écoulement urétral, une talalgie bilatérale. Nombreux traitements médicamenteux. Pas de résultats. Intervention. Ablation de volumineuses exostoses souscalcanéennes, mais surtout excision du tissu cellulaire enflammé où l’on trouve des lésions in-
flammatoires.
M. B.…., 30 ans.
Ce malade à contracté, fin 1921, une blennorragie compliquée, dès le huitième jour de l’écoulement, des phénomènes rhumatismaux plus ou moins précis et d’une talalgie bilatérale. Le traitement urétral immédiat ne semble pas avoir été conduit d’une façon très suivie. Ultérieurement vaccinothérapie au néo-Dmégon contre les phénomènes arthralgiques qui paraissent guéris momentanément.
Depuis cette époque, urétrite chronique et alternatives de guérison et de récidive de la talalgie et de l’urétrite pour lesquelles le malade est traité par plusieurs dermatologues et urologistes : grands lavages, étincelage de l’urètre postérieure, néo-Dmégon, sérum antigonococcique. |
À l'examen, le 25 nov. 1924, il présente : un très léger suintement urétral de temps en temps, le matin, sans gono; il se plaint surtout de douleurs très aiguës à l’appui talonnier des
2 côtés, maximum à gauche; il marche sur la pointe des picds et avec l’aide de 2 cannes; il a dû interrompre tout travail depuis un an.
Toute la région plantaire sous-calcanéenne est douloureuse et le moindre appui du doigt fait sursauter le malade, surtout à gauche. On trouve, de plus, un peu de douleur diffuse en arrière du calcanéum vers l’insertion du tendon d'Achille. Le malade signale par ailleurs un peu de douleur sur la face dorsale du pied gauche et au gros orteil, mais l’examen méthodique des articulations tibio-tarsiennes et tarsiennes ne révèle cliniquement aucune arthrite; il n’y a pas de diminution d’amplitude dans les mouvements au niveau de ces articulations.
Le malade nie la spécificité, le Wassermann n’a pas été fait.
Radiographie : Pied droit : volumineuse exostose sous-calcanéenne.
Pied gauche : exostose analogue, mais de ce côté la face inférieure du calcanéum est plus nettement irrégulière; à noter à gauche un os trigone très développé.
Intervention, le 10 février 1925 (A. G. éther) :
Par une longue incision sur les bords postérieur et externe de la face inférieure du calcanéum, on pratique à droite et à gauche l’ablation au ciseau et au maillet de la face inférieure du calcanéum qui est dure, en un seul bloc de 3 cm. 1/2 de long sur 1/2 cm. de haut. Mais, de plus, on enlève tout le tissu cellulo-graisseux du talon jusques et y compris l’origine de l’aponévrose plantaire.
Pas de lésions macroscopiques dans ce tissu graisseux.
Fermeture aux crins, sans drainage.
Examen histologique : pas de lésions bien nettes du tissu osseux, un peu d’ostéite raréfiante, quelques hémorragies intra-médullaires, moelle à l’état graisseux..
Dans le tissu de voisinage, les lésions sont identiques à droite et à gauche. Les préparations sont formées par une masse de tissu adipeux, lobulé par de grossières travées fibreuses; celles-ci sont le siège de diverses lésions.
La plus caractéristique est vasculaire.
Tous les vaisseaux sont le siège de phénomènes d’endopériartérite extrêmement accentués, tels qu’on les observe parfois dans les affections d’origine spécifique. Il n’existe
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d’ailleurs aucun autre signe en faveur d’une semblable étiologie. Par ailleurs, exsudation lymphocytaire discrète; on voit quelques rares filets nerveux entourés de quelques cellules inflammatoires. Aucune formation spécifique en faveur de la tuberculose.
Le malade est revu et radiographié 3 mois après l’intervention. Son état local est très amélioré. Les cicatrices ne sont pas douloureuses.