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inconstants; on en trouve dans certaines espèces, ils manquent dans d'autres; dans une même espèce ils sont absents ou présents suivant qu'on examine une tige ou l'autre, ou même suivant la hauteur à laquelle on fait les coupes ; et cela sans qu'on puisse trouver des raisons explicatives suffisantes. Je montre en effet, plus loin (voir partie spéciale : genre Æhus), que les conclusions de M. Engler. au sujet de l'explication qu'on à cru pouvoir en donner sont peutêtre basées sur l'observation d'un trop petit nombre d'espèces; mes propres observations, qui ont porté sur un nombre plus grand d’espèces, ne confirment pas entièrement l'opinion émise par le savant professeur de Berlin, d’après laquelle la présence des canaux médullaires indiquerait des plantes tropicales et l'absence de ces canaux des plantes extratropicales. Les canaux médullaires sont éminemment variables dansles espèces de ce genre, de même que dans certaines espèces des genres plus ou moins voisins; n'est-ce pas plutôt l'indication d’une parenté, d'une filiation possible entre ces genres ?
Ces variations se représentent dans les parties essentielles de la fleur ; aucun organe n’y échappe donc.
C'est ainsi que dans certains genres on voit le nombre des verticilles staminaux, généralement de deux, augmenter comme si, peu fixées encore, les étamines marquaient ainsi leur tendance à varier beaucoup. | :
On pourrait croire que la fleur n'avait d’abord qu’un seul verticille d’étamines, car la fleur des Pistacia, Rhus et Parishia n'en possède qu'un seul, et ces genres sont justement ceux qui sont directement liés aux fossiles de l’oligocène inférieur. 1)
La disposition relative des étamines et du périanthe n'est pas plus tixée. Les étamines sont le plus souvent indépendantes, on les trouve cependant concrescentes avec la corolle, alors gamopétale, dans les genres Garuga et Thyrsodium; ailleurs, les filets s'unissent entre eux, sur une hauteur plus ou moins grande (Canarium, Anacardium).
Le disque intrastaminal manque quelquefois (Pistacia, Anacardium, -Garüga, Thyrsodium), mais le plus souvent il existe et l’on sait quelle fixité il aura dans les groupes voisins et mieux différenciés des Simarubacées, Rutacées, Sapindacées, Géraniacées, etc.
On sait déjà, par ce que j'ai dit précédemment, combien le gynécée varie. Souvent composé de trois carpelles, dont deux ne se dévelop- pent pas complètement (Rhoïdées), il se multiplie dans d’autres cas, se fixant à cinq; maisil dépasse quelquefois ce nombre (Pleiogynium).
A0, Les carpelles sont libres (Buchanania) ou. plus ou moins concrescents (Spondias, Bursera, ete...). Ces varpelles sont portés sur le pédoncule floral ; le gynécée est supère, mais le pédoncule est quelquefois un peu excavé ; dans un cas, le gynécée est porté sur un gynophore (Melanorrhæa).
Chaque carpelle, qu'il soit uniovulé ou biovulé, ne contient qu’une seule graine à la maturité du fruit, ce qui tend à prouver encore l'origine commune de toutes ces plantes.
I en est de même de la position de l’ovule dans chaque loge ; cette position est très variable : l’ovule est tantôt basilaire, tantôt suspendu au sommet de la loge, souvent inséré sur-les côtés de la loge ; l’insertion se fait alors à des hauteurs différentes.
Il est le plus souvent apotrope dans les Anacardiées ; cependant, dans les Spondias, M. Baillon (1) décrit ainsi le gynécée : « Dans l’angle interne de chaque cavité ovarienne se trouve un placenta qui supporte deux ovules ascendants, dont l’un avorte souvent et dont le micropyle est primitivement dirigé en haut et en dehors. » Tout comme chez les Bursérées.
Le fruit est ordinairement une drupe, mais |’ one s'allonge quelquefois en aile, tendant vers l’akène {Dobinea).
L'embryon est gros, généralement droit, quelquefois courbe (Anacardium). Les cotylédons sont plans (Anacardiées) ou plissés (Bursérées).
La fleur, d'ordinaire actinomorphe, marque une certaine tendance à la zygomorphie; elle est nettement zygomorphe dans Ut cas (Anacardium, Mangifera).
Il me semble, dès lors, qu'on pourrait considérer les Térébinthacées comme formant l’un des termes de transition entre les Amentacées d’une part, auxquelles elles seraient alliées par les Juglandacées et les Simarubacées, Rutacées, Sapindacées, d'autre part, chez lesquelles les caractères floraux auraient pris une stabilité qui manque chez les Térébinthacées.
Les Térébinthacées forment donc une famille avec deux tribus :
1° Anacardiées : à ovules apotropes ; tfges souvent pourvues de canaux sécréteurs médullaires ; ;
2° Bursérées : à ovules épitropes ; tiges exceptionnellement pourvues de canaux sécréteurs médullaires.
(4) Histoire des plantes, t. V, p. 258, fig. 261.
Les familles voisines des Térébinthacées gardent toutes certains caractères généraux de celles-ci, mais aucune ne présente de canaux libériens. HET
Les Rutacées ont les ovules épitropes des Bursérées etles glandes superficielles de quelques Térébinthacées. Les Simarubacées ont aussi les ovules épitropes des Bursérées, mais un certain nombre de
Tableau des affinités de la famille des Térébenthacées
LE GUMINEUSES ‘
SIMARUB ACLES Ÿ CORIARIACÉES
SAPINDACÉES
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Corlicales
<a elle ? ; bles SABIACEES MéLIACÉES =gemoilmonie TER EBINTHACÉES 4
port analormie
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genres ont les canaux médullaires des Anacardiées. Les Coriariacées ont les ovules apotropes de la plupart des Anacardiées et, si les -Canaux sécréteurs manquent, on y trouve pourtant une structure anatomique très voisine de celle des Térébinthacées (1). Les Sapindacées ont aussi les ovules apotropes des Anacardiées, de plus la
(1) Villeneuve, Étude sur le Redoul, Montpellier, 1893.
| Rue zygomorphie de la fleur, exceptionnelle chez les Térébinthacées, se montre souvent chez elle. e
Les Térébinthacées, représentées actuellement par des types variables, ne prouvent plus guère leur parenté que par ce caractère d'une fixité extraordinaire, ayant seul échappé aux variations: la présence des canaux sécréteurs libériens.
Or, pour les besoins de la classification, notre esprit ne pouvant embrasser l’ensemble de toutes les plantes et la science actuelle étant impuissante à montrer toutes les filiations que nous pressentons entre toutes les espèces botaniques, nous devons accepter un caractère fixe et général pour limiter une famille. Je pense que, pour les Térébinthacées, ce caractère fixe et général ne peut être que le caractère anatomique que j'ai constaté chez toutes les plantes étudiées dans la partie spéciale qui suit. |
Si l’on accepte le caractère que je propose pour délimiter la famille des Térébinthacées, on doit rejeter de cette famille la tribu des Mappiées et celle des Phytocrénées, admises par M. Baillon (1), de même que celle des Amyridées admise par Bentham et Hooker (2) et par Le Maout et Decaisne (3).
La famille des Térébinthacées doit se restreindre aux deux tribus admises plus haut; celle des Anacardiées et celle des Bursérées.
(1) Hist. des plantes, vol. V, famille des T'érébinthacées. (2) Gen. plant,., vol. [, p. 322.
(3) Traité général de Bot., 2e éd., 1876, p. 327.
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