‹ Contribution A L'étude Des Toxines Chez Les AraignéesChapitre 18 sur 67 · A. — ACTION DES-ACIDES · texte numérisé non relu

A. — ACTION DES-ACIDES

Nous verrons par la suite que j'aurai fréquemment à me servir d'arachnolysine traitée par un acide. Aussi ai-je étudié de facon plus approfondie l’action des acides jet notamment

es acides minéraux forts.

La technique était généralement la suivante : mettre pendant quelques instants la toxine dans un milieu présentant une acidité déterminée, puis neutraliser par du carbonate de soude et essayer la puissance hémolytique du liquide. Bien entendu il fallait ramener à la fin la salure à 8,5 ou 9 p. 1000.

Pour l'acide chlorhydrique, le produit de la neutralisation était du chlorure de sodium, tout à fait inactif. Toutefois,

lorsque les solutions étaient très concentrées, il fallait en tenir compte pour la salure. Lorsqu'il s'agissait d’un acide autre que l'acide chlorhydrique, il fallait tenir compte du produit formé non seulement pour latonicité, mais encore pour l’actionhémolytique directe ou l'action empêchante qu'ilaurait pu avoir. Je fis toujours des Lémoins dans lesquels je ne mettais pas de toxine ou bien dans lesquels je mettais la toxine après le mélange de l'acide et du carbonate, ces deux dernières substances étant à la concentration maxima employée dans l'expérience. J'employais des solutions déci et centi normales. — Si équivalentes qu'aient pu être les solutions, il existait cependant toujours un écart, assez faible pour être négligé dans des expériences courantes de chimie et assez fort pour intervenir dans ces essais physiologiques. Il arrivait parfois que, la solution d'acide étant un tout petit peu trop forte, il restait après neutralisalion une acidité résiduelle pouvant jouer un rôle. Ce fait me fut décelé par des lémoins, lors de l'emploi de solutions N/10; pour les solutions N/100, l'écart était tout à fait négligeable.

Je constatai que le carbonate de soude, mème à concentraton relativement forte, n'avait aucune action hémolytique directe ni aucune action empêchante vis-à-vis de l'arachnolysine (tout au plus une très légère action activante). Je pris donc, dans les expériences les plus récentes, la précaution de mettre un léger excès de carbonate, soit en ajoutant à chaque tube un même excès, soit plutôt en emplovant le carbonate à la concen-

CAEN RruS tration Ta (1 + 1/4) ou (1 + 1/%) au lieu de N/10 et N/100.

Je supprimais ainsi la cause d'erreur introduite par un excès possible d’acidité. Des essais préliminaires au carbonate et des tubes témoins nombreux, de constitution variée, me renseignèrent toujours sur la rectitude de ma technique.

Avant de donner globalement les résultats obtenus, je donnerai à titre d'exemple, deux procès-verbaux d'essais :

10 Essai de l’action de HCI sur une macération d'œufs d'Épeire contenant 1/4 d'œuf par 1/2 cc. d’eau salée. Neutralisation par le carbonate de soude. Solutions N/100 (l'écart d'équivalence des solutions est done négligeable).

Nombres de gouttes (1/20 de ce.) :

Dube nl NCAIMIND NO UN SN NCIS EN GE.

HONOR ER 0 1 2 3 X 5 6 Eau distillée......... 6 5 4 3 2 { 0 Eau salée à 17 p.1000. 5 5 5 5 5 5 5 Macération. 22700 10 10 10 10 10 10 10

A ce moment, il y a partout 1/4 d'œuf dans 1 ce. (à très peu près) d'eau salée à 8,5 p. 100, avec des quantités variables d'HCI. Après 3 minutes, je continue :

COPNA EN MO. 0 1 2 3 4 p) 6 Eau distillée......... 6 5 4 3 2 Il (0 Eau salée à 17 p. 1000. 5 È) 5 5 5 5 5

Emulsion de globules de Bœuf à 10 p. 100. 10 10 10 10 10 10 10

Après 20 minutes. — Tubes Nos 0 et 1 : hémolyse très avancée. — 2? avancée.

Après 3 h. 15. — 0, 1, 2 : complète. — Autres : nulle.

Lendemain. — 0, 1, 2 : complète. — Autres : nulle.

La destruction a done eu lieu, pour 1/4 d'œuf par ec. lorsque le centimètre cube contenait une quantité d'acide chlorhydrique comprise entre 2 et3 fois 1/20 de cc. d’une solution N/100.

La destruction a lieu pour une concentration comprise entre

t où omme vers ù et=—,en som [ETS —.

2000 2000? 1000 2° Action de l'acide lactique sur une macération à 1 œuf par 1/2 ec. d’eau salée. — Neutralisation par le carbonate de soude. Solutions

N/10. Ici l'inéquivalence des solutions peut jouer. J'ajoute done partout un excès de 1/20 de cc. de carbonate N/40.

De plus, il faut tenir compte de ceci :

4 cc. d’acide N/10 + 1 cc. de carbonate N/10 donnent 2 ec. de lac-

) es .., 23+933,5

tate N/20. Cela correspond comme tonicité à de l’eau saléeà UE UT ee environ 3 gr. par litre. Pour ramener à 9 p. 1000, il faudrait ajouter un égal volume d'eau salée à 15 gr. par litre : j'ajoutai 1/2 volume d’eau salée à 30 p. 1000. Voici la marche de l'essai :

Nombres de gouttes (1/20 de ce.):

Tube NO NOM N0.2. No 3. No 2. N°5. N016...N0 7: UNo8," No 9% No10.

AcidelactiqueN/10 0 il ? 3 4 D 6 7 8 OM 0) Eausalée à9p.1000 10 9 8 7 (0 5 n 3 2 { 0 Macération....... AO EDP L ORL D ONTO ECOLE OR 0 ET LO) COSNa? N/10 (après

repos de 10 m.). 0 1 2 3 4 ù 6 ñ 8 9210 Eausaléeà30p.1000 0 1 2 3 4 :) 6 7 8 9410 Eausaléeà9p.1000 20 18 16 14 12 10 o) Ü 4 2 0 DONNER ON DDC OACU#4, 1 1 1 À 14

6 ROBERT LÉVY Fait des témoins ainsi constitués :

Nombres de gouttes (1/20 cc.) :

Témoin 1. IL. Il. IT. Acide lactique N/10... 10 40 10 10 COSNa? N/10......... 10 10 10 10 Eau salée à 30 p.1000. 10 10 10 10 COSNat NAS CCE — 1 — 1 MaCérations re ererree 10 10 10 = Eau salée à 9 p. 1000., — — — 10

Mis dans chaque tube 1 goutte d'une émulsion de globules de Bœuf correspondant à du sang pur.

Après 2 h. 50 :

Tubes n°8 0 et 1 : hémolyse complète. — Nos 2 à 10 : nulle.

Tubes I et IT : hémolvse complète. — IIT et IV : nulle.

Le lendemain, même état,

Les témoins ont bien donné ce qu'on pouvait prévoir si la technique élait correcte.

La destruction a lieu, pour 10 œufs par ce., lorsquele ce. contient une quantité d'acide lactique comprise entre 1 et 2 fois 1/20 de ec. N/10, c'est-à-dire pour une concentration à peu près N/200.

L'expérience répétée donna un résultat identique.

Il fallait, comme contrôle, voir si c’est bien la concentration qui importe, ou s'il y a une simple question de quantité. Je vérifiai de la facon suivante :

Fait une macération contenant 10 œufs par ce.

Fait deux tubes :

N° 1. — 1/2 ec. macération + 1/2 ec. eau salée.

N° 2. — 1/2 ce. macération + 2ce,5 eau salée.

Mis dans chacun la mème quantité de HCI, 1/20 de ec. N/10. Neutralisé par 1/20 de ce. COSNa? de même titre.

Ajouté 2 cc. d'eau salée au n° Let mis 1 goutte de sang pur (lavé) dans chaque tube.

2 s’hémolyse immédiatement. 1 reste intact.

C’est donc la concentration qui intervient seule.

J'ai essayé des acides minéraux forts (acide chlorhydrique, acide nitrique, acide sulfurique) et des acides organiques (acide acéUque el acide lactique). On trouvera ci-dessous le tableau des résultats. L'action de l'acide avant neutralisation était toujours effectuée sous volume constant : { centimètre cube. Les chiffres

indiquent les nombres de gouttes (1/20 de centimètre cube) d'acide que doit contenir ce centimètre cube pour que la toxine soit détruite, autrement dit les seuils de destruction.

Titre de la

Nombre de

Concentration

2 solution gouttes (seuil Nombre d'œufs. d'acide. d'acide. de destruction). Acide 5 chlorhydrique. 5 N/10 moins de 1 «7 N/200 » 5 N/10 moins de 1 << N/200 » 5 N/100 (0 3 N/1000 » 1 N/100 k 2 N/1000 » l N/100 3 3 N/2000 » 1/4 N/100 3 3 N/2000 » 18 N/100 3 3 N/2000 Acide sulfurique. 5 N/10 moins de 1 << N/200 » 5 N/100 6 3 N/1000 \ 2,5 N/100 5 N/2000 » 1 N/100 3 3 N/2000 » A/% N/100 moins de { < N/2000 Acide nitrique. 1 N/100 3 3 N/2000 Acide lactique. 1 N/10 2 N/100 » 1 N/10 2 N/100 Acide acétique. 1 N/10 plus de 10 5 N/20 » il N/10 plus de 10 > N/20

Les 3 essais à 1 œuf avec HCI, NOH et SO4H? avaient été faits ensemble et avaient donné des résultats identiques ; la concentration seuil est 3N/2000.

Bien entendu, si l'on met le carbonate avant l'acide, ilne se produit aucune destruction aux concentrations employées.

Quand on ajoute l'acide, il y a toujours clarification ; puis, lorsqu'on ajoute le carbonate neutralisant, il se produit un trouble abondant et des flocons se rassemblent pour tomber lentement au fond. L'aspect du phénomène est identique à ce qu'on observe lorsqu'on dialyse une macération d'œufs à l'eau salée.

En résumé, l’action des acides se caractérise ainsi : 1° La concentration en acide importe seule.

90 Les acides minéraux forts (HCI, NOSH, SO?) sont moléculairement équivalents pour la destruction de la toxine. Dans les conditions de mes essais (quantité de liquide = { centimètre cube) la concentration nécessaire pour l'inactivation de 1 œuf d'Épeire est vers 1,5 ou 2 x N/1000.

3° Si l’on fait varier la concentration en œufs, la concentration en acide nécessaire pour la destruction varie aussi, mais sans aucune proportionnalité. Pour SO#H? par exemple, les nombres d'œufs étant comme : 4, %, 10, et 20, les concentraüons sont à peu près comme: un nombre <1, 3, 5, et6.

4° Les acides organiques employés (acétique, lactique) ont une action beaucoup plus faible que les acides minéraux cités. L'acide lactique agit vers N/100, c'est-à-dire environ 5 fois moins que les acides minéraux. L'acide acétique N/20 ne détruit même pas complètement la toxine, il ne fait que l'atténuer : il est plus de 25 fois plus faible que les acides forts.’

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