‹ Contribution A L'étude Des Toxines Chez Les AraignéesChapitre 19 sur 67 · B. — ACTION DU CARBONATE DE SOUDE · texte numérisé non relu

B. — ACTION DU CARBONATE DE SOUDE

I'importail de voir quelle est l’action du carbonate de soude dont je me servais pour neutraliser les acides.

Les expériences faites avec le carbonate sont bien moins nombreuses que celles faites avec les acides ; la technique en est aussi moins parfaite. Elles portentsur l'action ‘du carbonate visà-vis de la toxine, sans neutralisation ultérieure : la toxine est mise à la fois en présence de carbonate et de sang.

Des essais de contrôle me donnèrent des indications sur l'activité hémolytique directe du carbonate de soude :

Fait les tubes suivants :

Nombre de gouttes (1/20 cc.) Tube No 0. No. No2, No3. No 4. No 5. No 6, No 7. No8. No9. No, CUENAEN OS (D) 4 2 5) 4 ) 6 1 8 9 10 Eausalée à 12 p.1000 (pour compenser le COSNa? en toni- CHENE à en ol 2 3 Eausalée à 9 p.1000. 20 18 146 1

ww © — >

Ajouté à chaque tube 1/2 ce. d'eau physiologique. Mis 1/2 ce. de globules de Bœuf à 10 p. 100. Nous avons done là 1/20 de ce. de glo-

bules, contenus dans ? ec. d'un liquide isotonique à l’eau physiologique et mis en présence de quantités croissantes de CO3Næ.

Après 3 h. 50, on a :

N° O à 4 : rien. — 5 : début. — G : hémolyse assez avancée. — Autres : avancée. Cela reste ainsi.

Le carbonate de soude est donc directement hémolytique à partir de 5/20 de centimètre cube d’une solution N/10 pour 2 centimètres cubes de liquide, c’est-à-dire à la concentration N/80.

Voici maintenant un essai avec de la toxine :

Nombre de gouttes (1/20 ec.) ÉDPOANS UNS MEN 2 MINS SN OZ ENS IS MIN OIG NI, No SNS EN A0

COSNa2 N/10..... 0 il 2 3 4 5 6 “ 8 9 10 Eau salée à

12 p. LOVOR TE 0 1 2 3 4 5 6 1 8 9 10 Eau salée à

OSDEAIODUEES ET 20 18716 14 10210 8 (D 4 2 0

Ajouté 1/2 ce. d'eau physiologique contenant 1 œuf d'Épeire et mis 1/2 ce. de globules de Bœuf à 10 p. 100. L’essai est identique au précédent, à part la présence de la toxine. Après 3 h. 50 on a :

N° 0 : hémolyse complète. — 1 : traces. — 2à5 : nulle. — 6 : traces. 7 et 8 : assez avancée. — 9 et 10 : avancée.

Les derniers tubes sont évidemment hémolysés par l’action directe du carbonate (voir l'essai précédent.

La concentration en carbonate nécessaire pour empêcher, sans neutralisation ultérieure, l'action de l'œuf d'Épeire est donc comprise entre 1/20 x N/10 x 1/2et 2/20 x N/10 x 1/2, c’est-à-dire entre N/400 et N/200.

J'ai fait des essais identiques aux précédents, avec la seule différence que la solution de carbonate était N/100 (cela entrainait quelques modifications de détail dans la compensation de tonicité).

1er essai, sans loxine. — Nombres de gouttes : de 0 à 10.

Aucune hémolyse, naturellement, puisque avec une solution N/10 elle commençait à 5 gouttes.

2e essai, avec toxine (1 œuf). — Nombres de gouttes : de 0 à 10.

Après 4 minutes :

N°0 : hémolyse avancée. — 1 à 4: plus qu'avancée. — 5 : avancée. — 6 : début. — Autres : nulle.

Après 22 minutes :

N° 0 : léger louche. — 1 à 5 : hémolyse complète. — G : léger louche. — 7 : très avancée. — 8 : avancée. — 9 : début. — 10 : nulle.

Apres 2 h250P

N°0 à 8 : hémolyse complète. — 9 : léger louche. — 10 : avancée.

Cela se raccorde parfaitement avec l'essai par la solution N/10. C’est au delà de 10 gouttes N/100 ou de 1 goutte N/10 que se produit l'inactivation. ;

Le carbonate de soude inactive done 1 œuf d'Épeire lorsqu'il se trouve à une concentration comprise entre N/400 et N/200. Cela dans le cas où l’on suppose que le carbonate empêche, simplement par sa présence, la réaction de lhémolyse.

Mais on peut supposer que le carbonate détruit la toxine. Or, dans toutes les expériences, à un moment donné, avant l'addition du sang, le volume « toxine “+ carbonate » est 1 cc, 5 au lieu du volume final 2 centimètres cubes.

Si l’on suppose donc qu'il n’y a pas simple empêchement par action de présence mais destruction réelle de la toxine, 1l faut dire : le carbonate de soude détruit la toxine correspondant à 1 œuf d'Épeire lorsqu'ilse trouve à une concentration comprise entre N/300 et N/150. — C'est là une concentration bien plus forte que celle qui est nécessaire dans le cas des acides minéraux forts (vers N/500); c'est une concentration moindre que celle qui correspond à l'acide lactique (N/100).

Lorsqu'on ajoute du carbonate de soude à une macération d'œufs d'Épeire un peu concentrée, il se produit un trouble assez analogue à celui que l’on peut voir lorsqu'on dialyse une telle macération ou qu'on y neutralise de l'acide préalablement ajouté. Ce fait s'oppose à celui que l'on constate lorsqu'on ajoute de l'acide : dans ce cas en effet, il y à toujours clarificalion jusqu’à la limpidité absolue.

$ 6. — Résumé.

Il est difficile de donner une vue d'ensemble des résultats fournis par les essais de ce chapitre, chacun portant sa signi-

fication en lui-même. On peut cependant faire ressortir les faits principaux suivants :

L'arachnolysine est détruite par la chaleur. — Le temps de chauffage nécessaire est d'autant plus court que la température est plus élevée.

L'arachnolysine est détruite parles acides. Elle se montre bien moins sensible à l’action des acides organiques essayés qu'à celle des acides minéraux forts. Pour ces derniers, une même solution d’arachnolysine est détruite par la même concentration moléculaire d'acide, quel que soit celui-ci.

L'arachnolysine est détruite par le carbonate de soude, à une concentration moléculaire bien plus forte que celle des acides minéraux forts, mais inférieure à celle des acides organiques essayés.

Bien que la présence de la toxine soit certainement liée à celle du vitellus, si l’on considère les quelques propriétés physiques et chimiques étudiées, elle ne semble pas être un lipoïde, comme nous l’avions suggéré. Elle se rapprocherait plutôt des albuminoïdes, surtout des globulines.

Page 1