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CHAPITRE PREMIER HISTORIQUE

$ 1. — Anatomie des glandes venimeuses.

A la dissection, les glandes venimeuses apparaissent comme deux petits sacs allongés, sortant de l’article basal des chélicères et s'étendant plus ou moins loin en arrière dans le céphalothorax. Elles sont de couleur blanchâtre, opalescentes et très réfringentes.

Nous pouvons donner une idée de leur structure en nous inspirant des descriptions de Voar et YuxG (94) (Epeira diademata) et de Borpas (05) (Latrodectus 13-quttatus). — Le sac glandulaire s’effile à l'avant en un canal ténu qui, traversant Particle terminal du chélicère, va s'ouvrir près de l'extrémité du crochet. La paroi du sac est formée, de l'extérieur vers l’intérieur, par une membrane conjonelive, une couche musculaire, une membrane basale e{ un épithélium glandulaire. La membrane con- Jonctive envoie, entre les faisceaux musculaires, des prolongements lamelleux qui vont rejoindre la basale. — La musculature est constituée par des faisceaux à fibres striées longitudinalement et Lransversalement: les fibres ont une disposition spiralée très caractéristique. Les cellules de l'épithélium glandulaire sont de forme irrégulière (Épeire) ou régulière (Latrodectus). Dans ce dernier cas, elles sont hautes, cylindriques el le contourinterne de la couche est très sinueux. Le noyau est à la base, qui est granuleuse; la partie interne du protoplasme est claire.

Le canal est analogue, comme structure, à la glande, mais sa musculature est formée de fibres circulaires (Borpas) et de

quelques fibres spiralées {Voar et Yuxc). Son endothélium est plat et clair.

D'après Borbas, la sécrétion à lieu par fonte cellulaire et il distingue des groupes de noyaux appartenant sans doute à des cellules de remplacement.

$ 2. — Essais expérimentaux.

Ilexiste, comme nous l'avons dit, sur le venin des chélicères d'Araignées, une littérature extrêmement abondante, La plus grande partie est relative à des observations, plus ou moins précises, de morsures. Ce sont là des faits qui ne touchent pas tout à fait directement aux sujets de mes recherches. De plus, la partie de ce travail exposant mes expériences sur le venin des chélicères est de beaucoup la plus courte et il importe de ne pas la faire précéder d’un historique disproportionné avec elle.

Mes recherches avant un caractère strictement expérimental, Je choisirai donc, dans la bibliographie, les travaux qui sont vraiment du même ordre qu’elles, ceux qui leur sont le plus directement comparables. Ces essais, de nature nettement expérimentale, sont de deux sortes : observations de morsures provoquées, faites dans de bonnes conditions, et expériences physiologiques proprement dites.

Pour les autres travaux, je renverrai au mémoire spécial de Kogerr (01) qui contient un exposé historique considérable, à un chapitre d’un traité général du même auteur (06) et aux ouvrages et articles de vox Fürru (03), de Fausr (05), de FM. Sacns (07), de Cazmerre (07) et de L. FrépéricQ (10). On y trouvera surtout des faits relatifs aux morsures d’Araignées appartenant aux groupes qui ont, de tout temps, le plus intéressé les observaleurs.

1° — Les Tarentules :

Lycosa Tarentula Rossi. — Tarentule italienne.

Lycosa (= Trochosa) singoriensis Laxmann. — Tarentule russe.

2° — Les Latrodectus :

Latrodectus 13-quttatus Rossi. — Forme typique de France, d'Italie et de Corse (Malmignate),

Avecses variétés :

L. conglobatus G. Koch, d'Orient, | L. lugubris Motschusky = L.Erebus Aud.— Karakurte russe. Latrodectus Menavodi Vins. (Madagascar).

Latrodectus formidabilis Fabr. = L. mactans Fabr. = L. verecundus Hentz (régions chaudes des deux Amériques). Latrodectus curacavensis Müller (Curaçao).

Latrodectus Hasseltii Th. (Nouvelle-Zélande) et Latrodectus scelio Th. (Australie). — Katipos.

3° — Les Mygalides :

Theraphosa Blondii Latr. (Mygale de Leblond) et Avicularia vestiara de Geer, toutes deux araignées géantes de l'Amérique tropi-

cale. :

Nemesia cæmentaria Latr., de la France méridionale et d'Espagne.

Les expériences ont naturellement porté aussi sur ces Araïgnées, Tarentules, Latrodectuset Mygales, qui ont le plus préoccupé les naturalistes au point de vue de leur toxicité. On trouve, en outre, un petit nombre d'observations sur diverses espèces communes dans nos régions tempérées.

Expériences sur les Tarentules. — En 1683, un médecin de Naples, SanauiNerri, se fait mordre au bras, devant témoins, par deux Tarentules venues d’Apulie. Sensation de piqûre de fourmi; le lendemain, la place est un peu livide et il se forme une croûte (Cité par KoBEerT).

BAGzivi (mémoire de 1699) fait mordre un lapin à la lèvre supérieure par une Tarentule venue d'Apulie. Après deux heures, les deux lèvres sont enflées et noires. Respiration difficile: l'animal reste couché sans mouvement. L'enflure gagne la tête, puis Pabdomen. Mort après cinq jours, l'animal n'ayant pris aucune nourriture et n'ayant plus bougé. A l’autopsie, on trouve de la congestion du cerveau qui présente çà et là des taches livides. Le sang est noiret coagulé dans les vaisseaux des poumons, du cœur et des autres viscères (Cité par KoBerr).

L'essai de SanGuinerri est repris publiquement par SErrao, médecin du roi de Naples, environ un sièele plus tard. II fait mordre un homme par une Tarentule, Une tuméfaction de la main et des doigts el une assez forte démangeaison sont les seuls résultats (Cité par KoBerr.)

Pasquaze Manxo, de la terre d'Olrante, assure (1786) qu'il s’est soumis à la piqüre de la Tarentule. Il n'en ressentit autre chose qu’une torpeur douloureuse dans le bras mordu, torpeur qui se répandit dans le reste du corps, et une sorte de constriclion à l'estomac (Cité par Ozaxau (5611.

KogerT cite encore comme s'étant soumis à des morsures de la Tarentule italienne : L. Durour, Joser Erker et HeinzeL (1866) qui confirmèrent le peu de gravité de la morsure.

Kogertr, ayant reçu &e Crimée des exemplaires vivants de Lycosa (= Trochosa) singoriensis (Tarentule russe), ne peut réussir à obtenir qu'elles mordent. Nous avons vu qu'il fit avec celle espèce des macérations qu'il injecta à des chats sans aucun résultat.

Expériences sur les Latrodectus. — Tori (observalionsde 1786 à 1789) fait mordre quatre jours de suite une poule sous l'aile par une Malmignale. Chaque fois, accès convulsifs. L'animal se tient difficilement debout, boit fréquemment et s’enfle. Il guérit cependant en trois semaines. — Même résultat avec un coq. — Un pigeon est piqué dans le gosier et il s'ensuit des crises convulsives avec impossibilité de se mouvoir. Le corps s’enfle et la mort survint en huit jours. A l'autopsie : petites ulcérations de l'œsophage. — Des poussins mordus meurent en peu d'heures, avec une coloration livide de la peau.

Une chienne est mordue à la lèvre inférieure. Elle crie, s'agite etson cou s’enfle. L'animal guérit après être resté quelques jours sans se nourrir, fatigué et se tenant à peine debout.

Des chats, des chiens, des lapins, ingérèrent des Malmignates pulvérisées sans aucun trouble.

Tor: lui-même fut mordu par # petites Malmignates fraichement éeloses. Sensation de piqûre de puce, petites pustules livides, mais aucun trouble général (Cité par KoBerr).

taikEeM (39) fait piquer un lapin par 4 Malmignates femelles et un mâle. Chaque araignée mord plusieurs minutes, quelquesunes à plusieurs reprises. Aux endroits mordus, deux points rouges. Pendant la piqûre, tremblements convulsifs des parties charnues sous-jacentes. Ni enflure, ni convulsions. À part un peu d’abattement, aucun symptôme. Le lendemain matin,

l'animal se meut à peine, mange peu et a souvent des convulsions. IL meurt la nuit suivante. — Un autre lapin piqué par une femelle ne ressent aucun trouble, ni local ni général.

Un autre lapin encore est piqué par une araignée irrilée. Tache rouge avec au centre une pustule livide. Apparence de bonne santé. Cependant, peu à peu, fatigue, perte d’appélit, et la mort survient dans la nuit du cinquième au sixième Jour, sans enflure ni convulsions.

Un pigeon piqué à l'abdomen par une araignée femelle est très abattu, ne peut presque pas se mouvoir et ne prend ni nourriture ni eau; il meurt après 26 heures. — Unautre, piqué dans les mêmes conditions, survit après une période de fatigue. Son corps s'enfle et, à la place de la piqüre, apparaît une tache livide. — Mème tache bleuâtre à la piqüre qu’une araignée femelle inflige à un jeune chien. Le sujet souffre plusieurs jours de tremblements.

Rossi, Marmoccai et GRAELLS (cités par KogerT) sont d'accord sur ce point que la Malmignate entoure sa proie de fils et la mord ensuite à un endroit vulnérable (notamment à l’articulation de la tête et du tronc). La victime estaussitôt immobilisée ou bien elle meurt en convulsions. — Tori (cité par RaïkeM) croit qu'elle suit les insectes, les assaille et sort victorieuse du combat. RaïkeM pense plutôt qu'elle agit de la première manière. Il à vu des Malmignates emmailloter des scorpions sans que ceuxcl, comme fascinés, fissent usage de leur dard.

Borpas (05) est piqué par un Latrodectus 13-quttatus à V'éminence thénaret à la face inférieure du poignet. Rougeur et légère Luméfaction sur 2 à 3 centimètres carrés. Au sommet de la tuméfaction, point dur et noirâtre. Gène dans les mouvements des doigts, raideur dans les petites articulations, surtout au poignet. Engourdissement de la paume; démangeaison. Douleur lancinante disparaissant et faisant des réapparitions. Pas de phénomènes généraux. Cet état dure trois jours, puis tout disparait peu à peu.

L'expérience répélée ne donna jamais que des effe{s locaux bénins.

La piqüre cause au contraire toujours, d'après Borbas, la mort des insectes. — Essais avec des mouches, des grillons, des

Locusteset des Staphylins. Immobilité, engourdissement, insensibilité et mortrapide.

Cette innocuité de la Malmignate vis-à-vis de l'Homme est confirmée par d'autres auteurs (cités par Borbis : L. Durocr, H. Lucas, Euc. Simon).

Expériences sur les Mygales. — Dans la plupart des observations rapportées sur les Mygales, on voitle plus souvent la proie déchiquetée et dévorée par les araignées géantes, de telle façon qu'il est difficile de se rendre compte de l’action du venin.

Kogert cite des expériences faites au moyen de Mygales sur de jeunes oiseaux et dues à Burueisrer et à DoLEscHALL.

BertkAu (70) donne le détail des essais de DorescHALL : un oiseau (Padda) adulte piqué par une Mygale (M. javanensis Walck.) meurt en 30 secondes avec des phénomènes tétaniques; une autre araignée de la même espèce pique également dans le dos un oiseau (Loriu oryzivora) qui meurt en 17 secondes. — BERTKAU cite aussi deux essais de LUDEkING : 36 heures après sa capture, une Mygale (M. Sumatrensis Th.) pique un petit oiseau qui meurt en 8 secondes; après dix Jours de jeûne, la même araignée pique un poussin qui survit après quelques troubles.

C'est avec des Mygalides que furent effectués les essais les plus récents et les plus semblables aux miens par la technique employée. Ils sont dus à Mme Puisazix (12-4 et 4) et relatifs à une grande Mygale de Haïti (Phormiclopus cancerides Latr.) ainsi qu'à la Mygale de Corse (Cteniza Sauvagesi Rossi).

Le corps de la Mygale de Haïti mesurait 6 centimètres. Elle vécut parfaitement plusieurs mois en captivité. Les deux glandes venimeuses, extraites du corps, se présentent comme des cylindres de 8 mm. de longueur sur # mm. de diamètre. Broyées avec du sable dans de l’eau distillée, elles donnent un liquide un peu filant, incolore et légèrement alealin.

1/5 de glande, injecté sous la peau du dos d'une souris, tue l'animal en 1 heure. D'abord douleur et agitation. Puis narcose, mouvements respiratoires ralentis et irréguliers, hypothermie. Avant la mort, petites contractions dans les pattes; les mouvements du diaphragme s’espacent. Les oreillettes et les ventri-

cules du cœur battent inégalement au moment-de la mort.

1/5 de glande tue un moineau en 46 heures (inoculation sous-cutanée). Mêmes phénomènes que pour la Souris, mais avec une évolution plus lente.

En somme, action narcotique, hypothermisante el paralysante de la respiration. Vers la fin, affaiblissement musculaire el cardiaque, paralysie, perte de la sensibilité et des réflexes.

Le corps des Cteniza de Corse mesure 25 mm. Ces araignées vivent très bien en captivité. Les glandes venimeuses sont très petites.

Mme Prisarix fait piquer des animaux relativement grands pour éliminer les effets mécaniques de la morsure et de la succion, trop grandes pour des insectes comme les mouches. Un jeune A/ytes obstetricans (081,50) de métamorphose récente, est mordu dans le dos; après une phase d’execitation, Panimal entre dans une période de narcose. Il semble mort et sa peau prend une teinte agonique. Puis il se rétablit. — Une souris blanche de 13 gr. mise en présence d'une Mvgale se défend si bien qu'elle menace de désarticuler complètement son adversaire. — Un lézard piqué ne ressent rien.

Des macérations de glandes de C{eniza sont injectées à des animaux. 2 glandes injectées dans le pectoral d’un très petit oiseau (Munia punctulata) le tuent en moins de 20 heures par arrêt de la respiration. On observe, après une excitation passagère, une période de narcose avec asthénie, respiration ralentie et irrégulière. A l’autopsie, on voit le pectoral très altéré. — Un autre petit oiseau {(Munia atricapilla) inoculé de là même façon, présente les mêmes troubles, mais survit.

2 glandes injectées sous la peau d’une souris de 12 gr. produisent une narcose passagère mais de forts effets locaux. La peau devient suintante, les poils se détachent et il se fait une eschare. Ces effets, digestion des tissus et narcose, sont constants avec les petits Mammifères. |

Le lézard qui avait résisté à la piqûre reçoit sous la peau les glandes de deux Mygales sans aucun trouble.

Expériences sur diverses Araignées de nos régions. — La plupart des observateurs sont daccord, en ce qui concerne les

diverses espèces d'Araignées des régions tempérées, pour attribuer à leur venin une action très forte sur les petits Arthropodes et une action nulle où relativement faible sur les animaux d'une certaine taille et sur l'Homme. Les observations sur soi-même et les expériences proprement dites sont peu nombreuses.

Ducës (36) se fait piquer au doigt par une araignée des caves (Segestria perfida Walck.) (1). La piqûre est marquée par deux points rouges. Douleur semblable à celle causée par l'ortie, pendant cinq à six minutes. Petite élévation blanchâtre près des deux piqüres; le pourtour est rouge et se gonfle un peu. En une heure et demie, tout disparaît.

BLackwWaALL (55) fait un certain nombre d'observations sur la piqüre de diverses Araignées d'Angleterre. Sur l'Homme, les piqûres d'Epeira diadema Nalck. (2) et d'Epeira quadrata Clerck sont tout à fait inoffensives. — L'auteur essaie de faire mordre des araignées les unes par les autres | T'egenaria civilis Walek. (3), Segestria senoculata L., Ciniflo atror Walck. (4), Epeira diadema Walck. Lycosa agretyca Walck. (5), Coelotes saratilis Blackw. (6)1: l'action du venin ne semble pas beaucoup plus forte que pour l'Homme. — BLackwaLz fait enfin piquer des insectes pardes araignées (Insectes : Guêpe commune, Mouche domestique, Musca Caæsar, Musca vonutaria, Tipula oleracea, Bombus terrestris, Acrida viridissima. Araignées: Segestria senoculala L., Epeira diadema Walck., Epeira quadrata Clerek, Tegenaria civilis Walck., Agelena labyrinthica Clerck). En même temps, il pique les mêmes insectes avec une aiguille effilée et 11 constate que la mortsurvient aussi vite ou plus vite dans le cas de lésion traumatique que dans Le cas de morsure. L’araignée ne cause une mort plus rapide que si le contact, à la morsure, est prolongé : mais alors il y a effet de la succion. BLACKWALL nie donc à peu près complètement l’activité du venin de l’araignée.

Berrkau (70) rapporte des observations sur des mouches

) — Segestria florentina, Rossi.

) = Epeira diademala Clerck.

) — Tegenaria domestica Clerck.

) = Amaurobius fenestralis Strôm.

) — Lycosa ruricola de Geer.

} = Coelotes atropos Walck.

mordues par Meta Meriuniæ Scop., Philoica(= T'egenaria) domeslica Clerck et Amaurobius feror Walck.. Les mouches sont paralysées immédiatement, chancellent et meurent en 2-3 minutes. L'auteur se fait piquer au bout du doigt sans rien ressentir, mais, entre les doigts, la piqüre est douloureuse comme une piqûre de fourmi : la place s’enfle, la peau se tend autour. Après un quart d'heure, cela dégénère en démangeaison, mais la place reste douloureuse au contact pendant un jour. L'effet est moins fort quand. le temps est orageux, humide et frais. La captivité diminue aussi l'intensité d'action de la piqûre (rappel de l'observation de LunekixG sur les Mygales). BERTKAU pense que les araignées de BLackwaLL devaient être dans les conditions défavorables signalées, d'où l'effet relativement faible produit sur les insectes mordus.

Forez (76) constate, avec Chiracanthium nutrir Walek. (1), que le venin perd de sonefficacité au cours des morsures successives. Un gros insecte, piqué par un Chiracanthium avant déjà mordu une ou deux fois ailleurs, peut se remettre après être resté un instant abasourdi. — Forez est mordu au doigt par un Chiracanthium nutrir. La douleur s'étend dans la main, le bras et surtoutle coude. Après une minute, sueur froide: on doit le ramener à la maison. Pas d'enflure. Le malaise et la douleur se dissipent, la place piquée reste encore un peu sensible. — Dans tous les cas, l'effet pour le Chüracanthium est le même : foudroyant et de courte durée; le mâle est moins venimeux que la femelle.

Berrkau (91) lui aussi se fait piquer au doigt par le Chiracanthuumn nutriz Walck.. Il se fait piquer trois fois. La douleur est une forte brûlure qui s'étend presque instantanément au bras et à la poitrine : maxima à l'endroit piqué et au creux axillaire. A part un court frisson qui survient à deux reprises, aucun symptôme affectant l’état général. La douleur disparait, la place reste sensible à la pression et tout se termine par une démangeaison. Les douleurs et la démangeaison reviennen spontanément à la place de la première piqüre lors d’une deuxième morsure, quelques jours après, et cette fois durent une

(1) = Chiracanthium punctorium Villers.

quinzaine de jours; ily a suppuration. — Les suites immédiates de la piqüre sont une légère enflure et une rougeur diffuse. La blessure même causée par les crochets est bleuâtre; dans un seul cas, 1l ÿ eut un peu de sang. — BErTkAU considère que la douleur causée par le Chiracanthium surpasse de beaucoup celle causée par toutes les autres espèces qui le piquèrent.

En ce qui concerne particulièrement l'£peira diadema Walck. dont nous aurons beaucoup à nous occuper, KoBerr reconnait que l’on a toujours considéré sa morsure comme inoffensive; il pense toutefois qu’il y a lieu de tenir pour suspecte une espèce qui à des parents aussi mauvais que l'Egeira (— Argiope) lobata Pallas et l'£peira fasciata Walck. (1) (d'après 0. Finscx et SZCZESNOWICZ).

Les connaissances chimiques sur le venin des chélicères sont extrêmement rudimentaires et fort peu précises.

La sécrétion est claire, de consistance oléagineuse, de goût amer (Fausr). Sa réaction est donnée comme acide (Brack- WALL), comme neutre (KLINGER, cité par KoBerr) ou comme légèrement alcaline (Mme Puisarix). Elle se coagule par l'alcool (Borpas). Les propriétés généralement données (d’après KoBERT surtout) comme celles du venin sont en réalité les propriétés de toxines contenues dans les macérations d'araignées entières.

L'impression que nous pouvons retirer de l'examen de tous ces essais, parfois contradictoires, est que le venin des chélicères d’Araignées peut être considéré comme actif sur de petits animaux, très actif surtout sur de petits Arthropodes, tandis que son activité sur l'Homme semble bien être nulle pour la plupart des espèces et faible pour quelques-unes d’entre elles.

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