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TROISIEME PARTIE

TRAÏÎTEMENT DU PSORIASIS ARTHROPATHIQUE

Rappel clinique

L'existence du Psoriasis arthropathique est pleinement justifiée depuis les travaux de BESNIER, de DURON et de BouUR- DILLON, Elle se fonde essentiellement sur la fréquence des déterminations articulaires chez le psoriasique, sur leur parallélisme habituel avec les efflorescences cutanées sur la sympomatologie spéciale du syndrome arthropathique et enfin sur l’évolution générale qui fait succéder une phase plastique et déformante à un stade inflammatoire, polyarticulaire subaigu.

Moyens de traitement

Le rhumatisme psoriasique est difficile à traiter, il résiste à la plupart des tentatives et l’hyper-sensibilité de la peau Ja prédisposition à l’érythrodermie restreignent les médicaments à action énergique.

De la diversité des notions pathogéniques, sont nées de nombreuses méthodes de traitement parmi lesquelles nous citerons pour mémoire l’action de l’Arsenic, du Mercure, qui ont donné dans certains cas des améliorations. Nous -étudierons l’action du Psothanol, du Soufre, de L'Or, du Manganèse, et parmi les nouveaux médicaments, l'A. C. T. H. ;

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a) LE PSOTHANOL

De nombreuses observations relatent les succès de cette médication, d’une part sur la dermatose, d'autre part sur les arthropaties. Sa bonne tolérance fait que ce produit est très utilisé par les dermatologistes. GOUGEROT et CARTEAUD pa’ exemple, apportent un cas d’arthropathie psoriasique tabétiforme dans lequel les douleurs diminuées à la 12° ou 15° injeetion de chaque série en même temps que le Psoriasis s'amendait. Si GATÉ, TRÉPPOZ et CHARPY, signalent l'échec complet de ce traitement dans les arthropaties, par contre les travaux de JAUSION et les conclusions de BURNIER et LOTTE, pensent qu'il parait agir favorablement sur les manifestations articulaires.

b) LE SOUFRE

On a utilisé le soufre (huiles soufrées, soufre colloïdal) avec succès. GOUGEROT et CosTE ont publié de nombreuses observations dans lesquelles le soufre colloïdal donnait une laxité plus grande aux articulations et faisait cesser les douleurs, mais comme les injections d'eau minérale sulfurées (Uriage) qui agissent souvent très bien dans les formes de rhumatisme non psoriasique, le Soufre a pu faire cesser les altragies des malades, sans donner des résultats durables sur l’ankylose.

©) LE MANGANESE

Le manganèse a été déjà signalé par BROCQ comme l’un des agents susceptible d'agir dans cette dermatose au même titre que les autres produits préconisés. MM. G. MARGAROT et P. RIMBAUD (Progrès Médical, 4 avril 1936) attirent l'attention sur les effets favorables que donne le manganèse dans le traitement du Psoriasis et sur son efficacité contre les arthr.paties à en juger par les deux observations rapportées.

MM. GouGERoT et CoSTE signalent l'emploi du Chlorure de manganèse qui leur aurait permis d'obtenir une amélioration des arthropaties dans un cas de Psoriasis.

Enfin, le Dr ATTIEL rapporte dans sa thèse les heureux effets du manganèse colloïdal dans 9 cas. Alors que les autres th$rapeutiques essayées avaient été inefficaces, le manganèse agirait électivement sur la raideur et l'Hydarthrose.

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La posologie proposée par le Professeur MARGAROT consiste à commencer par injecter par voie intra-müsculaier ou intraveineuse 0 cc. 5 ou 1 cc. (de la suspension colloïdale à O0 gr. 50 de manganèse par litre) pour passer ensuite à 2 cc. et parfois à 3 cc. On laisse entre les deux premières injections un intervalle d’une semaine ; puis on les répète au rythme de deux injections par semaine et même trois si l’on veut obtenir un effet plus rapide. La série complète comprend 20 à 25 piqûres.

Les auteurs insistent sur l’action élective du manganèse colloïdal dans les cas d’arthropatie psoriasique typique et l’'importance d'appliquer précocement la thérapeutique.

d) AUROTHERAPIE

Nous savons que l’utilisation des sels d’or dans le Psoriasis a été envisagée à cause des faits qui ont pu plaider en faveur de L'étiologie bacillaire de cette affection. Nous citerons par exemple les résultats publiés par MILIAN qui a employé la Chrysalbine par voie intra-veineuse avec succès et le cas de MM. WEISSENBACH et MARTINEAU d’une polyarthrite chronique progressive psoriasique où la thérapeutique instituée par les sels d’or amena une amélioration des arthropaties. Enfin les publications de GOUGEROT et CosTE dans lés archives de Dermato-syphiligraphie de 1935, de nombreuses observations 3e Psoriasis arthropatique guéri par les Sels d'Or. Tous les auteurs signalent les bons résultats obtenus mais recommandent la prudence, car à côté de cas oméliorés ou indifférents, ils ont pu observer des aggravations et des accidents toxiques.

En conclusion, la Chrysothérapie parait la médication la plus active, mais l’hypersensibilité de la peau restreint son indication.

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Nous avons déjà étudié son historique, ses propriétés physiques et physiologiques, ainsi que son action éphémère sur les déterminations cutanées et si cette action demande à être précisée, par contre de nombreuses observations ont montré de remarquables améliorations procurées sur la P C. E, le rhumatisme goutteux et le rhumatisme psoriasique.

Du fait de la similitude clinique, anatomo-pathologique évolutive du rhumatisme psoriasique et de la P. C. E., on peut

penser à une action efficace du médicament sur les deux maladies. De nombreuses observations ont été signalées par les auteurs américains (HENCH, RAGAN, GROKOEST et BOOTS) et en Angleterre, SPIES, provoque par des injections quotidiennes de 25 mmg. d'A. C. T. H., la disparition des symptômes dans six cas d’arthrites, trois cas de goutte, et un cas de rhumatisme psoriasique. En Suisse, MACH, BRUGGER, DELLA SANTA et F'ABRE ont confirmé les effets bienfaisants &e l'A. C. T. H. sur 10 rhumatisants. Enfin, en France, F. CoSTE et F. DEL- BARRE ont mis au point un procédé personnel de préparation de la Corticotrophine (A. C. T. H.). Ils ont traité avec succès 21 malades dont 8 P. C. E. une Spondilarthrite, un rhumatisme psoriasique, deux rhumatismes goutteux et 4 R. A. A.

Posologie

Dose fractionnée de 100 à 200 mmg. par jour en injections intra-musculaires, l'absorption buccale étant réservée au traitement d'entretien. Certaines précautions sont nécessaires : Diète chlorurée, correction de l’hypopotassémie, contrôle fréquent de la glycémie et surveillance attentive des troubles psychiques et hypophysaires.

L’insuffisance cardiaque, les tendances Siotenes le diabète, l’urémie, la sénéscence sont des contre-indications formelles à un tel traitement.

Incidents

L'administration d'A. C. T. H. provoque un certain nombre de signes qui peuvent obliger à interrompre le traitement. Les plus fréquents sont : l’acné, l’hirsutisme, la masculinisation de la voix chez. la femme, les vergetures cutanées et les aménorrhées. -

Quelquefois, on constate une hyperglycémie ou une glycosurie, une augmentation de la tension artérielle, une alcalose une diminution du potassium sanguin, une pigmentation cutanée, de l'asthénie et chez l’homme une diminution de la Libido et de la puissance sexuelle.

Enfin, les modifications psychiques consistent en excitations psychiques et euphorie et parfois on voit succéder des accès maniaques ou de dépression mentale qui, avec les signes rappelant la maladie de Cushing contraignent à l'interruption du traitement.

En résumé, on constate que le traitement par l'A. C. T. H. n’est pas dénué d’inconvénients et il semble que la technique d'administration de cette hormone doive être mieux précisé». - 11 importe également de déterminer la dose d’entretien susceptible de maintenir les bons résultats initiaux sans être nocive pour les malades.

Si une circulaire récente du Ministère de la Santé Publique annonce qu’une certaine quantité d'A. C. T, H. et de Cortisone pourra être réservée à la clientèle privée, ne peut que nous réjouir, entreprendre un tel traitement dit le Professeur MACH est toujours une aventure dans laquelle on ne doit pas sc lancer sans avoir examiné objectivement les avantages et hélas! les inconvénients. Car, si l'A. C. T. H. et la Cortisone sont des agents thérapeutiques extrêmement efficaces, ils posent un problème médico-psychologique sérieux et engage gravement la responsabilité du médecin, vu qu’un certain nombre de leurs effets restent encore obscurs,

Conclusions

Il ny a guère de règles définitives qui permettent de prescrire tel ou tel médicament à tel ou tel moment et souvent il est nécessaire de les employer les uns après les autres, afin de savoir lequel agit le mieux. Cependant, nous pensons que ie Manganèse, l’Huile Soufrée et l’Or, restent les traitements les plus indiqués du rhumatisme psoriasique, tandis que les grandes formes seraient justiciables à l'avenir de la Cortisone ou de l'A. C. T. H.

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