B. LES REGIMES
Devant l'impossibilité de trouver une étiologie précise du Psoriasis, divers auteurs se sont attachés à solutionner le pro- - blème en recherchant les troubles métaboliques qui l’accompagnent et dans ce but ils ont proposé la thérapeutique des régimes hypoazoté, hypochloruré et sans graisses. Ceux-ci ont été diversement interprétés et 8i SABOURAUD nie l'efficacité du régime dans le Psoriasis, par contre BUCKLEY aux Etats-Unis, bientôt suivi par BESNIER en France, reconnaissent son utilité.
a) Régime hypoazoté
C’est SCHAMBERG qui, en supprimant aussi complètement que possible pendant plusieurs mois toutes les protéines animales et végétales, s’en déclare satisfait. Mais il admet d une part, la difficulté de la mise en œuvre même en clinique sous surveillance, d'autre part, que les troubles protéiniques n'étant pas la cause du Psoriasis, mais la conséquence, priconise la nécessité d’une bonne hygiène alimentaire dans le traitement du Psoriasis.
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b) Régime hypochloruré
La constatation chez les psoriasiques d’un taux de Chlorure de Sodium plus élevé dans la sueur que chez les sujets normaux inspire à MM. LÉvIN et SILVERS (Médical Journal anûà record 1931) un régime hypochloruré composé exclusivement de fruits et de légumes dont les résultats sur trois malades furent très encourageants ; leur essai ne fut pas suivi par les dermatologistes qui s’attachèrent surtout à la question äu métabolisme des graisses dans le Psoriasis.
c) Régime sans graisses
La fréquence du Psoriasis dans les régions froides où la nourriture est riche en lipides a été signalée depuis fort longtemps. De plus, la diminution de la dermatose au cours de la guerre 1914-1918 où l'alimentation était pauvre en graisses a été observée par de nombreux cliniciens.
S'inspirant du fait bien connu que les squames du Psoriasis contiennent une forte proportion de Cholestérine et de lipoide, et frappé par la coexistence chez un même malade d'un Diabète, d'un Xantome nodulaire et d’un Psoriasis, GRUTZ fit doser les lipides du sang et trouva : Cholestérine : 2,80 %, Graisse : 27,05 %. En collaboration avec BURGUER, ils exposèrent au Congrès de Dermatologie de Budapest en 1935, les conclusions suivantes : augmentations fréquentes du taux de la lipémie soit à jeun, soit après épreuve de lipémie provoquée et l’hypercholestérolémie. Toute cette théorie reposant sur des arguments d'ordre biologique, chimique et clinique, amenèrent les auteurs à considérer le Psoriasis comme une Lipoïdose et à instituer le régime sans graisse qui, sans prétendre le guérir définitivement, contribue à l'améliorer grandement sans le secours d'aucune médication externe ou interne. Leurs essais portant sur 80 malades, les travaux de J. MEYER, les conclusions de GOUGEROT sur 15 cas, les bons effets constatés par PHOTINOS (dans la Dermatologische Wochenschrift, 27 juillet 1940), enfin les dernières observations de R. O. STEIN (Sem. des H6p,, 18 avril 1948) rapportant les cas de sujets vivant dans les camps de concentration où ils eurent à supporter la sous-alimentation habituelle des camps allemands en temps de guerre, principalement pauvres en matières albuminoïdes et matières grasses, où ils perdirent un poids extraordinaire, mais dont aucun n’eut de poussée d’acné, ni de récidive de Psoriasis, et qui à l’occasion de la Libération par les Alliés en 1945, vit
Hoi réapparaître des poussées de Psoriasis avec une alimentation normale. Tous ces faits plaident en faveur d’un rôle des graisses dans le Psoriasis.
La technique proposée par GRUTZ pour réussir comporte) : 1° L'observation stricte du régime ; 2° La prolongation pendant des semaines et souvent des mois ;
3° Une ration alimentaire ne contenant pas plus de 20 gr. de graisse pour un adulte et pas plus de 10 gr. pour un enfant. ;
Supprimer toutes les soupes, les viandes et les volailles grasses, les poissons gras, le jaune d'œuf, les matières grasses le laït, les champignons, le chocolat, noix et noisettes.
Sont permis . les petits potages, la viande de bœuf maigre, le lapin, le veau, le jambon maigre, le poisson maigre les sucres, jus de fruits, pommes de terre, farine de riz, semoule, pâtes, biscuits, lait écrémé et tous les légumes sans matières grasses.
Sur cette base il est facile de constituer un menu assez riche et assez varié pour le rendre supportable. C'est en expliquant au malade l'intérêt d'un tel régime, sans interrompre ses préoccupations qu’on finit par vaincre sa répugnation à un tel régime, qui, il faut le reconnaître, nécessite une certaine résignation de sa part pour accepter un plat de légumes sans huile ou sans beurre. Or, il est en effet indispensable qu'il le suive strictement, car la moindre infraction aux prescriptions compromettrait le succès de cette médication.
Il faut au moins trois semaines avant de présumer uñ échec et d’après un grand nombre d'auteurs, ce régime strict donne de bons effets ; mais la grande difficulté est que : Combien de Psoriasiques sauront-ils s'imposer une assez longue et sévère discipline pour en retirer un avantage parfois aléatoire ? Un point semble cependant acquis, c’est la nécessité de traiter conjointement suivant la recommandation de GOUGEROT, « les troubles gastro-intestinaux, les disfonctionnements glandulaires et les tendances arthritiques et goutteuses des Psoriasiques ».