C. VITAMINOTHERAPIE
Il est de bonne tradition parmi les dermatologistes, d'expérimenter tous les médicaments nouveaux et actifs contre les dermatoses particulièrement rebelles et d’étiologie mal définie. Le Psoriasis rentrant dans cette catégorie, le traitement par les vitamines devait immanquablement lui être imposé.
A ne
Dès 1936, M. E. PuLayx (Vienne) dans une communication à la Société de Dermatologie considérait cette affection comme une altération de l'assimilation provoquée par le manque de Vitamine B. D'après lui, le Psoriasis doit être traité soit par régimes, soit par hormones, soit par vitamine B suivant les cas. Les résultats obtenus suivant sa technique dans 850 cas, lui ont donné 75 % de guérisons, mais le complexe B n'eut à son actif que quelques résultats heureux et on s’orienta vers la vitamine C à doses fortes qui n'eut pas plus de succès. À cause des relations étiologiques du Psoriasis avec un facteur lumineux, KRAFKA en 1936, préconise la vitamine D. En 1937, E. T. CEper et L. ZON essayèrent la vitamine D à doses fortes sur 15 cas et obtenaient 11 guérisons dans des délais plus où moins longs allant de six semaines à cinq mois. Ultérieurement, BRUNSTING à la clinique Mayo (1938) puis E. A. THECKER signalèrent l’activité indiscutable de semblables préparations vitaminées. Enfin, récemment WHRIGTH en janvier 1941 relate l’action favorable de la vitamine D dans le Psoriasis,
À la suite des travaux américains, MM. HURIEZ et J, LE- BORGNE, constatant d’une part, la fréquence accrue de cette dermatose durant les dernières années de guerre, d'autre part, le déséquilibre phosphocalcique qui a caractérisé les régimes restrictifs de cette même époque, tentèrent avec quelques succès la cure vitamino-calcique à condition de ne pas l'administrer aux doses minimes susceptibles de compenser une carence, mais bien à des doses considérables, comparables à celles du traitement de CHARPY dans le Lupus tuberculeux. La vitamine D a été donnée par voie buccale dans un excipient alcoolique sous forme d’ampoules contenant 15 milligrammes de vitamine. Son absorption le matin à jeun, répétée tous les trois jours avec un nombre total allant de 12 à 15 ampoules suivant les cas. Sur 40 Psoriasiques ainsi traités, ils eurent :
1° Une action favorable sur 10 cas mais dont le blanchiement définitif a toujours exigé deux ou trois applications d’un réducteur ;
2° Une action sensible sur 18 cas ;
3° Une action nulle sur 12 cas ;
4 Et enfin, sur trois complications arthropatiques, deux furent guéries de façon inattendue.
En conclusion, disent les auteurs, nous avons enregistré de nombreux échecs, et notre prétention n’est pas aujourd’hui de présenter cette méthode comme une nouvelle thérapeutique du Psoriasis susceptible de détroner toutes les autres.
NET Je La \
none —
En définitive, cette médication n’a pas fourni les résultats attendus et c'est ce que confirme une réponse du British Medical Journal (6 mars 1948) à la question posée par le Professeur A. SCHMITZ, de Zurich : « Que devons-nous attendre du traitement du Psoriasis par la vitamine D ? »
« De nombreux articles ont paru ces dix dernières années dans la littérature médicale, particulièrement en Amérique, où peu ont été favorables à la méthode. De plus, ce traitement est dangereux car du fait des grandes doses, risque de gros troubles dans le métabolisme du Calcium et des dommages sévères pour le rein ; il ne doit donc pas être pas être employé dans le Psoriasis ».