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peu près caractéristique des six premiers mois de grossesse (rendant compte des états neurasthéniques, anxiétés, obsessions et peut-être des «envies » et des vomissements incoercibles) succède une hyperfolliculinie avec augmentation des sécrélions cortico-surrénale et thyroïdienne, caractérisant lapparition de manifestations mélancoliques. Cet excès folliculinique va être feiné dans le post- Jartum et, dès lors, un véritable conflit hormonal va surgir dans les deux zones baso et acidophile de Phypophyse. Cette lutte va éveiller à son tour de nouveaux protagonistes, la thyroïde en particulier. Dés lors, si la mère ne peut pas nourrir son enfant et dégager ses seins gorgés de lait, les stimulines hypophysaires vont dériver leur action sur la thyroide ou l'ovaire et on assistera alors à l’apparition d'accés maniaques ou anxieux. Au cas où la nouvelle accouchée voudrait nourrir son enfant sans en avoir les moyens, la zone pituitaire basophile s'exalterait en stimulations inopérantes et réalise- “ait la psychose mélancolique ou lépuisement.
-— En fait, l’imprécision de tous les dosages hormonaux dans lPurine et dans le sang représente un danger que dénonce DELAY (D 7). Cet auteur, reprenant le travail de -PORTES:-et. THOYER- ROZAT (P11) entreprend une étude cyto-hormonale (D 7) chez les femmes atteintes de psychose du post-paritum. Il constate alors la fréquente coïncidence de la guérison mentale avec l'apparition des premières règles authentiques (ce que WILSON avait déjà soupçonné - W 3). Poursuivant ses travaux (DS), il découvre un aspect histologique caractérise des psychoses puerpérales « Tout se passe, dit-il, comme si la présence d’un
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corps étranger (ici les débris de caduque) était un des éléments responsables de la psychose, comme s’il interrompait un circuit utéro-diencéphalo-hypophysaire ». Mais il ajoute la réserve suivante « Une fois déclenché, le trouble psychique peut parfois évoluer pour son propre compte ».
En somme, il est possible d'admettre, en l’état actuel de nos connaissances, que le mécanisme des psychoses puerpérales dites endocriniennes est triple :
- défaut de régénération de la muqueuse utérine ;
—— jrritation réflexe des centres de la base du cerveau ;
— participation endocrinienne multiple.
Traitement.
Le traitement des psychoses puerpérales est assez décevant et cependant de nombreuses méthodes ont été proposées :
Contre le facteur utérin, nous disposons d’un moyen simple : le curetage. DELAY cite le cas d’une malade qui, après la mort in-utéro du fœtus au second mois, présenta un accès confusomaniaque aigü qui résista à toutes thérapeutiqes. Il ne guérit, en définitive, qu'après évacuation de l’œuf mort par curetage. |
IL résulte, en fait, de l’expérience à la Cli-
nique neuro-psychiatrique de l'hôpital de Mustapha d'Alger, que les résultats du curetage ne sont Pas toujours décisifs, et de nombreux auteurs en arrivent aux mêmes conclusions.
— Contre le facteur endocrinien, il a été fait un large usage de Popothérapie. On a utilisé, avec des résultats variables, le sérum d'animaux gra vides (GUIRAUD), les extraits embryonnaires, l’opothérapie ovarienne (WILSON), les hormones mâles, les hormones gonadotropes (GUIRAUD-ABELY).
Peut-être des résultats plus satisfaisant ont-ils encore été obtenus avec les extraits anté-hypophysaires totaux (DELAY). Cependant, il faut bien dire que, dans l’ensemble, la thérapeutique endocrinienne des psychoses puerpérales n’a guère donné de résultats probants.
— En dernière analyse, comme le pensait déjà GUIRAUD (G8), l'élément essentiel semble bien plutôt nerveux que nettement glandulaire,, ce qui explique les résultats satisfaisants que donnent les méthodes thérapeutiques proprement psychiatri. ques telles que pneumothérapie cérébrale, cure insulinique, électro-choc.
I semble d’ailleurs que les bons résultats du curetage soient dus à son retentissement réflexe sur les centres de la base (DELA Y).
En bref, dans le domaine des psychoses puerpérales, il n’est pas aisé de définir la part du facteur endocrinien. On peut être assuré qu'il existe et qu’il est important, mais du fait même de la com-
plexité et de la variété des facteurs en présencé, on ne peut pas encore lui assigner sa place exacte et pour l'instant, le problème reste entier.
Titre IV. — LE SYNDROME DE SHEEHAN.
Définition.
Cette entité nosographique parfaitement individualisée, à laquelle SHEEHAN semble avoir définitivement attaché son nom, se caractérise :
— Histologiquement : par une nécrose plus ou moins étendue du lobe antérieur de lhypophyse.
— Clüologiquement : par sa survenue après un accouchement où un avorlement compliqués d'hémorragie grave et de collapsus.
— chniquement et biologiquement : par l’installation progressive et l’évolution grave d’un tableau d'insuffisance anté-hypophysaire auquel vont:s’associer de petits signes concomittants d’insuffisance pluri-elandulaire.
- enfin, sur le plan thérapeutique, par la QUE Ke AT : Dee ; possibilité de guérison complète sous l'effet d’une opothérapie substitutive précoce et même d’une
nouvelle grossesse,
Il s’agit donc là d’un syndrome si nettement dessiné qu'il semble la pure transposition sur le plan pathologique dun chapitre de physiologie (L 8) et constitue par le fait, un précieux appoint
À la compréhension des troubles endocriniens du post-partum et du post-abortum. C’est ce qui nous a incités à lui consacrer une étude détaillée.
Historique
On ignore généralement (R 6) que la première description du syndrome fut donnée en 1913 par L. K. GLINSKI. Cet auteur attira le premier l’attention sur certains symptomes liés à des lésions de la partie antérieure de la pituitaire, telles que les menstruations irrégulières, laménorrhée, Îes modifications sexuelles secondaires, la perte de la libido, l’atrophie des glandes sexuelles. Inspiré par les travaux de ERDHEIM et de STUMME (1809), il entreprit une étude post-mortem des pituitaires de plusieurs femmes aux diverses étapes de leur vie génitale et constata ainsi un accroissement pondéral de la glande, de la vierge à la femme enceinte suivi d’une lente involution après l'accouchement. Poursuivant ses constatations, il écrit : Qil se produit assez souvent dans l'hypophyse et pas aussi rarement que certains le supposent, des processus pathologiques variés, aboutissant à la destruction de larges zones glandulaires qui doivent nécessairement affecter grandement les fonctions de l’hypophyse ou même les abolir complètement ». Et il décrivit deux cas de nécrose post-partum de lanté-hypophyse.
Ce n’est qu’en 1914 que SIMMONDS publie ses premiers travaux (S 16). Il introduit la notion de « cachexie hypophysaire » et précise que cet état de maigreur extrême qui frappe indifféremment