CHAPITRE III
ETUDE SYNTHETIQUE DES TROUBLES ENDOCRINIENS DU POST-PARTUM ET DU POST-ABORTUM
Titre À. GLANDES: ENDOCRINES . ET GRAVIDO PUERPERALITE.
Avant d'envisager le mécanisme pathogénique des troubles endocriniens que nous venons d’étudier, il convient, par une étude d'ensemble, basée sur des données expérimentales el cliniques, d’envisager les diverses interrelations qui existent entre les principales glandes endocrines et l'état de gravido-puerpéralité.
Paragraphe A. — THYROIDE ET GRAVIDO- PUERPERALITE P—LestarisuCquis
Normalement, il se produit pendant la grossesse un certain degré d’hyperlrophie organique et fonctionnelle de la thyroïde. Décelable dans
70 % environ des grossesses selon SEITZ, elle devient manifeste vers le 5ème ou le 6ème mois. L'augmentation moyenne du poids de la glande serait d'environ 15 gr. (SEITZ). Cette augmen- {ation de poids résulterait à la fois d’une accumulation de substance colloïde et d’une prolifération cellulaire (ENGELHORN - WEGELIN).
En fait, ce n’est que tout à la fin de la Srossesse que s’installerait un état notable d’hyperthyroidisme (GOORMAGHTIGH et THOMAS) : c’est en tout cas ce que confirment les données histologiques, physiologiques et cliniques. C’est cet hyperthyroïdisme télégravidique qui serait responsable notamment :
— de laugmentation du métabolisme de base (LEVI) en fin de grossesse,
— de Pétat d’acidose gravidique (MARANON)
— des fréquents petits symptômes d'hyperthyroïdie que l’on observe au cours des derniers mois de la grossesse.
On a d’ailleurs pu mettre en évidence par des dosages
— Une augmentation de 40 % de l'hormone thyréotrope en fin de grossesse.
__ Une augmentation considérable à Ia même période de la sécrétion thyroxinienne et de l’iodé-
mie (ZENNER, DAVID et PHATAK, 1947).
in somime, un état d'hyperthyroïdie physiologique et progressive s’installe en fin de grossesse et on a même pu penser qu'un « état d'hyperthy-
rc LE
roïdie était nécessaire au déclenchement de l'accouchement » (BERNARD). Ainsi tout semble se passer comme si l’état de grossesse conditionnait une suractivité de la thyroïde. Sans cesse croissante, cette hyperthyroïdie évoluerait en deux phases : la première tolérée et compensée, l’autre paucisymptomatique et de moins en moins compensée, intervenant dans le déclenchement polyendocrinien du travail.
. Et cependant les rapports de l’hyperthyroïdisme avec la gravido-puerpéralité ont été très diversement appréciés (P 12) :
=— les basedowiennes sont-elles stériles (FRU- : HINSHOLZ, LUCIEN, PARISOT, RICHARD) ou hyperfécondes (MARANON, G. DREYFUSS) ?
En fait MUSSEY, PLUMMER et BOOTHBY n’ont noté que 22 grossesses sur 5.043 basedowiennes et CECIL JCLL affirme qu’il y à diminution de la fécondité.
— quoiqu'il en soit et dans l'éventualité d’une grogsdsse y-a-t{il intolérance réciproque {aggravation du Basedow pour SEÏTZ, SENDRAIL ({S 4). interruption de la grossesse pour SATTLER, PEN- DE), indifférence absolue (ANDERODIAS, CHAR- RIER), ou amélioration du Basedow (PINARD, TARNIER - J 3) ?
—— enfin à propos du post-partum nous retrouvons la même divergence d’opinions : disparition Gu réapparition du Basedow après l’accouchement ?