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LÉSIONS TROPHIQUES DE LA PEAU

Les lésions cutanées d'ordre trophique sont fréquentes, et leur étude montre combien il est artificiel de séparer la lèpre cutanée de la lèpre nerveuse.

Le rôle des nerfs est certain dans la genèse des pigmentations et des dépigmentations que l’on observe souvent au voisinage des filets nerveux, dans la formation des bulles de pemphigus que l'on observe si souvent au début des formes dites nerveuses.

On a signalé, et &’est une autre preuve de leur ôrigine trophoneurotique, des éruptions vésiculeuses dans le domaine cutané du cubital au cours de poussées de névrite

aiguë (Marneffe). Il faut les rapprocher de trois cas de zona thoracique observés au cours d’un traitement par l’hyrganol ou l’éparseno par Labernardie (Bull. de la Soc. de Dermatologie, nov. 1927).

Il faut citer les lésions que l’on observe au niveau des zones anesthésiques, où la peau devient sèche, écailleuse, souvent s’atrophie ; insister sur le vitiligo, le glossy-skin, la selérodermie et sclérodactylie, surtout sur l'atteinte des poils qui est peut-être en rapport avec des lésions des terminaisons nerveuses ; l’alopécie des sourcils, des cils, de la barbe est fort utile au diagnostic de la lèpre ; le cuir chevelu est respecté.

Les ongles sont fréquemment touchés : grisâtres, striés, cassants, ils se transforment en une griffe conique, mais dans la règle ils ne disparaissent jamais entièrement.

Les ulcérations trophiques ont des aspects multiples : fentes sèches que l’on voit au niveau des saillies osseuses ou articulaires, ulcérations succédant à des bulles trophoneurotiques, mélange de léprome et d’escarre cachectique (De Beurmann, Roubinovitch et Gougerot). Mais la plus importante de ces lésions trophiques de la peau est le mal perforant. Il est d’une grande fréquence : environ un quart des cas de lèpre. Il survient généralement de 4 à 10 ans après le début clinique de l’affection. Souvent multiple, il siège généralement à l’avant-pied, souvent à la plante au niveau de l’interligne métatarso-phalangien du gros orteil. Il peut siéger aussi aux mains, aux doigts ; débutant parfois par une bulle, parfois à l’occasion d’un traumatisme, mais plus souvent par un disque corné, le mal perforant est une ulcération taillée à pic, à fond atone recouvert de sérosité, qui se distingue de celui de la syphilis et du diabète par la nappe de thermoanalgésie qui l’encadre.

Amélioré par le repos, il est extrêmement tenace, et ses rechutes sont incessantes. C’est ce qui fait sa gravité, en dehors même des complications infectieuses ou d’une atteinte osseuse concomitante. Si, dans des cas d'infection

Jean Hesse LRU

associée, le sérum antistreptococcique peut avoir une action utile (Mosuke Murata), il semble que le seul traitement vraiment efficace du mal perforant soit la sympathectomie. Ozawa et Nojima, entre autres, en décrivent les heureux effets.

Le panaris analgésique s’observe dans le douzième environ des cas de lèpre. Il s'accompagne de vives douleurs, mais la sensibilité objective manque.

On observe aussi des gangrènes sèches. Tous ces phénomènes s’associant souvent aux lésions osseuses que nous allons étudier maintenant.

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