‹ Contribution à l'étude des troubles nerveux de la lèpreChapitre 24 sur 40 · LÉSIONS OSSEUSES · texte numérisé non relu

LÉSIONS OSSEUSES

Gangrènes sèches et momifiantes, panaris qui se terminent par la nécrose et font tomber les phalanges, ulcères térébrants, toutes ces inflammations chroniques, favorisées par l’anesthésie, sont causes de lésions osseuses (Harbitz). Mais il y a des lésions d’origine toute différente, et qui sont dues à la résorption progressive des os.

Cette résorption interstitielle des os (Bigois, thèse de Bordeaux, juillet 1920, Dubreuilh) atrophie d’abord les phalanges (spina leprosa de Lorand), elle s'étend aux autres os : Muir a cité un cas où tout l’astragale avait disparu. Parfois même elle constitue une véritable ostéomalacie Iépreuse : les mains, les pieds sont réduits à des moignons terminés par des vestiges unguéaux. Danielssen et Boeck les ont comparés aux pattes de phoque groenlandais. Les altérations du tarse constituent le pied bot hansenien, le pied « télescopé » caractérisé surtout par le raccourcissement de lavant-pied. Ces os fragiles se fracturent facilement, et se consolident par un cal exubérant.

Ces lésions osseuses peuvent être dépistées d’une façon précoce par les radiographies :

Hudellet et Moreau ont insisté sur le diagnostic précoce de la lèpre par les rayons X. Ils signalent :

+ SRE

— la transparence des épiphyses, leur aspect aréolaire surtout marqué aux phalangettes ;

— la persistance de certaines travées noires dans les diaphyses des phalanges ;

— l'existence de petites plages blanchâtres correspondant à des zones de grande décalcification.

Quand les lésions cliniques se sont accentuées, les alté-

rations les plus communes consistent au pied en :

— effilement et atrophie progressive des phalangettes ;

— effilement et atrophie des diaphyses des premières phalanges ; l

— fonte de la tête des métatarsiens avec effilement diaphysaire et disparition des deux surfaces articulaires métatarso-phalangiennes.

A la main, on note surtout l’effilement des phalanges, les ankyloses phalango-phalanginiennes ou au contraire une laxité anormale. |

On voit que l’ostéoporose prédomine souvent mais non toujours sur les phalangettes. P. Manson a insisté sur la résistance spéciale des extrémités articulaires. Enfin, à côté de l’amincissement en arêtes de poisson (Leloir), on signale diverses variétés de morcellement, de tassement, des sections à l’emporte-pièce.

A cette ostéoporose, comme le remarquent Delamare et Hassan-Chukri, s'associe un processus d’hyperostose : signalée particulièrement chez les sujets atteints de maux perforants, l’hyperostose se manifeste tantôt par des phénomènes de soudure, tantôt par une hypertrophie épi ou diaphysaire avec ou sans ostéophytes. Elle se voit souvent en l’absence de toute lésion tégumentaire, et relève peutêtre de la même cause spécifique que l’ostéoporose.

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