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Dans les périodes avancées de la maladie, le nerf devient insensible.
L'hyperesthésie des troncs nerveux s'explique par la nature inflammatoire des lésions. Quand il s’agit de filets sous-cutanés, la peau peut devenir rouge et sensible au moment des poussées de la maladie ; cet aspect inflammatoire se différencie de la lymphangite par les irradiations douloureuses.
Quelquefois l’inflammation s’accentue pour réaliser de véritables abcès des nerfs. C’est Arning qui, le premier, a apparenté à la lèpre la fonte nécrotique des troncs nerveux. Depuis, les observations se sont multipliés (Glück, Blaschko, Frugoni, Shiota, Muir, Cochrane, Lowe, Babes, Brunsgaard, Jadassohn, Marestang et Combemale). Nous rappellerons trois cas que décrit Cochrane dans le British Medical Journal :
Un indien présentait une tuméfaction un peu fluctuante dans la région du cubital, assez semblable à un neurofibrome ; une incision montra l’existence d’une masse seminécrotique, adhérente au nerf. Chez un autre indien une douleur cubitale aiguë, un nerf très épais, la peau rouge et chaude firent penser à un abcès ; mais on ne trouva que le nerf épaissi. Enfin, Cochrane signale chez ;un birman l'accroissement considérable du grand nerf huriculaire, épais comme le petit doigt, dur et tendu à la palpation.
De même, le malade de lobservation II semble avoir présenté il y a quelques mois des pseudo-phlegmons sans doute en rapport avec les troncs nerveux.
La possibilité d’abcès, stade ultime de l'hypertrophie, nous fait penser que la névrite lépreuse est de nature inflammatoire.
Pour montrer limportance de lhypertrophie cubitale, le problème diagnostique délicat qu’elle peut poser, et Pévolution vers la suppuration, nous allons rapporter une observation, que nous devons à l’obligeance du D' Garcin.
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ORSERVATION VII.
Mme X..:
Il s’agit d’une jeune femme originaire de la Guadeloupe ne présentant dans ses antécédents ni syphilis, ni paludisme, ni dysenterie, qui a ressenti deux mois après ses premières couches, c’està-dire en août 1922 des picotements au petit doigt gauche, en 1924 des douleurs à la face interne de l’avant-bras et de la main gauches. Jamais aucune douleur du côté opposé. L’atrophie de la main est apparue il y a-cinq mois environ; la malade souffre moins.
Nous croyons qu'il yaurait un cas de lèpre dans cette famille, et il faut rappeler l'existence de cette maladie à la Guadeloupe.
L'examen est pratiqué en juin 1925 :
La main gauche est de type Aran Duchenne à première vue, mais 1l y a uniquement une parésie du cubital très nette, vérifiée à tous les mouvements ; Signe de Froment très net. Le médian est cliniquement indemne à la main.
La main droite est indemne malgré sa maigreur, mais il n’y a aucun trouble clinique n1 électrique.
L’avant-bras gauche est légèrement amaigri. Le coude des deux côtés est fortement porté en dedans, déformation congénitale et familiale.
Rien à signaler aux membres inférieurs.
Le trajet du cubital gauche est douloureux jusqu’au point d’Erb. Le nerf est hypertrophié sans irrégularité de celibre. L’hypertrophie du nerf est très nette au-dessus lu coude.
Les réflexes semblent tous exister bien que faibles aux membrés supérieurs sauf les cubito-pronateurs. [ls sont normaux sans spasmodicité aux membres inférieurs. Des deux côtés les cutanés plantaires sont en flexion. Il n’y a pas de trouble sphinctérien.
Au point de vue sensitif on note l’anesthésie à tous les modes dans le domaine du cubital (totale au niveau du 5° doigt et du bord interne d2 la main, hypoesthésie marquée ailleurs). Pupilles normales. Pas de Claude-Bernard Horner. Rien dans Île domaine des nerfs craniens.
L'examen électrique donne les résultats suivants : atrophie
DM aE
et R. D. complète des muscles de la main gauche innervés par le cubital. Rien d’appréciable dans les muscles de la main gauche innervés par le médian et dans tous les muscles de la main droite. Les muscles de l’avant-bras gauche ne présentent rien d’anormal à l’examen classique ; le cubital antérieur présente cependant une certaine hypoexcitabilité sans lenteur. Les radiographies sont négatives : il n’y a pas de côté cervicale ni de lésion vertébrale. Les radiographes des coudes ne montrent aucune déformation. Le Wassermann dans le sang est négatif.
Tel est le tableau clinique en juin 1925. A cause du rôle possible d’un cubitus varus on intervient le 17 juillet 1925. On constate : hypertrophie fusiforme du nerf cubital avec par endroits deux petites nodosités kystiques du volume d’un grain de blé ; il n’y a pas de congestion excessive de la gaine et pas de sclérose périnerveuse. Le nerf est placé sur la face antérieure de lépitrochlée. Il n’a pas été pratiqué de biopsie.
Trois jours après l’opération on constate l’œdème des deux derniers doigts et des douleurs causalgiques dans le domaine du cubital. Elles sont améliorées la semaine suivante, mais lœdème persiste; en résumé petit syndrome sympathique, rapidement amélioré.
Les mouvements des doigts sont améliorés.
Le 17 octobre : syndrome de vaso-dilatation dans le domaine du cubital à la main et éruption érythémateuse à la face externe de l’avant-bras. Signe de l’éther positif.
Le Dr Garcin reste sans nouvelle de la malade pendant 7 ans. Il la revoit en 1932 pendant un court passage à Paris : les douleurs ont diminué; l’amyotrophie persiste, mais ne progresse pas. Par contre une énorme masse fluctuante, assez analogue à un abcès froid est apparue au dessus de l’épétrochlée.
Cette évolution à une extrême importance pour le diagnostic. Car l'hypothèse d’un gliome, soulevée par le chirurgien qui avait pratiqué l’antéposition du eubital, ne s'accorde guère avec évolution vers la suppuration. Et l'existence d’une lésion lèpreuse du cubital semble très probable.
Nerfs craniens
L’atteinte du facial est la plus caractéristique :
Par sa fréquence dans toutes les formes de lèpre, comme le montre une statistique de Lie qui porte sur 59 cas, ou la statistique de Boïiten sur la fréquence du lagophtalmus :
dans la forme maculo-anesthésique :