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LA LÈPRE DU SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

L'état des réflexes semble une preuve de lésions centrales dans la lèpre ; alors que le plus souvent, ils sont étonnamment conservés, on trouve, dans des cas qui ne sont pas rares, des signes nets d’irritation pyramidale : ceci s’observe surtout dans les cas anciens.

À vrai dire, ces lésions centrales semblent le fait de la névrite ascendante. Dans un cas typique de lèpre mixte, les coupes de moelle ne montrent d’altérations que dans la région cervicale. Les lésions, qui consistent en une pâleur des cordons postérieurs, et une atrophie des cornes antérieures, semblent nettement secondaire$ Au niveau du tronc cérébral, du cervelet, du cerveau, aucune lésion n’a été rencontrée.

Les troubles mentaux sont banaux, dus, semble-t-il, à la condition sociale des lépreux.

Le liquide céphalo-rachidien paraît normal, d’après la majorité des examens. : le bacille de Hansen si abondant au niveau des téguments et des nerfs, très exceptionnellement trouvé dans -le cerveau, n’y a jamais été rencontré.

Cette légèreté des lésions centrales, même médullaires, oppose anatomiquement la lèpre à la syringomyélie ; il est remarquable que deux affections différentes aient souvent une telle ressemblance clinique.

En l’absence très rare, sans doute, de signes cutanés de lèpre et d’hypertrophie des nerfs, la façon la plus élégante de distinguer cliniquement les deux affections, sera l’étude topographique des troubles sensitifs : le tronc est respecté dans la lèpre, atteint le plus souvent dans sa partie haute dans la syringomyélie. La topographie est névritique dans la lèpre, ou d'apparence segmentaire, et prédomine souvent aux membres inférieurs. Elle est radiculaire dans la syringomyélie et prédomine aux membres supérieurs. Il faudra aussi étudier l’éosinophilie sanguine et évidemment, rechercher le bacille de Hansen surtout après biopsie de la muqueuse nasale, d’un filet nerveux ou de la peau anesthésiée.

Lèpre et syringomyélie nous semblent être toutes deux, suivant les observations, à l’origine de la maladie de Mor-

van, qu'il serait plus exact alors d'appeler syndrome de Morvan. Quant aux descriptions originales du médecin de Lannilis, nous croyons qu’elles concernaient des cas de lèpre.

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