‹ Contribution à l'étude des troubles visuels post-hémorragiquesChapitre 13 sur 40 · RAD · texte numérisé non relu

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Cependant cette hypothèse qui pourrait être satisfaisante n’est pas confirmée par les faits : en effet d’une part l’autopsie n’a pas montré cet afflux de LCR dans la gaîne du nerf optique et d'autre part, WorMs dans sa thèse, après une remarquable étude de la tension du LCR, note que lorsque la tension artérielle baisse, la tension rachidienne ne subit aucune variation, et conclue « la perte de sang ne détermine pas d’abaissement durable de la tension rachidienne ».

LELIÈVRE rapporte dans sa thèse, l’hypothèse selon laquelle une même lésion cérébrale, au niveau des tubercules quadrijumeaux antérieurs serait la cause à la fois de l’hémorragie intestinale et de la lésion optique. Mais l’autopsie a montré l’absence de lésion du TQA.

Actuellement trois théories se disputent la pathogénie des troubles visuels post-hémorragiques

1° Théorie de l’ischémie réfinienne. — Les anastomoses entre les artères ciliaires courtes postérieures et les branches de l’artère centrale de la rétine, directement ou par l’intermédiaire du cercle de Haller, étant pratiquement négligeables, on peut considérer que les branches de l’artère centrale sont terminales.

La conséquence d’une hémorragie sera donc au niveau des cellules ganglionnaires de la rétine, une insuffisance d'apport nutritif; et comme ces cellules sont très fragiles comme tous les tissus nerveux hautement différenciés, elles dégénèreront. Cette fragilité particulière des cellules ganglionnaires, vis-à-vis de la diminution de l'apport sanguin à d’ailleurs été mise en évidence par BAGNIS (cité par LÆLIÈVRE) qui constata sur le lapin, une dégénérescence ganglionnaire après une demi-heure d'interruption de la circulation.

Cette ischémie rétinienne est favorisée et prolongée par l'affaissement des parois artérielles, cet affaissement pouvant être actif ou passif.

Actif, il est dû au spasme extrêmement fréquent en cas d'hyper ou d’hypotension artérielle comme en témoignent l’obnubilation visuelle passagère au cours de ces états, et l’expérience de REDSLOH (LELIÈVRE) qui, injectant de l’adrénaline

SuEg F 1e)

dans le vitré, constata que le spasme ainsi provoqué avait déterminé cécité et atrophie optique.

Passif, il est dû à l’hypertension oculaire relative, s’exer-

Gant sur la paroi des vaisseaux, en grande partie vidés de leur

contenu et hypotendus, augmentant ainsi la gêne circulatoire,

et par conséquent l'insuffisance d'apport nutritif. Une très

légère différence entre les tensions oculaires des deux yeux expliquerait ainsi l’unilatéralité des symptômes ou leur prédominance dans un œil.

MAGITOT pense que la pauvreté des échanges provoque une modification de la tension superficielle des éléments cytologiques dont la perméabilité se faisant désormais en sens contraire

permettrait à l’eau de quitter les cellules et de provoquer

l'œdème.

Pour DUPUYS-DUTEMPS seule est responsable la modification qualitative du sang.

SÉNÉCHAL critique cette théorie de l’ischémie rétinienne en faisant remarquer que

— les modifications de la TA et de qualité du sang existent dans beaucoup d’hémorragies qui ne sont pas suivies de troubles visuels, notamment dans les hémorragies traumatiques;

__ Jes formes avec héméralopie témoignent d’une atteinte de l’épithélium pigmentaire de la rétine, lequel épithélium est

nourri par le réseau vasculaire choroïdien dont les branches

ne sont pas terminales.

Cette théorie de l’ischémie n’explique pas les formes hémianopsiques. PINCUS, TERRIEN ont bien supposé que la pesanteur

favorisait la réplétion relative de la moitie inférieure de la

rétine et l’ischémie de la moitié supérieure d’où les cas très fréquents d’hémianopsie horizontale inférieure. Mais il ne sempas que cette explication soit très satisfaisante. En effet on ne comprendrait pas l'existence d’hémianopsie horizontale supérieure, dont nous rapportons une observation (n° 1), ni celle d’hémianopsies binasales ou latérales homonymes. D'autre part entre le moment où le malade a saigné abondamment et celui où débutent ses troubles visuels, il s’est écoulé en général un temps de latence, au cours duquel le sujet a été le plus

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