‹ Contribution à l'étude des troubles visuels post-hémorragiquesChapitre 8 sur 40 · RE RAT · texte numérisé non relu

RE RAT

S'ils ne permirent pas de donner des phénomènes une explication satisfaisante, ils eurent du moins l'avantage de faire constater l'intégrité du cerveau et la prédominance des lésions au niveau de la rétine, ce qui permit à TERSON, en 1894, d’exposer sa pathogénie de l’ischémie rétinienne.

Au début du xx‘ siècle, les auteurs constatèrent que les hémorragies de beaucoup de viscères autres que le tube digestif pouvaient se compliquer de troubles visuels, et CHEVAL- LEREAU, en particulier, étudia en 1903 les amauroses postmétrorragiques.

GŒRLITZ, en 1920, pratiqua une nouvelle autopsie.

TERRIEN, en 1921, signala un cas dû à une hémorragie traumatique, fait exceptionnel car jusqu'ici, il ne s'était toujours agi que d’hémorragie viscérale.

Enfin TERSON, en 1921, fit une mise au point de la question dans son rapport à la Société d’ophtalmologie de Paris.

Avec LELIÈVRE, en 1927, s’ouvrit l’ère de l’expérimentation complétée par WoRMs qui étudia plus généralement les accidents nerveux post-hémorragiques.

SÉNÉCHAL fit, en 1944, une nouvelle mise au point.

Depuis, de nombreuses publications ont paru (HARTMANN, FRANCESCHETTI, etc.).

Notre maître, Monsieur le Docteur DOLLFUS, ayant publié un cas très rare puisqu'il s'agissait d’une hémianopsie horizontale supérieure consécutive à une hématémèse, a bien voulu nous confier la tâche de rechercher d’autres observations dans les hôpitaux de Paris et de consacrer notre thèse à ce travail.

C’est ainsi que nous avons pu réunir cinq observations que nous devons à l’amabilité de Messieurs les Docteurs DOLLFUS, DUBOIS-POULSEN, HARTMANN, BLANCARD, WORMS et HUDELO.

Qu'ils nous permettent, au seuil de cet exposé, de leur renouveler nos très sincères remerciements et de leur exprimer notre profonde gratitude.

Nous tenons également à remercier Messieurs les docteurs

TZANCK, PARAF, CAROLI et MELKI qui nous ont aidé dans ce travail.

Qu'ils trouvent ici l'expression de notre profonde gratitude.

Étiologie

Il faut pour que des hémorragies générales (hématémèse, mœælena, métrorragie, etc.) se compliquent de troubles visuels, qu'elles surviennent chez des individus présentant déjà une sérieuse atteinte de leur état général.

WorMs, dans sa thèse, insiste sur le fait qu’une perte de sang, même abondante, survenant chez un individu sain, ne provoque pas de troubles nerveux. Et de même, les troubles visuels ne compliquent pas les hémorragies survenant chez des individus antérieurement sains. Il est remarquable que les abondantes hémorragies des blessés de guerre n'aient qu’exceptionnellement donné des troubles visuels.

DRÉVON, cependant, rapporte dans sa thèse que TERRIEN a observé, en 1914, une amblyopie bilatérale survenue chez un soldat ayant eu la jambe fracassée par un obus et ayant eu de ce fait une abondante hémorragie post-traumatique.

Les cas de ce genre sont rarissimes et l’on peut se demander si ce blessé ne souffrait pas antérieurement d’une atteinte viscérale non extériorisée.

Ces atteintes viscérales sont essentiellement d'ordre gastrointestinal (principalement hépatique) et génital chez la femme. Il est remarquable de noter que les hémorragies dues à un fibrome donnent bien moins souvent de troubles visuels que les hémorragies compliquant une grossesse (placenta prævia — hémorragies après avortement — hémorragie de la délivrance, etc.) : donc survenant sur un terrain bien plus modifié physiologiquement. De même, une déficience générale par cachexie, intoxication, tuberculose, prédispose aux troubles visuels posthémorragiques.

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