PONTS
Dans l'observation de Bory, c’est l'hypertension d’une tumeur cérébrale qui détermine le syndrome. Dans celle de Conto, c’est l'hypertension d’une hydrocéphalie idiopathique qui provoque l’apparition d'un syndrome de Weber, curable par ponction lombaire.
Nombreuses, on le voit, sont les causes qui peuvent réaliser de fausses hémiplégies alternes du type pédonculaire. Nous retiendrons en particulier la « grande simulatrice » qu'est la paralysie alterne supérieure hystérique. Les observations de Charcot, Stigier, Géraud et Remlinger, Pouchowsky sont venues confirmer le fait. Un certain nombre de signes aident cependant à dépister l’origine non organique du syndrome réalisé. La paralysie des membres présente les caractères de l’hémiplégie hystérique, si bien mis en évidence par Babinski et sur lesquels nous n'’insisterons pas. La paralysie apparente des muscles de l’œil est le résultat d’un spasme qui s’exagère quand le malade essaie de mobiliser sa paupière ou son globe oculaire.
Etiologie
Comme pour l’hémiplégie vulgaire, les causes sont multiples qui peuvent déterminer les syndromes pédonculaires.
Ce sont surtout :
a) Les lésions traumatliques rares à cause de la situa-
NA En
tion profonde des pédoncules. Des plaies par armes à feu ont été signalées, etc. (observations de Guillam et Houzel, Camard, Oberlin).
b) Les lésions inflammatoires par infections, intoxications. — Le rôle des maladies infectieuses ne doit pas être négligé, l’encéphalite, la grippe surtout (Oppenheim), la variole (Marfan), etc.
L’alcoolisme chronique semble jouer un rôle de premier ordre. D'autres intoxications ont été invoquées : l’oxyde de carbone, le tabac (Kalischer), les viandes avariées (Gutmann).
c) Les lésions vasculaires par hémorragie ou ramollissement. — Sans mentionner toutes les causes d’artérites, nous rappellerons l'importance prépondérante de la syphilis et le rôle des artérites aiguës de l'enfance, signalé par Marie et Guillain.
1° Les ramollissements du pédoncule, bien étudiés par d’Astros, succèdent rarement à une embolie de l'artère cérébrale postérieure. Le plus souvent ils sont consécutifs à l’artérite des petites branches nourricières ou des gros troncs. Les ramollissements limités aux régions antérieure et interne du pédoncule produisent un syndrome de Weber typique (oblitération de la première portion de la cérébrale postérieure).
Les ramollissements diffus (artérite de la cérébelleuse supérieure), s’accompagnent des signes des lésions de la calotte et quelquefois d’un syndrome de Weber bilatéral.
2° Les hémorragies peuvent être causées, soit par
Loge
rupture des artères irriguant le pédoncule, soit par rupture des vaisseaux qui le traversent simplement.
Le plus fréquemment, il s’agit d’une rupture des artères optiques postérieures qui détermine une simple hémiplégie avec syndrome alterne exceptionnel, ou d’une rupture des artères de la IIT° paire qui, si l’hémorragie est abondante, détermine un syndrome de Weber typique.
d) Les tumeurs sont relativement assez rares, surtout les tumeurs localisées.
Dans un certain nombre de cas, il s’agit de néoplasmes à allure extensive, englobant les divers organes mésocéphaliques, ayant diffusé de l’un à l’autre de ces organes.
Signalons les gliomes, les sarcomes et les gommes. Raymond et Cestan ont décrit un papillome primitif épithélioïde de la pie-mère, ayant envahi les deux pédoncules cérébraux.
Dans l’observation de Weisenburg, il s’agit d’un gliome englobant le cervelet, la partie postérieure du bulbe, de la protubérance, du pédoncule cérébral, et le segment postérieur de la capsule interne.
Mais les tubercules sont de beaucoup les plus fréquents des tumeurs pédonculaires. Raviart a recueilli 43 observations de tubercules du pédoncule, Allen Starr en a observé 16 sur 21 cas de tumeurs pédonculaires. D'’Astros et Hawthorn, Guinon, Buéri en ont également signalés.
C’est aux tubercules que sera plus spécialement consacré ce travail.