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laires y sont nettement séparés les uns des autres ; il existe là une sorte de léger œdème dans lequel on distingue bien un réliculum, formé de trabécules. Au milieu même du centre, on rencontre souvent une masse de protoplasma, à peine différenciée, mal colorée, renfermant de gros noyaux, la plupart allongés, clairs, quelques-uns en mitose.
Un peu en dehors, on trouve des éléments peu teintés, à noyau grand et clair, qui sont fréquemment aussi en division karyokinétique : ce sont (es cellules germinatives de Flemming. :
Les /ymphocytes, serrés les uns contre les auires,s’entassent à la périphérie, Leurs noyaux, plus vivement colorés, donnent à cette région une teinte plus sombre. Là l'aspect réticulaire est difficilement visible.
En plus des lymphocytes, on remarque beaucoup de grosses cellules plasmatiques à cyloplasme bieu coloré, à noyau peu distinct, avec grains chromatiques : ce sont des plasmazellen. Elles sont éparpillées indifféremment, sans syslématisation autour des vaisseaux. [1 y a aussi des polynucléaires et des macrophages, mais en très petit nombre. Les phagocytoses sont du reste rares.
Enfia, dans ces follicules, çà et là se laissent voir quelques hématies et quelques capillaires.
En somme, ce sont là tous les éléments bien groupés en ordre, d'une formation folliculaire typique.
> La sclérose.
Le tissu fibreux s’est développé démesurément, La gaine d’enveloppe est considérable, les puissantes travées qui s’en détachent pénètrent entre les faisceaux musculaires et dans ces faisceaux même, entre les fibres ; elles entourent, enserrent, étouffent le tissu musculaire pour le dissocier,pour le faire disparaître en fin de compte, Cette prolifération fibreuse intense est surtout remarquable à la périphérie et donne, de prime abord, aux coupes, l'apparence d’une pachyméningite de la moelle.
A.-A. Heurtel 5
[s’agit ici d'un tissu fibreux adulte. L'activité de sa prolifération est attestée çà et là par la présence entre ses fibres des noyaux ovalaires au milieu d’un hyaloplasme amorphe.
30 Les vaisseaux.
Les gros vaisseaux sont sains,leur lumière est normale et leurs différentes tuniques n’ont été l’objet d'aucun processus pathologique appréciable,
Les petits vaisseaux, au contraire, sont lésés, toutefois, ils ne présentent pas de grands désordres ; il n’y a point d’endartérite vraie avec prolifération intense des couches endothéliales et sous-endothéliales, obstruant la lumière vasculaire, lésion si commune dans la syphilis. Les lésions vasculaires, quoique légères, sont cependant très apparentes et témoignent de l’état inflammatoire des muscles. La couche endothéliale est,en effet, enflammée, 1l y a prolifération des cellules endothéliales,d'ordinaire espacées, allongées, régulières autour de la limite du vaisseau ; elles se sont multipliées, elles font saillie, irrégulièrement, dans la lumière, elles montrent un proloplasma plus abondant que de coutume, un noyau hypertrophié. Enfin,des diapédèses assez fréquentes sont faciles à observer à la périphérie; également, certains vaisseaux présentent une réaction de cel lules conjonctivesqui sont plus nombreuses etplus voluinineuses,
4° Altéralion des fibres musculaires,
Certaines fibres musculaires ont conservé un état d’intégrité parfaite. Elles se colorent bien, présentent leur situation ordinaire ; elles sont donc restées indifférentes aux désordres du voisinage; on connaît du reste la résistance du muscle dans les affections chroniques.
Certaines fibres ont cependant réagi à l’inflammation et laissent voir des noyaux de leur centre.
D'autres fibres, dissociées par la sclérose, ont été complète ment détruites, et remplacées par du tissu fibreux. Pour bien étudier la dégénérescence musculaire, il faut examiner des coupes longitudinales : là on voit bien les fibres attaquées par le processus inflammatoire (cellulaire et scléreux) ; par places
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“ælles sont véritablement sectionnées ; par places elles deviennent “onduleuses et présentent des teintes variées ; par, endroits elles perdent leur couleur ocre et deviennent roses ; en d'autres, “elles ont un aspect moiré,; enfin çà et là elles perdent leur “aspect strié; tous ces faits appartiennent à la dégénérescence vitreuse de Zenker.
On découvre aussi, de temps en temps, une multiplication légère des noyaux de la fibre, qui indique une régénération musculaire.
En résumé, nous venons de voir dans un muscle des lésions nodulaires, composées de cellules inflammatoires, avec réaction intense du tissu fibreux, réaction légère mais réelle des vaisseaux.
Ces lésions, décrites dans le muscle droit inférieur, se retrouvent dans le droit interne, le droit supérieur et le grand oblique, mais à un degré bien moins marqué.
Recherches bactériologiques dans les coupes. — 1° Recherches -des différents microbes des suppurations : négatives;
2e Recherches du bacille de Koch : négatives ;
3° Recherches du spirochète de Schaudinn : négatives ;
4° Recherches du sporotrichum Beurmanni : négatives.
Il s'agit, avons-nous dit, d'une myosite nodulaire ; on ne peut pas hésiter sur la nature histologique des lésions ; il faut “donc écarter toute idée de tumeur maligne.
L'aspect réticulé des nodules pouvait tout au plus faire pen- -ser au lymphadéaome. Le nodule 1lymphadénomateux consiste “bien en mailles de fibrilles dans lesquelles s'accumulent d'innombrables lymphocytes; mais ces lymphocytes se développent en masse, sans aucune orientation; et c'est là le caractère très important qui sépare du lymphadénome notre cas, qui se dis- ‘tingue par la présence de follicules Iymphoïdes-types avec ‘lymphocytes bien ordonnés autour d’un centre clair.
11 n'existe du reste aucune modificalion leucémique du sang -chez notre malade, Il n’y a aucune adénopathie ; rien du côté
-de la rate. Il s’agit donc bien d’une myosite, c'est-à-dire d'une
inflammation. Mais quelle est la nature de cette inflammation ? Il ne peut être question que d'une inflammation chronique : l’évolution de la maladie le prouve; la constitution des lésions l'atteste : nodules composés de lymphocytes. Mais les lésions décrites ne sont pas spécifiques pour une infection, et la solution du problème ne pouvait être résolue que par la bactériologie qui ne nous a fourni que des résultats négatifs. Ainsi, une réponse ferme est impossible à donner.
S'agit-il de tuberculose, de mycose ou de syphilis.
Tuberculose. — Lg tuberculose, pensent les auteurs, semble peu probable. On n’y trouve ni cellules géantes, ni cellules épithélioïdes, ni bacilles de Koch.
Mycoses. — Dans une mycose il y aurait plus de polynucléaires, plus de macrophages; la phagocylose serait plus marquée. Enfin, on n'a pas trouvé les spores du sporotrichum Beurmann et la séro-agglutination sporotrichosique a été négative.
Syphilis, — C'est le diagnostic qui semble le plus probable, Les auteurs établissent une comparaison entre le cas de Busse et Hochheim et le leur. Cliniquement, les deux cas sont différents, mais histologiquement, ils présentent de grandes analogies. Dans les deux cas : amas de petites cellules, étendues, diffuses, infiltrées entre les fibres musculaires, mélange d'’infiltration cellulaire et de tissu de sclérose, dissociation, étouffement des muscles à la fois par des foyers inflammatoires et par l’hypertrophie des tissus fibreux. Dans le cas décrit, 11. n'existe pas de cellules géantes, mais il y a des foliicules bien linités ; 11 y a des lésions musculaires, faits qui plaident en faveur de la syphilis. La présence de vaisseaux dans Jes follicules, la sclérose intense sont aussi en faveur de la syphilis. Nous serions plus affirmatifs si les vaisseaux avaient été atteints plus profondément, si les plasmazellen au lieu d’être disséminées, avaient élé groupées autour des vaisseaux.
Sans doute, les recherches du spirochète dans Jes coupes sont restées infructueuses, le traitement, peu intensif toutefois, n’a pas agi.