ÉPITHÉLIOMAS DES MUSCLES DE L'ŒIL
Les épithéliomas des muscles de l'œil sont naturellement secondaires.
La tumeur primitive qui leur donne naissance peut être voisine du muscle, et dans ce cas, sa propagation se fera de proche en proche, comme il arrive pour l’épithélioma du sein ; elle peut avoir un siège éloigné: les métastases apporteront alors au niveau des muscles les cellules épithéliales.
En ce qui concerne les muscles de l'œil, nous avons rapporté dans une observation personnelle (voir obs. XXI) un cas d'épithélioma cylindrique à forme glandulaire. Les différents organes de l'orbite étaient atteints, et les parois osseuses elles-mêmes n'étaient point épargnées.
Sur des coupes du muscle droit externe, parliculièrement touché, nous avons rencontré deux noyaux épithéliaux, formés d’alvéoles, rappelant de tous points ce que les anciens auteurs décrivaient sous le nom de « carcinome ». Cette disposition remarquable des cellüles épithéliales en îlots fait naturel-
lement penser qu'elles furent apportées par métaslase, En effet, sur les nombreuses préparations examinées, il nous fut impossible de suivre pas à pas la progression de l’épithélioma ; aucun indice, l'existence d’une trainée cellulaire, par exemple, ne permet de supposer que Ja tumeur s’est étendue de proche en proche. Il est donc permis d'interpréter le fait de la façon suivante : les éléments cellulaires partis d’un organe voisin, la glande lacrymale sans doute, auraient été amenés dans le muscle par métastase.
Ce mode d’envahissement, que l’on a coutume de considérer comme réservé aux longues distances, nous paraît être en jeudans notre cas, malgré le voisinage des organes intéressés.
Quant aux tumeurs épithéliomateuses des muscles de l’œil secondaires à un épithélioma des paupières ou des organes voisins, elles sont fréquentes et bien connues ; aussi ne retiendront-elles pas notre attention. Leur étude n'offre, en effet, aucun intérêt particulier, au point de vue de la pathologie spéciale des muscles de l'œil.
Nous terminerons cette étude des tumeurs malignes des muscles oculaires, par l’analyse du cas d’Aubineau. En 1902, cet auteur donna la description h.stologique d’une tumeur du muscle droit externe. Les cellules, qui la constituaient, rappellent nettement les cellules épithéliales, mais leur disposition générale fait penser qu’il pourrait s’agir de sarcome
Soit thélioïdes.
Actuellement, la théorie de la spécificité cellulaire stricle est combattue par quelques anatomo-pathologistes distingués. ;
[ls démontrent, en fournissant des preuves impressionnantes à l’appui de leur thèse, que l’on peul rencontrer, dans quelques épithéliomas, certaines formations, myxomateuses en particulier, rappelant entous points des néoplasmes d’origine conjonctive. Ces différentes considérations nous permettent de penser qu'il s'agissait, dans le cas d’Aubineau, d’une tumeur d’origine épithéliomateuse, dont le point de départ ne fut pas mis en évidence. Quoiqu'il en soit, nous estimons qu'il est sage de s’en tenir, jusqu'à nouvel ordre, à la loi de Rathke: « Que l’épithélioma ne peut se développer aux dépens de formations qui ont diré leur origine du feuillet moyen. »
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