‹ Contribution à l'étude des tumeurs des muscles extrinsèques de l'œilChapitre 36 sur 39 · OBS · texte numérisé non relu

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puisqu'elle démontre qu’on nepouvait enlever lekyste: sans enlever du même coup le muscle et exposer, d'une manière inéluctable, l’opéré, à un strabisme:-

convergent définitif ».

2° Xystes à cysticerques des muscles de l'œil

Dans les pays comme l’Allemagne,oùlecysticerque de l’œil et deses annexes est d'observation courante, les auteurs ont rarement signalé sa localisation dans. l'orbite. |

Il n'existe, en effet, dans la littérature médicale, qu'une dizaine de cas de ce genre, et deux fois seulement la présence du parasite dans un muscle de l'œil a pu être constatée. | KA

Kruedener le premier, en 1905, vit un cysticerque se développer dans le droit interne, on en chercherait vainement d’ailleurs la description complète. Pascheff(voirob. XIX) publie avec quelques détails, en 1908, une observalion relative à un cysticerque qui était apparu sous la conjonctive de la commissure externe de l’œil gauche au voisinage des insertions du muscle droit externe.

La tumeur, grosse comme un pois,donnait la sensation de mollesse spéciale à ces kystes et adhérait au plan sous-jacent. Cliniquement, il n’existait pas de phénomènes inflammatoires, comme on le voit d'ordinaire dans les kystes cysticerques de l'orbite, mais une simple rougeur modérée de la conjonctive.

Il n'y avait ni insuffisance fonctionnelle du muscle,

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ni diplopie, le malade se plaignait seulement d'une gêne iégère dans le regard à droite. F

Au cours de l'opération, Pascheff remarqua les adhérences unissant le kyste au corps musculaire. L'examen histologique du kyste enlevé, fit voir nettement la membrane adventice,la vésicule avec le scolex du parasite.

L'infiltration cellulaire des couches les plus internes de l’adventice par de nombreux lymphocyles, des myélocytes éosinophileset des mastzellen, apparut à l'examen microscopique.

Dans les parties périphériques, où cette infiltration élait moins accentuée, l’auteur put reconnaître sur les coupes de nombreuses fibres musculaires appartenant au droit externe.

Les caractères du cyslicerqué sont suffisamment tranchés pour le reconnaître facilement ,lorsqu’ilapparaitra, comme dans le cas de Pascheff, sous la conjonctive bulbaire. Sichel en a magistralement tracé la description : (Tumeur kystique, rose pâle,presque diaphane, où l’on reconnaîtra dans la majorité des cas un disque blanchâtre ou jaunâtre circonscrit, se déplaçant latéralement dans une certaine étendue, mais adhérant au plan profond. »

Ces caractères des cysticerques sous-conjonctivaux sont également ceux des cysticerques des muscles, Ceux-ci se différencient,en outre, par les adhérences intimes qui unissent le kyste aux fibres musculaires. La recherche des éosinophiles dans le sang, pourra peut-être, surtout si le parasite est un hôle ancien,

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rendre ici quelques services pour le diagnostic de la nature du kyste.

» L'examen du sang montrera une augmentation, très faible il est vrai, du nombre des éosinophiles (4 0/0). I1ne semble pas que le cysticerque de l’œil, du moins au début de son évolution, puisse provoquer une éosinophilie de nature à aider à son diagnostic, comme les kystes hydatiques » (Dupuy-Dutemps).

Traitement. — Citons pour mémoire l’usage de pommades antihelminthiques que Sichel appliquait à la surface de la vésicule pour tuer l’entozoaire.

Un progrès semble avoir été fait dans la thérapeutique des cysticerques oculaires depuis les recherches de de Renzi et de Dianoux.

De Repzi a publié en 1908, plusieurs observations chez l’homme, où le seul traitement interne par ingestion prolongée d’extrait éthéré de fougère mâle, avait suffi pour déterminer la mort du parasite et la guérison définitive.

Après lui, Dianoux, en 1y10,a obtenu les mêmes succès chez trois de ses malades présentant plusieurs cysticerques, l’un intra-oculaire, l’autre sous-cutané et très probablement un troisième encéphalique. Très rapidement, on put constater à l’ophtalmoscope la diminution des mouvements de l’entozoaire, au bout de quelques semaines les parasites étaient morts, ils disparurent ensuite par résorption lente : la guérison fut complète.

Dupuy-Dutemps n’a pas été aussi heureux. Dans un cas de cysticerque sous-rétinien, la médication

prolongée durant un mois, resta sans résultat, et on ne constatait aucun affaiblissement de la. vitalité du parasite. De nouvelles recherches semblent donc nécessaires, pour établir définitivement la valeur du traitement médical. Dans tous les cas, il sera prudent de surveiller la malade en épreuve et de suspendre la médication à la moindre alerte: l’on connaît en effet, l’action toxique de l’extrait de fougère mâle sur les nerfs optiques.

En cas d'échec du traitement médical, l’extirpation reste le procédé de choix.

Dans le cas d’un cysticerque d’un muscle, les adhérences du kyste aux fibres musculaires, qui sont toujours très marquées, pourront rendre l’extirpation difficile. Au reste, si celle-ci paraît impossible sans compromettre gravement la fonction du muscle, il ne faudra pas insister. Après avoir enlevé, sans la rompre. si cela est possible, la vésiculie elle-même, on fera un grattage consciencieux de la pari fibreuse

adventice.

3° Kystes à trichines

La trichine adulte est un petit ver blanc, invisible à l'œil nu, elle vit dans l'intestin grêle où sa pullulation détermine des symptômes gastro-intestinaux, des accidents à allure rhumatoïde ou typhoïde, des œdèmes et des ulcérations cachectiques. Sa larve à pour habitat normal le tissu musculaire et les muscles de l’œil sont souvent atteints par elle.

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Les auteurs ne sont pas d’accord sur le point précis d’enkystement de la larve.

Pour les uns, elle se logerait à l’intérieur du muscle. Il semble actuellement démontré, depuis les recherches de J. Chatin, que le parasite s'arrête non dans le muscle. mais dans le tissu conjonctif interfasciculaire qui réagit comme autour d’un cysticerque. Il produit une irritation des fibres musculaires qui s’hypertrophient. Bientôt, il se montre entouré d'une masse granuleuse renfermant de nombreuses cellules embryonnaires. Peu à peu il grossit, s’enroule en spirale et s’entoure d’un kyste, qui n’appartient pas à l'embryon, mais qui est constitué par la réaction inflammatoire du tissu environnant.

Parvenus à leur état de déveléppement compiet, les kystes ont la forme d’un citron, leur coloration est blanche. LT

Daus le muscle, les embryons vivent plus ou moins longtemps. Chez l’homme, il en est qui atteignen cinq, dix et même vingt-qualre à vingt-cinq ans, mais en général la calcification s'empare des kystes au bout de quelques mois ou de quelques années.

Parmi les auteurs qui ont rapporté des cas de kystes à trichines dans les muscles de l’œil, on trouve surtout des auteurs allemands. On sait, en effet, qu’en Europe, c’est en Allemagne que la trichinose sévit le plus.

Favre, Bischoff, Kühn, Forster, Maurer (cités par. Pascheff) et d’autres, ont signalé des cas de trichines

des muscles de l’œil, qui avaient déterminé non des

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signes de tumeur, mais des phénomènes inflammatoires consistant en un gonflement œdémateux” des paupières et de la conjonctive bulbaïire. Maurer a signalé un cas dans lequel il s'était produit de Pœdème du tissu cellulaire de l'orbite, d’où apparition d’une exophtalmie. à

Le traitement des larves enkystées des muscles de l’œil semble bien illusoire : si l’on a la bonne fortune de trouver le kyste, il faudra immédiatement en faire l’extirpation.

Nan

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