BEAUTE
Les parties constituantes des muscles sont altérées, non seu— 4ement celles de la fibre contractile, mais encore le tissu conjonctif interstitiel (périmysium interne et externe) ct les vaisseaux ,
Contenu du sarcalemne. — Il a perdu sa striction transversale, Dans les formes les moins altérées, la substance contractile est un cylindre à surface assez régulière; examiné à un grossissement faible, il est homogène apparemment et accuse une fine striation longitudinale à un fort grossissement.
Dans les fibres les plus altérées, le faisceau central se réduit et finit par disparaître.
Les noyaux. — Il existe donc une atrophie progressive de la substance contractile. Quant aux noyaux, ils se détachent toujours du sarcolemne et suivent plus où moins le retrait de la substance contractile. D'une manière générale 1l y a tendance à l’atrophie ; mais il existe en même temps des phénomènes de multiplication, de régénération, qui peuvent même aboutir à de faibles essais de régénération de substance musculaire striée.
Le sarcolemne. — Il] montre une résistance très grande au milieu de ces processus dégénéralifs. On n’y découvre plus ses noyaux propres, Îl est épaissi ; au fur et à mesure que la substance contractile s’atrophie, se plisse, se ratine de plus en plus.
Le périmysium externe subit une dégénérescence hyaline prononcée.
Les vaisseaux sanguins sont allérés. Les parois artérielles sont fortement épaissies et ont subi par place la dégénérescence
hyaline,.
OBSERVATION III (Résumée)
(0. Brugger, Archiv. für Augenheilk, XX VIH, 3$.,282, 1894).
Dégénérescence hyaline et amyloïde avec ealcification et ossification dans un muscle oculaire consécutivement à un traumalisme .
IL s'agissait d’une personne de cinquante-sept ans qui avait reçu dix-huit ans auparavant un traumatisme sur l’œil droit, Consécutivement à ce traumatisme, il se développa dans le muscle frappé (droit supérieur), une tumeur, Avant l'apparition de la tumeur, le droit supérieur était paralysé ; il y avait aussi du plosis.
La tumeur ful enlevée et le tendon du droit supérieur suturé avec le fascia orbitaire. Au moment de l'opération, on s’assura que la tumeur siégeait en plein muscle, laissant intacte les deux extrémités de ce muscle. Après l'opération, le ptosis avait considérablement diminué,
L'examen microscopique montre dans la région de la tumeur que les fibres musculaires étaient remplacées par du lissu conjonctif ayant subi la dégénérescence hyaline, avec une véritable
«ossification.
OBSERVATION IV (Résumée.)
(Schweinitz et Weiggs, The American Journal of medical
science, 1894, August. p. 193.)
Sarcome métastatique des musctes extrinsèques de l'œil.
I s'agissait d’un malade, mort desarcome globo-cellulaire du médiastin antérieur, avec de nombreuses métastases dans le
cerveau, les deux choroïdes, les nerfs moteurs de l’œil, les nerfs optiques, le muscle droit inférieur du côté gauche, et le muscle droit interne du côté droit,
Examen des muscles du côté gauche. — Le muscle droit externe, le droit interne, le droit supérieur et le releveur de la paupière supérieure sont normaux en apparence ; le petit oblique n’est pas compris dans la coupe. Le droit inférieur renferme un noyau sarcomateux, comprenant à peu près un tiers de la coupe du muscle, situé à la partie supérieure de la coupe et qui présente le tableau parfait de linfiltration par les cellules rondessarcomateuses. Les fibres musculaires sont littéralement remplacées par le tissu néoformé, tandis que la gaine de tissu aréolaire recouvrant le muscle tout entier dans la zone malade, est criblée d'éléments néoplasiques qui s'étendent au tissu cellulaire environnant de l'orbite. Dans sa plus grande étendue, la zone malade est nettement séparée des portions saines du muscle, bien que, par places, des traînées de cellules courent à une faible distance dans les zones voisines le long du périmysium interne, La coupe du grand oblique montre en un ou deux endroits, dans le voisinage des vaisseaux sanguins, des collections de cellules lymphoïdes plus grandes, représentant probablement des petits foyers d'infiltration sarcomateuse.
Examen des muscles du côté droit. -- Les muscles qui suivent sont compris dans la coupe : droit supérieur, releveur de la paupière, un fragment du grand oblique; le droit interne et et le droit inférieur. Ces parties ont échappé à l’infiltration sarcomateuse, à l’exception du droit interne qui renferme deux noyaux de tissu malade exactement semblables à celui qui a été décrit dans le droit inférieur gauche.
Les branches du ‘nerf moteur innervant ce muscle ne sont pas entourées par les cellules sarcomateuses, mais les fibres primitives ont été séparées par les éléments néoplasiques, précisément de la même façon que le fait s’est produit dans la plus grande partie des deux nerfs de la troisième paire.
L'intérêt que présente ce cas, d’après les auteurs, réside dans l’envahissement des muscles oculaires, et des nerfs optiques, car, d'habitude, ces tumeurs enveloppentles muscles et les nerfs, mais ne les pénètrent pas.
Quant au mode de propagation du sarcome dans les muscles oculaires, les auteurs admettent, qu’il se fait par les fibres du moteur oculaire commun. De plus, les auteurs croient que la métastase, dans les muscies oculaires, est possible dans le sarcome du médiastin et peut se traduire par deux symptômes : l'exophtalmie et le nystagmus.
OBSERVATION V {Résumée)
(Lodato, Archivio di Oltalmologia, ann. IV, vol IV, sept. oct. 1896.)
Fibromyome de l'orbite
La tumeur a été observée chez un malade de cinquante-deux ans, présentant à la base de l’orbite, dans la région de la paupière supérieure droite, une tumeur ronde, recouverte par la peau normale, en contact, en haut, avec le rebord orbitaire, et en bas, s'appuyant sur l’œil qui était repoussé.
Cette tumeur, de consistance élastique, est facile à dévier dans le sens latéral ; elle est immobile de bas en haut, car elle est très limitée par la paroi orbitaire supérieure, sur laquelle elle paraît assise.
L’œil est normal, sauf un certain astigmatisme dû à la com pression.
Le professeur Angelucci hésite entre le diagnostic fibrome et celui d’une production kystique, et conseille l'opération.
A.-A. Heur!el | 2
L'intervention permet d'isoler facilement la tumeur des parties voisines, sauf au niveau de la paroi orbitaire supérieure, à cause des adhérences de la tumeur avec le squelette.
L'examen anatomique de la pièce, montre qu’ils’agissait d’une tumeur dure, d'un tissu blanc rosé, possédant une capsule fibreuse épaissie, sauf dans le point où elle adhérait au squelette,les parties périphériques de la tumeur se composent essentiellement de tissu conjonctif avec quelques fibres-cellules musculaires.
Dans les parties centrales, la tumeur est formée surtout de fibres musculaires lisses s’entremélant en directions différentes ; en quelques places, les fibres musculaires longitudinales et celles qui sort verticales sont disposées de telle façon, que le tissu prend à la coupe l'aspect alvéolaire. En faisant une section comprenant toute la tumeur, colorée avec l’hématoxyline éosine, même à l'œil nu, on peut se rendre compte approximativement de la disposition de la partie de la tumeur où prédomine le tissu fibreux et de la partie qui est essentiellement composée de tissu musculaire lisse. Les régions périphériques de la tumeur sont surtout colorées par l'éosine, tandis que dans les parties centrales et paracentrales, on observe différentes petites iles colorées en violet par l'hématloxyline ct correspondant aux endroits ou prédomine le tissu musculaire; vers la partie où la tumeur correspond à la paroi orbitaire supérieure, les fibres. musculaires lisses se rencontrent en nombre discret jusqu’à Ja périphérie.
Les petits îlots de tissu musculaire sont séparés du tissu fibreux, au milieu duquel on observe quelques faisceaux de fibres-cellules musculaires, plus nettes que dans les parties où ces faisceaux sont accumulés. La tumeur est peu vascularisée : les sections des vaisseaux, sur aucun point, ne présentent l'hyperplasie de la tunique musculaire.
En quelques endroits, où le tissu fibreux est en prédominance, les fibrilles connectives sont entre elles éloignées, le tissu évidemment est œdémateux ; on y observe des cellules ramifiées
et éloilées et des déchets (détritus) granuleux, probablement des restes d'éléments de la tumeur,
Dans ces points, la tumeur ressemble au myxome, cependant, la coloration avec la safranine aqueuse, faite sur plusieu rs coupes, ne me donnait pas la réaction de la mucine.
Et je crois qu il convient mieux de considérer celte partie de la tumeur comme un fibrome œdémateux, comme un vrai et véritable myxome ; toutefois, des limites nettes ne peuventêtre assignées à ces deux formes de tumeurs.
La tumeur, dans jies parties essentiellement musculaires, présente des infiltrations leucocytaires abondantes, On ne fit pas des préparations à froid ; après le durcissement, an fit plusieurs préparations par dissociation, après la macération de plusieurs petites pièces dans la potasse caustique à 34 0/0, et on réussit dans quelques-uns à mettre en évidence les fibres cellules musculaires isolées, ridées à la suite de l'action de l'alcool, toutefois très neltement reconnaissables.
L'auteur fait remarquer que les parties centrales du néoplasme, les plus riches en fibres lisses, sont de formation récente, tandis que les parties périphériques, fibreuses, sont plus anciennes et représentent le muscle dégénéré, élouffé par
le tissu conjonctif.
OBSERVATION VI (Résumée).
(Polignani, Nagels Bericht. für Opht., 1896, S. 218.)
Sarcome mélastatique des muscles extrinsèques de l'œil
Dans le cas de Polignani, il s’agit d’un sarcome mélanodermique généralisé avec des noyaux métaslaliques dans les deux muscles droits inférieurs. Ces noyaux se sont développés entre les fibres musculaires. Il se trouve aussi des grains de
pigment dans les gaines et entre Îes fibres des nerfs muscu-
laires.