SORT DE NOS MALADES RÉSULTATS OPÉRATOIRES & RÉSULTATS ÉLOIGNÉS
La bénignité de ces tumeurs, lorsque aucune erreur d’interprétation n'a été faite dans leur diagnostic histologique, est ane notion ancienne, déjà défendue par Eug. Nélaton et aujourd’hui d’ailleurs classiquement admise. Nous nous expliquerons plus loin sur les prétendues tumeurs à myéloplaxes qui auraient donné des métastases. Celles-ci sont des tumeurs malignes, contenant quelques cellules géantes mul: tinucléées dont la présence a fait méconnaître à ceux qui les ont examinées la nature vraie de ces tumeurs. Pour n'être pas toujours aisé, le diagnostic histologique entre les unes et les autres est cependant le plus souvent possible; la différence de pronostic qu’elles comportent le rend impérieusement nécessaire.
Les véritables tumeurs à myéloplaxes, caractérisées par leur structure anatomique telle que nous la définirons, nous le répétons, sont des tumeurs bénignes, ne récidivant localement que si l’exérèse n’a pas été complète, et ne donnant pas de métastase.
Il est intéressant à cet égard de récapituler nos observations, d'exposer quel traitement fut appliqué et quelles furent les suites de celui-ci.
Obs. 9. — Tumeur à myéloplaxes de la tête du péroné, évoluant depuis deux mois, traitée par évidement complet et curiethérapie; actuellement bien portante après trois ans, sans récidive locale ni généralisation.
Obs. 15. — Tumeur à myéloplaxes du tibia, évoluant depuis six mois; subit un évidement; on laisse à un caillot le soin de combler la cavité ouverte par celui-ci. Actuellement bien portante, 7 mois sans récidive locale ni généralisation.
CRR TRES
Obs. 17. — Tumeur à myéloplaxes datant de vingt-deux mois (rachis cervical), traitée par radiothérapie : 22 heures de traitement; dose en unités H : 72. R.: 18.000 environ à 200.000 volts.
Disparition à peu près complète de la tumeur; reconstitution des corps vertébraux détruits sous forme d’un cal osseux. Bien portante depuis dix mois sans récidive et sans généralisation.
Obs. 19. — Tumeur à myéloplaxes du fémur datant de deux mois, traitée par évidement. Comblement de la cavité par un lambeau musculaire pédiculé. Bien portant trente et un mois plus tard sans récidive locale ni généralisation; a comblé par du tissu osseux néoformé la cavité de l’évidement.
Obs. 26. — Tumeur à myéloplaxes costale; subit une résection du segment malade. Bien portante, sans récidive ni généralisation pendant dix ans. Morte de la grippe durant lépidémie de 1918.
Parmi ces cinq observations, il en est deux (obs. 15 et 17) pour lesquelles le recul n’est peut-être pas suffisant pour permettre de considérer ces malades comme définitivement guéris. Les trois autres (obs. 9, 19, 26) qui mentionnent des survies sans récidives de deux ans et demi, trois ans et dix ans, peuvent, nous semble-t-il, être considérées comme telles.
Mais une conclusion à cet égard est capitale : tous ces malades ont été traités économiquement : évidement, curiethérapie, radiothérapie ont, sans distinction, procuré la guérison; il n’a été nécessaire dans aucun cas d’avoir recours à un traitement radical, exérèse ou même résection : un traitement purement local a suffi dans tous les cas.
La reconstitution du tissu osseux, en outre, s’est faite très facilement dans les cas où celle-ci a pu être surveillée; la cavité laissée ouverte par l’évidement ne s’est fistulisée qu’une fois (obs. 9) ; encore cette fistulette est-elle survenue dans le seul cas où l’on n’avait, en raison de l'application de tubes de radium, pu suturer complètement les téguments; elle a guéri d’ailleurs très simplement.
Ce sont là deux notions que nous retrouverons en parlant du traitement.