RÉSULTATS DU TRAITEMENT CONSERVATEUR D'APRÈS NOS OBSERVATIONS
Cette étude de critique rapide des statistiques apportées en faveur du traitement conservateur nous permet de conclure que cette thérapeutique est loin d’être aussi efficace que l’affirment leurs auteurs. Celle que nous apportons nous permet d’être plus formels encore et de dire que de telles interventions sont vouées le plus souvent à un échec à peu près certain.
Si, pour n’étudier que des résultats éloignés, nous éliminons de nos dix-sept malades :
Un inopérable,
Un perdu de vue,
Trois morts opératoires, soit cinq, restent douze malades sur lesquels nous possédons des renseignements suffisants pour juger de lefficacité de la thérapeutique conservatrice.
De ces douze malades, dix ont été soumis au traitement
conservateur (obs. 1, 2, 5, 6, 8, 11, 13, 16, 20, 28), sept d’entre eux ont certainement présenté une récidive locale le plus souvent traitée par une intervention mutilante secondaire.
Pour deux (obs. 11 et 13), nous ignorons s’il v eut récidive locale.
Pour un (obs. 6), lamputation suivit de trop près lévidement qui avait été pratiqué pour que la tumeur ait eu le temps de récidiver én situ si elle devait le faire.
Le traitement conservateur ne semble donc pas donner contre l’apparition de récidives locales de garanties sérieuses ; notre statistique coïncide à cet égard avec celle de Gangolphe: trois cinquièmes des cas de récidive tn situ dans la sienne, sept dixièmes dans la nôtre ; soit 60 à 70 % de repullulation locale après les opérations conservaltrices. Tel est le chiffre qui nous semble représenter la fréquence moyenne de cette évolution post-opératoire.
Ce pourcentage élevé de récidive locale constitue déjà à nos veux une preuve évidente de l'insuffisance de ce traitement. Les résultats de nos observations sont plus éloquents encore en ce qui concerne l’étude des généralisations.
De ces mêmes dix malades soumis au trailement économique sept sont morts à l'heure actuelle.
Des trois autres : un est vivant après récidive locale et amputation secondaire (obs. 20), deux ont été perdus de vue, mais nous savons que l’un (obs. 16) présenta une récidive locale et fut amputé secondairement, l’autre a été amputé également (mais non pour récidive) et n’a pu être retrouvé (obs. 10).
En admettant que ces deux derniers soient vivants, ne peut-on légitimement imputer la survie de ces trois malades à l’amputation plutôt qu'à l'opération conservatrice qu’ils avaient subie et qui ne les avait point garantis contre la récidive locale ?
Mais un point est capital; c’est que, des sept malades qui ont succombé à des échéances plus où moins éloignées :
Trois à des métastases certaines (obs. 1, 2, 6):
Un à une extension locale certaine (obs. 5):
Trois à des accidents inconnus (obs. 8, 13, 28) : les trois qui ont, de façon certaine, succombé à des métas-
En
tases, avaient subi d’abord une intervention limitée, puis, pour récidive locale une amputation. Il serait, évidemment, présomptueux, bien que cette opinion ait été émise, d’affirmer que la première a té la cause de la généralisation : nous sommes en droit de penser qu’elle n’a pas joué un rôle indifférent.