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C. Troubles de l'intelligence. — Les troubles de l'intelligence ne Sont pas très-fréquents. Il sont notés dix fois; et si, sur ces dix cas, on observe que deux fois ils sont tellement peu accentués (os. XXIIT, XVIV) qu'on n’a pas la certitude entière de leur existence, on peut dire qu’ils se sont présentés à peine dans le quart des cas. Ils consistent soit simplement en une diminution de la mémoire, soit dans l’affaiblissement progressif, plus ou moins complet, de toutes les facultés, mais ne s’observent en général que dans la dernière période de la maladie. Le patient est alors plongé dans une sorte d'hébétude d’où on ne peut le faire sortir. Il répond à peine ou très-lentement aux questions qu'on lui pose. Presque toujours l'intelligence reste intacte, et quelquelois malgré une hydrocéphalie notable. Le délire existe deux fois. Chez le malade de l’observation XIV, il était tellement intense, qu'il nécessila Pemploi de la camisole de force; il est survenu chaque fois, quelque temps seulement avant la mort.
D. Troubles des organes des sens. — Ils n'existent que du côlé de la vue et de l'audition.
a) Troubles de la vue.— La vue peut être seulement affaiblie, mais dans plus de la moitié des cas, sept fois sur treize, la cécité est complète, ou peu s’en faut, dans la dernière période. On voit l’'amaurose suivre progressivement ses différentes phases. Dès le début, le malade distingue encore les objets les uns des autres en les rapprochant beaucoup; il ne peut plus lire que les gros caractères, puis il ne peut plus percevoir les qualités de la lumière , 1l distingue seulement le jour de la nuit; enfin survient la cécité absolue. L'examen ophtalmoscopique, pratiqué plusieurs fois, a révélé les lésions de la neuro-rétinite, de la névrite optique double et l’atrophie des papilles. Quelquefois la cécité ou l’affaiblissement de la vue ne porle que sur un œil. Dans un cas (obs. XX XIII), la cécité était absolue de l’œil gauche; à droite, le champ visuel était simplement restreint, quoiqu'il n'y eut pas d'hémiopie propre-
Le ment dite. On observe de plus, assez souvent, la dilatation d’une ou des deux pupilles, quelquefois à peine mobiles, et réagissant lentement.
b) Troubles de l'audition. — Ces troubles, assez variés mais bien moins fréquents que ceux de la vue, existent sept fois seulement. Ce sont des sensations subjectives de bourdonnements, de bruissements, etc. Il semble au malade entendre des sons discordants et le mugissement du vent dans les arbres. Ces sensations peuvent exister seules ou bien être accompagnées d’une altération de l'audition; c’est alors une simple paresse de l’ouie ou bien une surdité plus ou moins complète pouvant aller jusqu'à la surdité absolue, soit d'un seul, soit des deux côtés. Chez un malade (obs. XXXI), la diminution de l'audition est surtout marquée pour la succession des tons.
Nous n'avons noté dans aucune des observations des modificalions ou altérations du goût ou de l'odorat.
E. Troubles digestifs —Les vomissements constituent un des symptômes les plus importants et les plus constants. Ils existent dix-sept fois, c’est-à-dire dans la moitié des cas environ. Ils se montrent la plupart du temps dès le début de la maladie et persistent jusqu’à la fin. Quelquefois bilieux, 1ls sont bien plus souvent alimentaires, se produisant peu de temps après le repas. Ils reviennent par accès à des intervalles plus ou moins éloignés, ou bien ils se montrent tous les Jours; on les a vus se reproduire jusqu’à quinze ou vingt fois dans une Journée et être véritablement incoercibles.
Outre les vomissements, on observe quelquefois une consüpation opiniâtre accompagnée de rétention d'urine.
Notons enfin la paralysie des sphincters et l’impossibilité de relenir les urines et les fèces s’observant dans quelques cas, Surtout dans la dernière période de la maladie.
Î nous reste à parler d’un symptôme important, le diabète. 1 peut être insipide, c'est-à-dire que la quantité des urines
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seule est augmentée, elles ne renferment point de sucre: l'urine peut au contraire renfermer de la glycose en proportion variable. Dans le cas de Traube, la quantité d'urine rendue dans les vingt-quatre heures était de 7 à 9 litres, et elle contenait 5 à 8 p. 100 de sucre. Dans celui de Perroud (Lyon médical), le diabète était insipide, laquantité d'urine rendue en 24 heures était de 7 litres à 7 litres et demi. Il existait en même temps de la polydipsie en rapport avec la polyurie. La soif était très-vive, et la malade buvait de 6 à 7 litres par jour.
L’albumine n’a jamais été constatée dans les urines, quoique plusieurs fois on les ait analysées à ce point de vue.
En somme, on voit, par cette étude, comme nous l'avons déjà fait remarquer, que les symptômes sont très-variés, et sont loin de présenter un ensemble caractéristique.
Quant à l’ordre dans lequel se succèdent ces symptômes, il est de même tout à fait irrégulier, autrement dit, les débuts et la marche sont très-diflérents. La maladie commence chez l’un par la céphalalgie, les vomissements; chez l’autre, c’est la vue qui se perd, la marche qui devient difficile, la parole qui s’embarrasse, de la polyurie qui se déclare, etc. Cependant, dans près de la moitié des cas, la céphalalgie et les vomissements se montrent les premiers.
La durée de la maladie peut être seulement de trois à six mois, ou bien elle peut aller jusqu'à trois ou quatre ans. Le plus ordinairement, elle est de un ou deux ans. La maladie peut présenter pendant ce temps des allernatives d'aggravations et de rémissions. Le patient peut même ne rien ressentir pendant une période assez longue. Ainsi dans le cas de Lawrence (obs. XIX), le malade, après avoir été atteint pendant trois mois de céphalalgie, vomissements, incohérence des idées, stupeur, strabisme, revint complétement à la santé et resta deux ans sans rien éprouver. Le plus souvent, la mort survient rapidement par suffocation, quelquefois subi-
tement; d’autres fois, après un coma plus ou moins long, pouvant durer jusqu’à deux ou trois jours, ou bien encore à la suite d'un accès de convulsions.
Si nous nous reportons aux quelques données d'anatomie et de physiologie que nous avons rappelées dès le début, il est en général facile d’expliquer les symptômes que nous venons d'analyser. Les troubles de motilité des nerfs crâniens, strabisme, dysphagie, embarras de la parole, paralysie faciale, les troubles de l'audition et la surdité sont dus à l'excitation ou à la compression des noyaux de ces nerfs qui sont silués dans l'épaisseur du bulbe, au-dessous du plancher du quatrième ventricule.
La parésie progressive des membres peut être expliquée également par la compression croissante des pyramides antérieures produite par la tumeur. Malheureusement, 1l est impossible de dire si tous ces troubles sont le résultat d’une simple compression ou s'ils sont dus à une altération produite par cette compression des fibres et des cellules nerveuses qui entrent dans la structure du bulbe, ou même dans la partie supérieure de la moelle.
L'examen histologique n’a été fait que deux fois, et deux fois on a trouvé des altérations. M. Chouppe a découvert des altérations des noyaux des nerfs crâniens ; et M. le professeur Morel (obs. de MM. Spillmann et Schmitt) a constaté, dans la partie supérieure de la moelle, les caractères bien nets d’une sclérose diffuse commençante. — Il est à regretter que l’examen histologique de ces parties ne soit pas renfermé dans chaque observation. Il est en effet permis de penser que, s’il avait été fait dans tous les cas, on aurait pu trouver dans un grand nombre d’entre eux des lésions analogues et peut-être expliquer plus facilement certains symplômes. Les troubles de coordination des mouvements, ainsi que les mouvements convulsifs et les attaques épileptiformes, peuvent être dus à des changements produits par le voisinage
pr De de la tumeur dans linnervation de la protubérance. Nous avons vu, en effet, que l'irritation et même le simple contact du plancher ventriculaire pouvait produire des troubles d’équilibre et de coordination, et que la galvanisation de la protubérance déterminait des convulsions épileptiformes.
Les troubles de l'intelligence, rares et ne survenant en général qu’en dernier lieu, sont dus probablement à l'hydrocéphalie ; mais 1] faut dire que l’hydrocéphalie peut être considérable et, malgré cela, l'intelligence intacte.
Les iroubles de la vision, l’amaurose, ne sont pas dus simplement à la compression sur les tubercules quadrijumeaux, car dans un grand nombre de cas de tumeurs il a été reconnu que la compression était impossible, et cependant la vue à été abolie; il est à présumer, quoique l’examen microscopique n'ait pas été fait, qu’ils sont dus à une névrite optique descendante. Il est facile de comprendre, surtout dans les cas de tumeur du quatrième ventricule qui compriment fréquemment les tubercules quadrijumeaux, que l’inflammation développée autour de la tumeur gagne ces tubercules et envahit successivement les bandeleltes optiques, le chiasma, les nerfs optiques el arrive jusqu aux papilles.
Les vomissements et le diabète sont dus aux rapports de la tumeur avec les origines du pneumogastrique et le plancher du quatrième ventricule.
La mort rapide qui survient fréquemment est due certainement à la compression du pneumogastrique à son origine ; elle est accompagnée, d’ailleurs presque toujours, de signes d’embarras de la respiration.