‹ Contribution à l'étude des tumeurs du quatrième ventriculeChapitre 8 sur 21 · HONOR · texte numérisé non relu

HONOR

Elle occupe le quatrième ventricule qu’elle remplit presque complétement. En rapport supérieurement avecles circonvolutions cérébrales, elle fait corps inféricurement, par sa partie adhérente avec la protubérance et le bulbe. Elle envahit à gauche le corps restiforme, le pédoncule cérébelleux inférieur ; la pyramide postérieure, le calamus et les stries de formation du nerf acoustique. Elle s'étend à droite jusqu'à l’angle latéral du quatrième ventricule, recouvrant ainsi la pyramide postérieure. En avant, elle se termine à la partie moyenne de la protubérance. Sa longueur, dans son plus grand diamètre, est de 0",05; sa largeur de 0,02.

L'examen microscopique fut fait par M. Ranvier. Cette tumeur est constituée par des cellules de formes et de dimensions variables ; la plupart sont rondes, sans enveloppes, de deux centièmes de millimètre de diamètre; on en trouve d’autres fusiformes, à prolongements multiples ; enfin, on en rencontre d’aplalies, ovalaires, de un dixième de millimètre, analogues aux cellules à myéloplaxes de Robin. Elles sont toutes réunies par une substance glu- Uneuse peu abondante. De nombreux vaisseaux de divers ordres traversent ce lissu. Il s’agit donc là d’un sarcome, c’est-à-dire d’une tumeur constituée uniquement par un tissu vasculaire composé de cellules non retenues dans une trame alvéolaire.

OBSERVATION X

Kyste du cervelet; neuro-rélinile. (BoussEAu, thèse de Paris, 1808.)

M": Badurreau, 31 ans, blanchisseuse, entre le 6 juillet à la salle Sainte-Marthe, n° 41.

Cette femme avait toujours joui d'une bonne santé, lorsque, il y à vingt-deux mois, elle est prise, sans cause appréciable, de vomissements incoercibles, qui se répètent jusqu’à 15 et 20 fois par jour. L’estomac ne pouvait tolérer le moindre aliment. Elle accusait en même temps une constipation légère, mais ne présentait ni céphalalgie, ni vertiges.

Dix mois après le début des accidents, la malade s’aperçut d’une faiblesse marquée dans le côté gauche ; la marche était pénible et le bras gauche ne pouvait soulever les mêmes fardeaux que d'habitude. Deux ou trois mois plus tard, à la faiblesse du côté gauche se joignirent des vertiges qui l’obligeaient à s’appuyer le long d’un meuble pour ne pas tomber. Peu intenses et passagers

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au début, ces vertiges se répétérent, et dans les derniers temps, elle perdait connaissance. Tout d’un coup, et sans qu'aucun symptôme l’averlit, un voile s’étendait sur elle ; elle tombait à terre inerte, sans convulsions, et ne recouvrait l’usage des sens qu’un quart d'heure, une demi-heure, et même une heure après le début. Cette atlaque était suivie d’une torpeur générale, avec tendance invincible au sommeil.

Les vertiges ne tardèrent pas à être suivis de tintements dans l'oreille gauche, avec paresse de l’ouïie. Ces symptômes ont continué pendant plusieurs mois avec des intermittences : puis le côté droit est devenu faible comme le gauche. Il n’y a jamais eu de paralysie proprement dite; mais la malade ne peut tenir longtemps un objet dans la main sans le laisser tomber; elle marche

avec peine, traîne la jambe, et chancelle comme si elle était ivre.

Ïl y a trois mois seulement sont survenues des douleurs dans les régions frontale et temporale ; puis la vue diminue dans l'œil gauche, et la pupille se dilate ; un mois après, le droit se prend également. L’oreille droite est à son tour le siége de bourdonnements; il semble à la malade entendre des sons discordants et le mugissement du vent dans les arbres. La céphalalgie, qui occupe le milieu du front, est parfois atroce, empêche tout sommeil, lui fait même, bien qu’elle soit courageuse, jeter les hauts cris.

Le 20 septembre, des accidents épileptiformes se déclarèrent ; la malade tomba dans le coma, et mourut dans la nuit.

Autopsie. — Une quantité énorme de liquide remplissait les espaces sous-arachnoïdiens et les ventricules cérébraux. On aperçoit, après avoir soulevé les lobes postérieurs, une saillie manifeste au niveau de la valvule de Vieussens. Gette valvule est extrêmement amincie; les pédoncules cérébelleux supérieurs, qu’elle relie l’un à l’autre, sont également tiraillés, très-diminués de volume et rejetés sur les parties latérales de la tumeur. Une incision faite sur la partie médiane de la valvule de Vieussens et se prolongeant jusqu’à la partie postérieure du vermis superior, met à découvert deux tumeurs : l'une plus antérieure, de la grosseur d'un petit œuf de poule, occupe tout le quatrième ventricule ; l'autre postérieure, ayant à peu près le même volume, est située au centre de l'hémisphère droit du cervelet. Les parois, extrêmement minces et transparentes, contiennent un liquide séreux d’un jaune citrin. La tumeur postérieure offre une paroi plus épaisse ; le liquide est d’un jaune moins éclatant ; tout porte à croire que cette tumeur à préexisté à la précédente.

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Quelle est la nature de ces kystes? Les parois étaient formées de tissu conjonctif et doublées, à leur partie interne, d’une mince couche d’épithélium ; à leur surface externe rampaient des vaisseaux assez volumineux provenant des plexus choroïdes du quatrième ventricule. Nulle part trace d'échinocoques. Tout porte donc à croire que ce sont des kystes simplement séreux.

Le diagnostic avait été porté pendant la vie. En présence d’une telle série de phénomènes : vomissements, constipation, faiblesse plus marquée du côté gauche, envahissant ensuite le côté droit, demi-surdité, perte absolue de la vue, dilatations de la pupille, vertiges avec perte de connaissance, conservation de l'intelligence dans l'intervalle, on conclut à une tumeur cérébelleuse, intéressant les origines des nerfs optiques.

OBSERVATION XI

Tumeur du quatrième ventricule avec polyurie. (PERROUD, Lyon médicul, 1869, t. Il, p. 81.)

I s’agit d’une femme de 43 ans qui, sans cause appréciable et assez brusquement, éprouva une soif très-vive qui augmenta rapidement. Elle buvait jusqu'à 10 litres par jour. En même temps survint une polyurie en rapport avec la quantité des boissons absorbées. Ces symptômes s’amendèrent deux fois pendant son séjour à l'Hôtel-Dieu, mais reparurent quinze jours après sa sortie. Elle rentre à l'Hôtel-Dieu.

À ce moment, elle boit environ 6 à 7 litres dans les 24 heures et rend en moyenne 7 litres et demi d’urine dans le même temps.

Les urines sont limpides et ne renferment pas de sucre. Au bout d’un certain temps, elle éprouva plusieurs fois une vive céphalalgie occipitale qui ne dura chaque fois que 8 à 10 jours. Puis elle eut fréquemment des vertiges, la vue diminua et des bourdonnements se firent entendre dans loreille gauche.

L'urine ne renferme, à cette époque, ni sucre ni albumine.

La polydipsie et la polyurie diminuëèrent à la suite du traitement; elle ne rendit plus par jour que un litre et demi d'urine, et la soif fut complétement éteinte.

Le malade sortit de lhôpital, mais le lendemain, elle prit un étourdissement, tomba sans connaissance et se releva complétement paralysée du côté gauche et sans pouvoir parler.

Les deux membres du côté gauche sont incomplétement paralysés; ils peuvent exécuter encore quelques mouvements, et la sensibilité n’est pas éteinte d’une manière complète; mais la malade ne peut s’en servir. Les accidents de paralysie sont bien plus prononcés dans le membre supérieur que dans linférieur. À droite, la motilité et la sensibilité paraissent très-notablement diminuées.

Intelligence très-affaiblie. La malade est dans le décubitus dorsal, la tête et les veux déviés à droite; elle répond à peine par monosyllabes, aux questions dont on la presse.

Les urines sont très-abondantes; elles sont rendues involontairement.

Les accidents s’aggravent peu à peu; le coma devient complet et la mort survient le 30 octobre.

Aulopsie. — Au niveau de la scissure de Sylvius, versle milieu de la seconde cnconvolution frontale et vers la circonvolution pariétale postérieure, on remarque, sous la pie-mère et l’arachnoïde indurées, la présence de noyaux de consistance semi-cartilagineuse, criant sous le scaipel, logés dans la masse encéphalique à laquelle ils adhèrent et avec laquelle ils se confondent sans ligne de démarcalion.

On trouve une quatrième tumeur, semblable aux précédentes et de la grosseur d’un haricot, sur la face interne de l'hémisphère gauche, au niveau de la partie moyenne de la circonvolution du corps calleux.

Enfin, une tumeur beaucoup plus importante par son siége occupe, dans le cervelet, l'extrémité antérieure ou libre du lobule tonsillaire ou amygdale du côté gauche. Cette tumeur a le volume d’un pois, la même dureté et'la même structure que les autres. Elle est en rapport inférieurement avec la face postérieure du bulbe ou plancher du quatrième ventricule, dans la moitié latérale gauche duquel elle.a creusé une dépression manifeste. Du reste, la substance nerveuse ne paraît avoir subi en ce point aucune modification dans sa couleur et sa consistance, Piqueté de la masse encéphalique, plus marquée qu’habituellement. Les deux reins sont congestionnés.

Cicatrices larges, quelques-unes étoilées, du foie. Épaississement de la capsule de Glisson. En quelques points, îlots opaques de l’étendue d’une pièce de vingt centimes ou de un franc.

Réflexions de l'auteur. — L'aspect physique et la consti-

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