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tution microscopique des tumeurs portent l’auteur à regarder ces Lumeurs comme des gommes syphilitiques, d'autant plus que l’altération observée du foie, répond tout à fait à la description classique des tumeurs syphilitiques. Ce qui paraît constituer le principal intérêt de l'observation, c’est la petite tumeur du cervelet comprimant la partie supérieure du plancher du quatrième ventricule et ayant produit la polyurie par le même mécanisme que la détermine artificiellement Claude Bernard au moyen de piqûres expérimentales. N’est-il pas permis de penser que la persistance des bourdonnements d'oreilles et leur plus grande intensité à gauche étaient dues à la compression de la tumeur sur les barbes du calamus scriplorius, surtout de ce côté ?
OBSERVATION XIL.
Gliôme du plancher du quatrième ventricule. — Broadbent. (The Lancet, 16 décembre 1881, p. 852.)
Il s’agit d’un enfant de 2 ans qui, depuis quelque temps déjà, avait des vomissements alimentaires.
À son à entrée à l'hôpital, il présentait une paralysie de la moitié gauche de la face, l’œil gauche ne pouvait être fermé soit volontatrement, soit par le toucher. Il n’y avait pas un véritable strabisme, cependant cet œil ne pouvait dépasser le plan médian en dehors.
La main droite était continuellement en mouvement quand l'enfant était tranquille et ces mouvements augmentaient beaucoup quand il criait.
Deux jours avant la mort, la paralysie de la sixième paire et d'une partie de la septième est plus marquée.
Mort le 20 août.
Autopsie. — On trouve une tumeur située sur la moitié gauche du plancher du quatrième ventricule, enveloppant le noyau commun de la sixième et d’une partie de la septième paire.
Une autre tumeur existait dans l'hémisphère gauche du cervelet.
Les deux tumeurs sont des gliômes.
me Lo Tous les symptômes, excepté les vomissements, sont expliqués, dit l’auteur, par la tumeur du quatrième ventricule.
OBSERVATION XIIL.
(ERICHSEN, Zur Casuistik der Tumoren des verlängerten Marks, Petersb. med. Zeitschrift 1870 [In Virchow’s Jabresbericht], 1871, t. Il, p. 68]
Apprenti menuisier, 18 ans, de constitution faible, souffrant de douleurs de tête. — Légère dilatation des pupilles; malaises, vertiges. — Vomissements, hoquets. — L’ouie, l’odorat, le goût ne furent pas altérés. — Pouls lent.
Dans les derniers jours, hémicrânie droite, hoquet violent, constipalion opiniâtre, vomissements, contracture passagère du bras droit, anesthésie de ce bras et du côté droit de la face,
À l’autopsie, on trouve un tubercule solitaire à forme olivare, de la grosseur d’une amande, et dont l’axe longitudinal correspondait avec le grand axe de la moelle allongée, situé sur la face postérieure du bulbe.
OBSERVATION XIV
[Observation de M. Bourdon insérée dans son mémoire sur les maladies du bulbe rachidien, lu à l'Académie de médecine, le 26 mars 1872.] (Thèse de VERRON, Paris, 1874.)
Le nommé F..., âgé de 38 ans, employé de commerce, entre, le 19 septembre 1863, à la Maison de santé, dans le service de M. Bourdon.
Interrogé sur la santé de ses parents, il donne des renseignements fort incomplets; 1l n’a jamais été malade. Cependant à l’âge de 19 ans, il a eu une affection vénérienne pour laquelle il a subi pendant cinq ans un traitement mercuriel ; depuis lors, à n’a présenté aucun symptôme de syphilis constitutionnelle.
Ayant habité l'Afrique pendant quelque temps, il a eu delégers accès de fièvre intermittente, et y a contracté l'habitude d’user avec excès d’absinthe et de toutes les liqueurs fortes.
Il accuse, dans les dcrriers temps, de fréquents excès vénériens.
L’affection actuelle a débuté il y a environ deux mois; mais, d’abord légère, elle a fait des progrès rapides. Le 20 septembre à la visite, 1l se présente dans l’état suivant : maigreur très-prononcée, pâleur du visage, yeux hagards, mouvements désordonnés des membres qui lui donnent l’aspect d’un choréique; les convulsions, qui ne se montrent qu’à l’occasion des mouvements volonaires, sont générales; pendant la marche, les jambes tremablent et sont agitées de spasmes convulsifs ; dans la station, l'équilibre est conservé même lorsque les veux du malade sont fermés. Mêmes symptômes du côté des membres supérieurs.
On les observe aussi du côté de la langue et des veux. La langue, parfaitement tranquille lorsque le malade est silencieux, se meut dans tous les sens et sans ordre quand il veut parler. S'il veut articuler quelques syllabes, c’est avec autant de difficulté qu'une personne atteinte de division congénitale de la voûte palaune et du voile du palais. La langue a besoin de prendre un point d'appui sur la paroi supérieure de la bouche. Il y a quelque chose d’anormal et d’incoordonné dans les contractions des inuscles de la face, quand le malade veut parler. Il n’y a point de strabisme permanent, mais les Yeux roulent dans tous les sens avant de se fixer sur un objet. Les muscles du pharynx ne présentent pas le même phénomène morbide; la déglutition paraît se faire normalement.
La force de contraction des muscles a notablement diminué; la sensibilité, au contraire, n’a subi aucun affaiblissement.
Il ya de la céphalalgie frontale ; la mémoire est moins nette, surtout celle des événements récents. Les urines, analysées, ne renferment ni sucre ni albumine.
21 septembre. — La nuit s’est passée sans sommeil ; l’intelligence, qui la veille aurait paru intacte, est sensiblement troublée aujourd'hui.
Le 98, le désordre des mouvements a augmenté; le malade est agité de convulsions incessantes; il n’articule plus d’une manière intelligible. La respiration et la déglutition sont toujours normales.
Les yeux roulent presque continuellement dans leurs orbites; s'ils restent fixes pendant quelques instants, on constate parfois l'existence d’un strabisme externe du côté gauche,
À partir de ce jour, un délire furieux s'établit et nécessite l’emploi de la camisole de force. Il survient des vomissements, de la
ER diarrhée avec selles involontaires, de l’incontinence d'urine. Le pouls s'élève à 104. La mort arrive le 7 octobre, après une heure environ de coma.
Autopsie. Cerveau. — La masse entière des lobes cérébraux parait avoir augmenté de consistance. Les méninges sont trèscongestionnées ; en les enlevant, principalement dans les régions inférieures, on déchire en même temps quelques fragments de la substance grise des circonvolutions. L'hyperémie de lencéphale est générale. Il n’y a aucune lésion dans les circonvolutions, les couches optiques et les corps striés. La cavité des ventricules ne semble pas agrandie.
Le défaut de consistance générale se retrouve dans la moelle allongée ; la substance grise de la protubérance et celle du quatrième ventricule sont très-congestionnées.
Au niveau de l'angle postérieur du quatrième ventricule, on observe une petite tumeur du volume d’une noisette, de couleur blanchâtre ; sa surface rappelle celle d’une mûre ; sa consistance est fibroïde. Elle dépend des plexus choroïdes qui sont turgides et comme variqueux.
Cette petite tumeur n’est, ainsi que l'indique son étude histologique, qu'une production aberrante formée aux dépens des plexus. On y trouve, en effet, outre une très-forte proportion de fibres de tissu conjonctif, excessivement lénues, serrées les unes contre les autres, une matière amorphe, très-dense et très-épaisse, servant à les relier entre elles; de plus, des franges choroïdiennes avec des capillaires variqueux. Les parois de ces capillaires sont épaissies, et les cellules qu'ils contiennent, en voie de proliféralion.
Les pyramides postérieures, dans l'intervalle desquelles reposait la tumeur, ne paraissent pas notablement déprimées. C'était au contraire sur les pyramides antérieures que la compression avait produit des lésions. Elles étaient ramollies, et il était impossible d'enlever la pie-mère sans déchirer en même temps un fragment dé tissu nerveux. La congestion était excessivement marquée. Aucune altération dans le cervelet et les pédoncules; ni dans la moelle, qui n’a pu être étudiée que dans les régions cervicales et dorsales. (Résumé.)
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OBSERVATION XV
(Observation de M. Homolle.)[VeRRoN, thèse cilée.|
G. Morin, 10 ans, salle Saint-Louis, n° 9, hôpital des Enfants (service de M. Roger). Constitution forte, aucun antécédent,.
IL y a huit mois commencèrent à se produire des vomissements, qui se répétaient presque tousles jours, sans cause, accompagnés de céphalalgie.
Après deux mois, il eut des pertes de connaissance très-courtes, sans mouvemenis convulsifs. [l fit alors à Sainte-Eugénie un séjour de trois mois. Sorti il y a deux mois sans amélioration, il revint chez ses parents qui n'observèrent pas de nouveaux accidents pendant six semaines. Il y a quinze jours, il s’aperçut tout d’un coup qu’il ne voyait plus de l'œil gauche; l'œil droit devint également très-vite amblyope; et aujourd'hui enfant distingue à peine la lumière.
À son entrée, il présente l'aspect particulier des amaurotiques; les yeux sont largement ouverts, les pupilles égales et moyennement dilatées, insensibles à la lumière. Il ne peut distinguer aucun objet.
La convergence des axes visuels semble un peu exagérée.
I y a un très-léger degré de paralysie faciale gauche, qui ne se reconnaît que dans certains mouvements normaux. La marche ne présente d'autre trouble que l’hésitation due à la cécité.
La céphalalgie revient par accès, à intervalles {rès-réguliers; elle occupe la région frontale. Les vomissements se reproduisent presque chaque jour, surtout après le repas du matin. La respiraration est régulière ; le pouls assez lent, de 64 à 72.
Le 4 août. Vomissements le matin. Forte céphalalgie. Vers onze heures, il pousse un cri pour appeler et perd connaissance. Le vertige ne dure pas plus de deux minutes ; il n’y a pas de convulsions; mais le sirabisme convergent, si peu marqué entre les accès, s’est exagéré momentanément. Après l'accès, violents maux de tête; puis il tombe dans un état de somnolence qui dure jusqu’à 4 heures.
Le 7. Vertige très-fugace, qui se répète encore le 19 et le 23.
Le 26. Perte de connaissance très-prolongée. 79 pulsations.
Le 27. À l’ophthalmoscope, la pupille a les bords diffus et comme recouverts par un nuage.
Li os
Le 30. Vertige avec quelques mouvements peu étendus des membres.
Le 31. Nouvelle attaque accompagnée de contractions de la face.
Le 20 septembre, à sept heures du matin, attaque avec perte de connaissance ; l’enfant meurt subitement, avec une vive congestion de la face.
Autopsie. — Épanchement abondant dans les ventricules, qui sont très-dilatés. Aucune lésion dans les lobes cérébraux, ni dans les méninges. Dans le quatrième ventricule, existe une tumeur qui en occupe tout le plancher; elle forme une masse tremblotante, gélatineuse, infiltrée de sérosité, d’un gris rosé diaphane, striée de fines arborisations vasculaires. Elle ne dépasse pas, du côté du bulbe et de la protubérance, le niveau du plancher ; c’est là qu’est son point de départ. Elle a dilaté la cavité du ventricule, et le déborde un peu en arrière. Sa hauteur, prise au niveau du plancher, en allant vers le cervelet, est à peu près égale à celle du bulbe prise dans le même sens. En avant, elle se termine par un bord mamelonné, mais elle émet des prolongements vers les tubercules quadrijumeaux, qui sont complétement transformés, ainsi que les bandelettes optiques, en un tissu analogue à celui
de la tumeur.
Le centre de l'hémisphère gauche du cervelet a été envahi par
la tumeur ; 1l est ramolli, infiltré de sérosité et de sang.
Le tissu de la tumeur est extrêmement vasculaire; il suffit d'en agiter un morceau sous l’eau, pour obtenir un lacis de vaisseaux entre-croisés, à parois embryonnaires, avec des dilatations ampullaires lalérales, présentant l'apparence athéromateuse, due à des trainées de granulations graisseuses dans la gaine lymphatique. La structure de la tumeur consiste surtout en cellules ovoïdes, petites, semblables entre elles, sans substance unissante appréciable; elle a les caractères du sarcome névroglique, glyôme de l’épendyme.
Il ya une congestion très-vive des reins, du foie et de la rate.
OBSERVATION XVI
(Observation de M. Liouville.) [VErRoN, thèse citée.]
Homme, 60 ans, diabétique. M. Liouville trouve à l’autopsie, dans le quatrième ventricule, deux petites tumeurs développées
ue Re dans les plexus et ayant avec les corps restiformes les rapports des plexus normaux.
La vessie, présentée à la Société anatomique en novembre 1871 par M. Malherbe, interne des hôpitaux, avait les lésions ordinaires
de la cystite chronique; il existait même une petite perforation. Les uretères étaient dilatés.
OBSERVATION XVI
(Deuxième observation de M. Liouville.) [VERRON, thèse cilée.]
Service de M. Béhier. Janvier 1872. Affection cardiaque, néphrite, cirrhose, diabète, cataracte.
On trouve à l’aulopsie, outre ces lésions, dans le quatrième ventricule, au niveau de l’angle formé par le sillon médian et le bord gauche, une petite tumeur, allongée parallèlement à la tige du calamus, ayant dans son grand diamètre à peu près 0",01 de hauteur et 0",005 de largeur.
C'était un petit fibrome de l’épendyme.
OBSERVATION XVI
Cas de Garrod et Philpot. Papillôme du quatrième ventricule. (The Lancet, 1 Marsh 1873.)
William R..., 11 ans, garçon de ferme, fut admis à l’hôpital le 93 décembre 1872.
Son père rapporte qu'il a toujours été fort et bien portant, jusqu’au moment où, vers le mois de juin dernier, une lourde porte tomba sur lui. Il remarqua depuis que sa marche était de plus en plus incertaine et qu’il n’aimait plus à monter à cheval.
Un mois après l'accident, il fut obligé de cesser de travailler, resta à la maison assis, dans une attitude fixe.
Quinze jours avant son admission, l'incertitude de la marche augmenta, et s’accrut à tel point qu'il fut incapable de marcher sans assistance ; il fallait le porter sur son lit. Enfin dans les quelques derniers jours, il eut un affaiblissement de la vue.
À son entrée à l'hopital, on note l’élat suivant : le malade a une bonne apparence, grand pour son âge, mais très-mince. Son regard est mobile, les pupilles largement dilatées; il y a du stra-
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bisme interne de l’œil droit. Il est incapable de marcher sans aide. Quand il essaie de le faire, ses jambes se jettent irrégulièrement en avant et de côté, et frappent fortement le sol. S'il ferme les yeux, ses mouvements sont beaucoup plus irréguliers, 1l chancelle et tombe. Si on lui fait placer ses jambes dans l'extension et qu’on lai commande de résister, on voit que la puissance musculaire n’est que légèrement diminuée. La main serre avec sa force normale. La sensibilité est complète partout. Sa vue est considérablement affaiblie ; il distingue le jour de la nuit, mais ne peut lire même les plus grands caractères. À l'examen ophthalmoscopique, on constate une double névrite optique. Il se plaint de quelques douleurs à la tête et à la nuque, augmentant par la percussion. Quand on lui parle, le patient répond sensément, mais par monosyllabes. Son intelligence est faible. Le pouls est à 100, régulier. Respiration lente. L’urine est rendue involontairement; elle ne contient pas d’albumine. Abdomen en bateau; constipation, dort mal, mange peu, déglutit facilement.
Ïl resta une semaine dans ces conditions, puis la marche devint de plus en plus difficile. De temps en temps, quelques vomissements.
81 décembre. — Il parut plus sourd, délira un peu pendant la nuit: Le pouls et la respiration sont faibles et irréguliers. La déglutition est plus difficile, les aliments repassent par les fosses nasales. La vue est complélement perdue.
Le jour suivant, il y a un peu de paralysie faciale à droite.
Une semaine plus tard, il devient plus inconscient. Il est tout à fait aveugle. La paralysie faciale et le strabisme interne du côté droit persistent. Selles et urines involontaires. Pouls entre 60 et 84; respiration, 5 à 20.
43 janvier 1873. — Élévation légère de température. État presque comateux, il refuse la nourriture.
14 janvier. — Coma complet. Paralysie complète des mouvements et de la sensibilité. Lèvres livides, râles trachéaux et bronchiques. La mort survient rapidement.
Aulopsie. — Les os du crâne sont minces; le cerveau pâle et anémié, les circonvolutions affaissées ; il y a beaucoup de liquide clair dans les ventricules latéraux, leurs parois sont normales, On trouve une tumeur occupant le quatrième ventricule, repoussant en arrière et de chaque côté le cervelet. Elle sort de sa cavité et apparaîten bas sur le côté droit de la moelle. Sa largeur la plus grande est de 1 pouce ‘|. Sa surface est granuleuse et mamelonnée, d’une
couleur jaune laiteux, rouge dans certains points où il y avait eu de petits foyers hémorrhagiques. Elle est très-vasculaire.
Au microscope, on reconnut un papillôme avec une fine trame de tissu fibreux. Chaque papille était recouverte d'un épithélium cylndrique et renfermait un capillaire dilaté. La tumeur a probablement pris naissance dans les plexus choroïdes.
Les autres organes sont sains.
Commentaires de l'auteur. — I1 y a bien quelques symptômes dus à l’épanchement séreux dans les ventricules latéraux, épanchement d’origine probablement mécanique, mais les plus importants, ataxie, douleur, paralysie faciale, strabisme interne, etc., doivent être attribués à la compression de la tumeur sur les organes importants voisins. (Traduction de M. Ricoux.)
OBSERVATION XIX
[Edinburg Medical Journal, Marsh 1874.](S. LAWRENCE.)
James G..., 21 ans, avant l’époque où sa maladie commença, Jouissait d’une bonne santé. Sans aucun symptôme prémonitoire, il fut pris, pendant la nuit du 15 au 16 décembre 1868, d’un violent mal de tête, vomissements, suivis d’incohérence des idées et de plus ou moins de stupeur, puis paraît du strabisme. Vers le 19, la stupeur et la céphalalgie sont un peu moindres. Le 30, la convalescence commença, le strabisme seul persista; elle marcha rapidement, interrompue seulement par quelques vomissements qui apparurent vers le milieu du mois. Le strabisme fut le dernier symptôme qui disparut. Le 10 février, il reprit ses travaux et n’éprouva plus rien pendant deux ans, jusqu’au mois de mars 1871.
Le 14 mars 1871, douleurs de tête violentes, suivies de faiblesse. Un peu d’excitation du pouls.
7 avril. — Même accès de douleurs prédominant à l’occiput, disparaissant et revenant alternativement avec une intensité variable.
Au mois de mai, amélioration, mais vers le 28, affaiblissement de la vue, surtout de l'œil gauche.
30 septembre. — Il distingue difficilement de l’œil gauche, le
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droit s’est aussi un peu affaibli. Les membres inférieurs ont perdu de leur force et la marche est devenue incertaine.
Le 10 octobre, la vue du côté gauche est perdue; celle de l'œil droit est très-affaiblie.
4 novembre, — Cécité presque complète; on diagnostique : grande probabilité de tumeur de la base du cerveau. On observa en même temps une grande faiblesse du bras gauche.
Dès ce moment, il garda le lit, trouvant que le décubitus dorsal le mettait à l'abri des crises douloureuses. Il devint très-sensible au bruit, qui le faisait souffrir davantage.
47 février 1872. — Accès de vomissements.
22 février. — Après une exacerbation des douleurs, il fut pris d’une crise épileptiforme suivie d’une perte de connaissance temporaire.
Le 93 février, il eut encore des vomissements et au commencement de mars une nouvelle attaque épileptiforme qui dura peu de temps et ne sembla laisser aucun trouble à sa suite.
Avril. — Faiblesse croissante des membres inférieurs. Vers Île milieu de novembre, accès de vomissements et de céphalalgie.
Janvier et février 1873. — Il ne survient rien de particulier; les membres inférieurs sont complétement affaiblis. L'intelligence est intacte, de même que la sensibilité.
12 avril. — Sans aucun symptôme prémonitoire, accès de vomissements, précédés de douleurs de tête. Le calme se rétablit un peu, il a toute sa connaissance, il éprouve le besoin de dormir. On le trouve mort quelque temps après.
Aulopsie. — Os du crâne minces et translucides. Circonvolutions affaissées. On trouva 12 onces d’un liquide fluide dans les ventricules latéraux ; leur surface est parsemée de granulations cristallines.
À la base, on trouve une tumeur occupant le quatrième ventricule, le remplissant et en sortant pour se mettre en rapport avec la partie antéro-inférieure du pont de Varole et atteignant la commissure optique. Au centre de la tumeur existe un petit foyer hémorrhagique de la grosseur d’un pois. Au microscope, cette tumeur est constituée par de petites cellules rondes à noyau.
Pour l’auteur, la cécité est due à la compression de la tumeur sur les commissures optiques. (Traduction de M. Ricout.) |
OBSERVATION XX
Tumeur du cervelet; atrophie des deux papilles optiques. (Ray- MOND, Gazeile médicale, Paris, 1874.)
Femme de 27 ans, hôpital de la Pitié, service de M. le professeur Vulpian.
Quelque temps avant son entrée à l'hôpital, elle avait eu fréquemment des nausées, des vomissements bilieux ; du reste, ces phénomènes, plus ou moins fréquents, ont persisté jusqu’à la mort.
Au mois de mai 1872, en travaillant, elle saperçut que la vue devenait d’abord trouble, que même elle était complétement abolie pendant des crises qui duraient deux ou trois minutes.
Au mois de juin, elle commença à éprouver des douleurs vives (sortes de tiraillements et de crampes) commençant par les épaules et s’irradiant ensuite vers les bras, les avant-bras, et accompagnées de fourmillements dans les mains; ces douleurs étaient bilatérales.
Bientôt survinrent des étourdissements, des hallucinalions de la vue, des syncopes, une céphalalgie tenace, frontale et médiane.
Au mois de septembre, les jambes tremblentet deviennent plus faibles.
Au mois d’octobre, les crises oculaires sont plus fréquentes ; tout d’un coup, elle s'aperçoit que l’amélioration qui jusque-là avait suivi les pertes momentanées de la vision, ne paraissait pas, et que la vue était perdue ; elle distingua encore pendant quelque temps le jour de la nuit, mais bientôt cela ne lui fut plus possible.
Le 14 décembre 1879, les pupilles sont dilatées et immobiles; ce jour, la sensibilité sous tous les rapports était intacte.
La céphalaloie, les tremblements, les élourdissements, les vomissements, les pertes de connaissance, les fourmillements dans les membres, persistèrent plus ou moins accusés, pendant tout le long séjour de la malade à l’hôpital.
Le 26 juillet 1873, elle a un strabisme externe et transitoire de l'œil droit.
26 octobre. — La marche est encore possible, la malade trouve néanmoins que sesjambes sont beaucoup plus faibles qu’au moment de son entrée ; la marche est pourtant régulière, elle ne traîne
Re 2 — point ses jambes, les talons se soulèvent et retombent normalement.
97 octobre. — 1° attaque épileptiforme ; le 30 octobre, 2° attaque; la malade en a eu depuis ce moment assez fréquemment.
Le 21 février 1874, il survient une paralysie faciale droite, incomplète pour l'orbiculaire de la paupière; la contractilité électrique disparaît en même temps dans les muscles paralysés.
Le 1* avril, la malade tombe dans un coma profond et elle meurt le 3.
Autopsie. — Ramollissement de la partie antérieure de la corne sphénoïdale droite ; à ce niveau, la dure-mère présente plusieurs tumeurs analogues au tissu de la tumeur cérébelleuse.
Tubercules quadrijumeaux aplatis, semblant se continuer en arrière avec une tumeur du cervelet. Cette dernière a le volume d'un œuf de poule ; elle est située obliquement de haut en bas, d'avant en arrière, à grand diamètre antéro-postérieur dans l’épaisseur du cervelet, entre le lobe gauche et le lobe droit qu’elle écarte l’un de l’autre. L’extrémité antérieure s'étend jusqu'aux tubercules quadrijumeaux qu’elle comprime. L’extrémité postérieure se termine au niveau du contour externe du cervelet.
On peut résumer sa situation en disant que, par refoulement, elle s’est creusée une loge qui comble complétement le quatrième ventricule.
Sa consistance est mollasse, même après un assez long séjour dans l'alcool ; elle est rougeâtre et composée de filaments ténus; dans toute son étendue, aussi bien à la périphérie qu’au centre, elle est parcourue par de nombreux vaisseaux.
On ytrouve, comme élément principal, des cellules, les unes petites, les autres volumineuses, possédant un ou plusieurs noyaux; un assez grand nornbre d’autres cellules ont des prolongements et s’anastomosent avec ceux des cellules voisines; il y existe également des éléments fusiformes allongés, un réticulum fibrillaire très-fin et de nombreux vaisseaux. On trouve encore en cerlains points des corps arrondis, noirâtres, comme pigmentés; on dirait des corps granuleux, venant du tissu nerveux voisin, comprimé et ramolli, ce sont de grandes cellules remplies de pigment hématique : c’est donc la tumeur décrite par Virchow sous le nom de gloco sarcome.
. Ajoutons que l’union de cette tumeur avec les parties voisines n'est pas intime ; sa superficie est entourée d’une sorte de coque fibreuse, et on l’isole parfaitement.
Réflexions. — En résumé, dit M. Raymond, pas d’ataxie du mouvement, simplement faiblesse des jambes, tremblements, faits en rapport avec la physiologie.
Il faut encore remarquer que la sensibilité a été intacte pendant toute la durée de l’évolution de la tumeur, phénomène en contradiction avec la pensée de ceux qui ont fait du cervelet le siége de la sensibilité générale.
Il faut relever, en outre, que notre malade n’a jamais eu ni vertige, n1 sentiment de lournoiement, ni mouvements de rotation et pourtant les pédoncules cérébelleux sont comprimés et écartés.
OBSERVATION XXI
[D' Moxow, The Lancet, 15 Marsh 1873.] (Thèse de VERRON.)
Dans la séance de la Société de médecine de Londres, le docteur Moxon rappelle l'observation d’un enfant dont l'intelligence était très-amoindrie et qui mourut subitement.
Un des ventricules latéraux était très-dilaté, et faisait hernie entre les circonvolutions. La cause de la dilatation était une tumeur papillaire dans le quatrième ventricule, dont la substance avait la texture de l’épendyme.
OBSERVATION XXI bis.
(D' Zenker, AUg. Zeitsch. f. Psychiatrie, XXVIT, 2, p. 201, 1871.)
Femme de 53 ans ayant présenté, pendant quatre ans, des symptômes de paralysie généralisée, avec prédominance du côté droit.
À l’autopsie, atrophie de la couche corticale du cerveau. Hydrocéphalie ventriculaire. [l y avait dans la partie postérieure du quatrième ventricule, une tumeur de la grosseur d’un haricot, ayant la consistance du cervelet. Elle était libre dans le ventricule et n’était réunie aux plexus choroïdes que par un prolongèment qui l’enveloppait dans sa totalité. Ce pédicule reliait la tumeur
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au pédoncule cérébelleux gauche qui était creusé d’une légère dépression à ce niveau.
L'examen microscopique montra qu’elle était constituée par une prolifération de tissu conjonctif, de petites cellules avec de gTOS NOYAUX.
Il y avait dans la substance de la tumeur quelques granulations calcaires.
OBSERVATION XXIL.
(Cas de M. Chouppe, cité par VErRoON, thèse de Paris, 1874.)
Marie Petrin, 42 ans, entrée le 7 avril 1853, salle Saint-Basile, n° 49, service de Bourdon, à la Charité.
Cette femme a présenté pendant son enfance plusieurs symptômes manifestes de scrofule; toujours elle a été bien réglée ; pas d’antécédents syphilitiques. A l’âge de 17 ans, elle fut atteinte de névralgie faciale ; et depuis cette époque, elle a eu très-souvent de nouvelles douleurs; elles étaient passées depuis trois mois, lorsque, sans cause appréciable, sans refroidissement, elles reparurent au mois de janvier dernier, et depuis, elles n’ont pas cessé.
Le 7 avril, à son entrée, elle se plaint de douleurs névralgiques continues, sans exacerbation, qui occupent surtout la région frontale des deux côtés, puis elles s'étendent dans la région épicrânienne pour atteindre l’occiput; elles se prolongent aussi dans le cou et les épaules. Du côté de la face, elles sont un peu moins intenses. Pas de paralysie.
Le 16. Depuis le 9, elle vomit tous les aliments et toutes les boissons qu’elle prend ; jamais elle ne vomit à jeun. Du reste, elle n'offre aucun trouble digestif, sa langue est bonne.
Le 18. Depuis plusieurs jours, l’état s’est aggravé ; les douleurs sont plus fortes et n’offrent point d'interruption.
En outre, ont apparu des troubles du côté des organes des sens et des muscles de la face. La malade est devenue sourde des deux oreilles ; cette surdité est variable et paraît plus prononcée après les vomissements. Au moment de la visite, elle était absolue ; quand on fixe son attention et ses regards, elle entend mieux.
Son intelligence est moins nette, sa mémoire moins précise ; elle comprend avec difficulté ce qu'on lui dit.
La vue est troublée, surtout du côté de l'œil gauche ; les pupilles sont égales, celle du côté gauche est immobile.
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La face est déviée; l’orbiculaire des paupières du côté droit est paralysé ; la commissure des lèvres est effacée et abaissée du même côté ; elle est relevée à gauche. L’électricité ne détermine pas de contractions du côté paralysé. La sensibilité est conservée. I n’y a encore aucun symptôme de paralysie du côté des membres. On suppose alors une tumeur cérébrale ; et on ordonne l’iodure de potassium et un séton à la nuque.
Le 8 mai. L'état intellectuel de cette malade s'aggrave de jour en jour; elle est continuellement plongée dans une sorte d’abattement et d’hébétude; elle ne répond aux questions qu'avec une lenteur extrême et ne prononce que quelques mots ou quelques monosylisbes.
Depuis six jours, elle a souvent du délire, et surtout le soir; mais ce délire est très-calme; depuis deux jours, elle urine et rend ses gardes-robes sous elle.
Du côté des membres, on trouve au coude gauche de la raideur et de la contracture ; on en trouve également au genou gauche ; la jambe est fléchie sur la cuisse.
Rien du côté droit.
Le 17. L'hémiplégie a un peu diminué. L'état général est mauvais, la faiblesse extrême ; la malade ne prend plus aucun aliment, 1l y a des eschares au sacrum.
Le 31. Dans la journée, elle présente de l'agitation, et dans la nuit elle succombe sans aucun délire.
Autopsie. Reins. — Substance corticale très-Injectée; com- mencement de dégénérescence graisseuse de l’épithélium des tubuli.
L’urine n’a jamais présenté ni albumine, ni sucre.
Encéphale, — Aucune altération du cerveau ni du cervelet.
Dans le quatrième ventricule, on voit une tumeur adhérente à la face inférieure du cervelet, transversale, allant d’un angle latéral à l’autre, large de À centimètre au niveau de sa partie movenne, et s’effilant en pointe à ses deux extrémités, saillantes de 3 millimètres; les bords sont frangés; la surface mamelonnée. La tumeur est composée dans sa tolalité de petites granulations rougeâtres.
Le plancher ventriculaire, dans sa moitié postérieure surtout, est tapissé de granulations, en tout semblables à celles que lon rencontre dans la paralysie générale.
L'examen histologique, fait par M. Chouppe, a donné les résultats suivants: la tumeur est friable et se laisse dilacérer facile-
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ment; elle est pour ainsi dire formée d’une membrane repliée sur elle-même et rappelant l'aspect normal des plexus choroïdes. En portant un fragment sous le microscope à un faible grossisse ment, on trouve une trame conjonctive, légère, granuleuse, au milieu de laquelle rampent des vaisseaux nombreux et serrés, d’un assez fort calibre, de un à quatre dixièmes de millimètre, fréquemment anastomosés entre eux. Tous ces vaisseaux se terminent en anse, à une petite distance de la surface.
À un plus fort grossissement, la structure est la suivante: la trame conjonctive est recouverte vers la surface ventriculaire par une mince couche d’épithélium, en tout semblable à l’épithélium normal.
Elle est constituée par une substance amorphe, finement granuleuse, mais surtout par des cellules fusiformes, munies d’un noyau allongé.
Les vaisseaux sont jeunes, si ce n’est à la partie profonde, où
-l’on trouve quelques artérioles et quelques veinules munies de leurs trois tuniques. Les vaisseaux de la tumeur sont de gros capillaires formés d’une seule paroi amorphe, parsemée de noyaux assez nombreux. |
En résumé, c’est une hypertrophie simple des plexus choroides ; et la tumeur a conservé le type de leur texture à l’état normal.
OBSERVATION XXII
(Gas de M. Bourdon. — Maladies du bulbe, mémoire inédit. — Obs. citée dans la thèse d'agrégation de M. HarLorEau, Paris, 1879.) — Tubercule du cervelet occupant l’éminence vermiculaire et comprimant le bulbe.
Le nommé L...., dessinateur, entre dans mon service à l'hôpital de la Charité, le 18 janvier 1872.
Il toussait et s’affaiblissait depuis plusieurs années, mais il n'avait pas éprouvé de symptômes cérébraux, lorsque, il y a deux jours, il éprouva subitement de l'embarras de la parole, sans perte de connaissance, sans la moindre céphalalgie. Il se décida à entrer à l'hôpital.
Le lendemain à la visite, on est frappé de la difficulté de sa parole ; 1l trouve très-bien les mots pour rendre sa pensée, mais il