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La sonde est débouchée ; pas d’hématurie

6 février. — Examen de M. Guyon. Vessie : bonne contractilité vésicale (coup de piston net au cathétérisme avec la sonde en l’air), tendance à saigner légèrement.

Prostate : volumineuse, dure, avec quelques bosselures surtout à droite. A gauche, déborde légèrement l’arc osseux et s’applique à la

paroi pelvienne, avec laquelle elle contracte des connexions assez nettes.

Far la palpation antérieure, à droite : rien ; à gauche : tumeur débordant dans la fosse iliaque.

Le malade apprend à se sonder et sort le 22 février.

Obs. 66. — Due à M. le professeur Guyon.

Le nommé D..., 67 ans, entre le 4 février 1904, service de M. le professeur Guyon, salle Velpeau, lit n° 12.

Jamais de blennorrhagie.

Vient â la consultation pour la première fois en mai 1902 parce qu’il n’urine plus. Depuis trois ans, le malade avait des mictions assez fréquentes, non douloureuses, si ce n’est un léger chatouillement au début. La fréquence des mictions a augmenté progressivement, le malade se levant une fois, puis 4 à 5 fois la nuit En même temps, le jet devenait de plus en plus fin, le malade pissant de travers, à droite ou à gauche.

Enfin le malade est pris de rétention complète en mai 1902, il est conduit à l’hôpital Cochin où on le sonde. Il vient à la Terrasse ensuite.

On constate un rétrécissement au niveau du cul-de-sac du bulbe, admettant une bougie n° 18, la traversée prostatique est peu longue ; pas de lobe médian.

Vessie en état de rétention aiguë. Urines claires.

Rien aux reins.

Prostate: grosse, irrégulière dure, bosselée; pas de prolongement sur le sacrum ni dans la fosse iliaque.

Le 7 août, il présente des urines sales, avec dépôt blanchâtre, les mictions sont plus fréquentes, le malade se relève 10 fois la nuit. A la fin de la miction, le malade ressent une douleur aiguë dans le rein droit ou gauche, parfois dans les deux.

On continue la dilatation et on fait des lavages à l’eau boriquée.

Le 4 février, le malade est pris de fièvre violente et entre.

Etat actuel: il a des urines troubles avec dépôt blanchâtre abondant depuis 18 mois.

Mictions très fréquentes, toutes les heures le jour, aussi fréquemment la nuit.

11 a eu une seule hématurie survenue il y a un an pendant la nuit ; le matin, le malade trouva ses urines sanglantes. A ce moment, il se faisait dilater.

Douleurs très violentes, intolérables, apparaissant seulement pendant les mictions, siégeant au gland, dans la région lombaire surtout à droite, dans le flanc droit au niveau du rein avec irradiations à la région hypogastrique et vers le coccyx.

Examen de M. le professeur Guyon. Prostate : hypertrophiée, en cuirasse, dure, bosselée.

Obs. 67. — Due à l’obligeance de M. le Dr Bazy.

F..., âgé de 51 ans, se présente le 10 septembre 1902 pour douleur au niveau de la vessie et du rectum.

A 25 ans, blennorrhagie qui a duré 6 mois.

Orchite. Pas d’hématurie.

Plus rien jusqu’en février dernier où à la suite de fatigues, il ressentit brusquement de la douleur dans la verge et dans le rein en urinant.

Urines claires, pas d’hématurie.

A maigri depuis cette époque. Pas de sang dans les selles.

Ganglions inguinaux à droite.

Toucher : prostaje dure dans son ensemble, enclavée ; elle présente sur son bord gauche des aspérités et des nodosités dures ; à la partie supérieure du bord droit, bosselure paraissant arrondie, séparée du bord par un sillon très net et se prolongeant sur la partie latérale du bassin. Son volume est celui d’une noisette.

Bosselures à gauche en grains de plomb A droite, tumeur plus souple et peu douloureuse.

Sur la paroi latérale gauche, la prostate paraît se continuer par un tissu induré avec le bassin.

Exploration : le 20 passe causant une forte douleur au niveau de la prostate ; bosselures et irrégularités qui saignent facilement.

Sondé après avoir uriné, on trouve un résidu de 80 grammes d’urine trouble.

Obs. 68. — Due à M. le Dr Bazy.

E..., âgé de 69 ans, entre le 31 juillet 1902.

Le malade entre à l’hôpital parce qu'il a des douleurs très vives dans le fondement et parce qu’il a des urines troubles.

En février dernier il a subitement une rétention d'urine au milieu de la nuit.

Avant cette rétention, il avait de la pollakiurie, il urinait toutes les deux heures à peu près. Le malade a maigri beaucoup depuis un certain temps : anorexie.

11 urine par le rectum et éprouve de vives douleurs à ce moment.

Examen actuel : la pression de l’hypogastre est un peu douloureuse ainsi que celle du flanc droit,

Toucher rectal : la paroi antérieure du rectum se confond avec la prostate et on trouve allant jusque sur les parois latérales une tumeur dure, bosselée, ferme, cartilagineuse et au centre une dépression dans laquelle la pulpe de l’index pourrait s’insinuer. Le toucher ne détermine pas de saignement.

Examen des urines : la miction paraît se faire tout entière par le fondement. Il a eu la semaine dernière 2 jours d’interruption pendant lesquels il a uriné uniquement par la verge. Enfin de temps à autre il urine à la fois par la verge et l’anus. Cuissons du côté de l’ anus analogues à celles éprouvées du côté de la verge avant cet accident.

13 octobre 1902. — Constipation opiniâtre. L’urine sort parle rectum. Chaque fois il a de vives douleurs dans le flanc gauche.

29 novembre — Envies d’uriner impérieuses et fréquentes (toutes les deux heures). Le malade est traité par les opiacés.

3 octobre 1903. — Emission de gaz par la verge. Il sort toujours un peu d’urine par l’anus.

12, — La fistule coule beaucoup moins.

12 décembre. — Le malade urine par la verge, mais souffre toujours. Les urines après avoir été sanguinolentes sont redevenues normales.

Obs. 69. — Due à M. le Dr Bazy.

T..., âgé de 68 ans, entre le 30 mai 1901.

Ni syphilis, ni le moindre écoulement. Il y a 15 ans a eu de la rétention d’urine à la suite de fatigue et a eu à ce moment le ventre ballonné. Le malade a été pendant 50 jours sondé deux fois par jour Urines troubles, 3 semaines après le début (dans l’hospice de St-Germain-en-Laye) on a retiré deux fois par jour plus d’un litre d’urine sanglante au moyen de la sonde. Maux de reins sans irradiations dans la région inguinale. Il ne souffrait pas à la miction.

Lavages boriqués dans la vessie deux fois par jour pendant 3 mois. Tout disparaît. L’urine redevient normale ; il n’y a jamais eu d’hématurie. Il se lève 4 ou 5 fois la nuit. Pas d’incontinence. Depuis lors jusqu’à il y a 15 jours, le malade a eu par intervalle de la rétention d’urine qui l’obligeait à se sonder.

Il y a 15 jours, s’étant sondé, il est sorti 100 grammes de sang environ. La quantité d’urine est minime. Lorsqu’il ne se sonde pas, il sort à peine quelques gouttes tous les quart d’heure avec des cuissons.

Il a beaucoup maigri. Langue saburrale. Selles régulières. Il ne dort pas la nuit, et souffre d’une façon atroce en urinant.

Urines troubles. Filaments très gros. L’exploration provoque un saignement. Pas de résidu.

Prostate : dure et irrégulière.

A la palpation bimanuelle, on sent une tumeur très volumineuse. Diagnostic : néoplasme prostatique.

Traitement : deux fois par jour, lavement chauds avec 30 grammes de liquide, 5 gouttes de laudanum et 1 gramme d’antipyrine.

Obs. 70. — Due à l’obligeance de M. le Dr Hartmann, recueillie par M. Kuss. interne du service.

V...., âgé de 45 ans, entré le 30 octobre 1905, salle Giviale, lit n° 40.

Début il y a 15 ans par des troubles de la miction ; celle-ci se

faisait attendre et le malade devait pousser. Dans les années suivantes les troubles augmentèrent sans obliger jamais le malade à se lever la nuit pour uriner.

Il y a un an (au mois de mai 1905, premiers jours) le malade se levant veut uriner et ne peut pisser une seule goutte. Il va trouver son médecin qui le sonde et retire beaucoup d’urine.

Pendant 3 mois (selon le malade) il reste sans pouvoir uriner spontanément et se sonde lui-même une fois par four. A la suite d’un traitement médicamenteux institué par un spécialiste,le malade peut uriner seul. Cet état se prolonge 7 ou 8 mois pendant lesquels il urine sans se sonder. Au bout de ces 7 mois, le malade souffre du bas- ventre. Les mictions n’étaient pas très douloureuses. Fréquence: 3 ou 4 fois par jour. Le malade était obligé de pousser avant la miction ; chaque miction était assez abondante (quelquefois un demivase d’urine). Il se relève quelquefois la nuit pour uriner.

Le malade ne perd pas ses urines à cette époque. Le médecin consulté lui conseille de se sonder de nouveau de temps en temps. Le malade se sonde tous les 3 ou 4 jours facilement, avec une sonde molle. Dans l’intervalle il urine spontanément. A ce moment le malade commence à perdre ses urines en marchant et ne s’en aperçoit qu’en constatant qu’il est mouillé.

Le malade vient à la consultation où on lui fait des lavages (eau boriquée, nitrate d’argent). A cette même époque (il y a 8 jours) le malade ne peut plus uriner du tout.

Il entre le 30 octobre, salle Civiale. Le soir on retire 1.300 grammes d’urines troubles et laissant un dépôt de 5 centimètres d’épaisseur.

Examen le 31 octobre au matin : Urèthre libre au n° 20. Le n°26 passe facilement dans la vessie. Au retour on sent une petite bride périnéale et une goutte de sang vient au méat. La traversée prostatique ne fournit aucun renseignement. La sonde béquille n° 20 retire (le malade n’ayant pas été sondé depuis hier soir) 1 litre environ d’urine présentant les mêmes caractères que la veille.

Par la distension, le malade n’accuse aucune sensibilité vésicale et on ne perçoit aucun début de contractilité. On juge inutile de pro-

longer plus loin la distension. Le malade ne peut émettre une seule goutte d’urine spontanément. On vide la vessie.

La longueur de l’urèthre mesurée sur la sonde, l’urine s’écoulant goutte à goutte, de la portion distale de l’œil au ras du méat, l’urèthre étant flasque, est de 17 cent. 6.

Toucher rectal : on trouve à droite, le périnée étant franchi, un lobe de la prostate un peu augmenté de volume de consistance assez dure, encore un peu élastique au centre. A gauche, lobe beaucoup plus développé de consistance très dure.

Le malade se plaint de saigner beaucoup quand il va à la selle.

Le lobe prostatique droit bombe un peu dans le rectum, le doigt atteint ses limites latérales sans pouvoir passer entre elles et la paroi pelvienne.

A gauche, lobe prostatique un peu plus développé, très dur. Une main pratiquant le palper hypogastrique permet de reconnaître qu’il dépasse de un travers de doigt à un travers et demi le bord supérieur de la symphyse pubienne.

Adroite, on sent comme une traînée dure qui part de l’extrémité supérieure du lobe moyen et encerclerait la face latérale droite du rectum .

Obs. 71 . — Due à l’obligeance de M. le Dr Hartmann,

recueillie par M. Kuss

B .., 67 ans, entré le 25 octobre, salle Civiale, n° 42.

Ï1 se présente le 25 octobre 1905 à la consultation des voies urinaires parce qu’il ne peut plus se sonder.

Histoire de la maladie : début il y a trois ans par des troubles de la miction ; à cette époque il urinait plus souvent que d’habitude et chaque fois en moindre quantité. Il urinait plus souvent quand il marchait, et déjà à cette époque il se levait de temps en temps la nuit pour uriner. Le jet était encore assez fort à ce moment, mais était plus fin qu’auparavant. Nombre de mictions dans la journée : une dizaine ; la nuit : 2 ou 3. Mais ce nombre était assez variable. Les urines émises sont claires ; il poussait un peu pour uriner ;

il attendait parfois assez longtemps le premier jet d’urine et ressentait une douleur légère au début de la miction. Le jet s’arrêtait de façon assez nette. Jamais d’hématurie terminale ni autre.

Il y a deux ans, les difficultés de la miction vont en augmentant : le nombre des mictions, diurnes et nocturnes s’élève. Le jet d’urine n’est guère modifié ; la miction se fait parfois goutte à goutte ; d’autres fois le malade pisse en jet d’eau. La quantité d’urine émise à chaque miction est de plus en plus faible ; les mictions sont de plus en plus impérieuses et demandent à être satisfaites de suite. Jamais d’incontinence, vraie ou fausse. Au commencement d’octobre 1903, sans cause appréciable, le soir à 9 heures, avant de se coucher, le malade veut pisser et ne le peut pas du tout ; on cherche un médecin qui le sonde avec une sonde molle, il reste ainsi une vingtaine de jours sans pouvoir uriner spontanément ; pendant tout ce temps, il se sonde lui-même 3 fois par jour ; au bout de cette période il urine à nouveau spontanément par intervalles et en petite quantité. Il devait uriner 4 fois pour remplir un verre (de 400 gr.) et l’envie d'uriner persistait après cette miction. Il continue encore à se sonder 3 fois par jour, et il retirait chaque fois 3/4 de litre d’urine environ. Les urines pendant ce temps sont parfois claires, parfois troubles Pas de douleurs, pas d’hématurie. Quand il se sonde le soir, il peut passer la nuit sans uriner, s’il dort ; mais s’il se réveille il a des envies impérieuses, sans pouvoir émettre plus de quelques gouttes d’urine ; jamais il n’a eu d’incontinence au lit.

En définitive, il s’est sondé 6 mois avec la sonde molle ; puis avec une béquille n° 18, et successivement il a dû recourir aux sondes-béquilles n° 17 et n° 16 ; et à ce moment il arrivait même que le n° 16 ne passât pas.

L’an dernier, en 1904, le malade observe peu de modifications du côté de ses fonctions urinaires, si ce n’est que le nombre de ses mictions spontanées diminue encore et qu’il est obligé de se sonder plus souvent.

Depuis six mois, c’est-à-dire depuis avril 1905, les mictions spontanées sont supprimées totalement ; le malade ressent de légères douleurs dans l’hypogastre, des malaises quand sa vessie est pleine ;

il a été obligé de cesser tout travail depuis huit mois. Depuis la suppression totale des mictions spontanées, il n’a jamais eu de perte J d’urine, le jour ni la nuit, consciente ou inconsciente.

Il y a un mois, à la suite d’un cathétérisme plus spécialement difficile, un peu de sang s’est écoulé par le méat quand le malade a jj retiré sa sonde (béquille n° 16) : le malade continuant à se sonder i lui-même, mais de plus en plus difficilement, arrive ainsi jusqu’au 1er octobre 1905, où voulant à 4 heures du matin se sonder, il n’y parvient pas. L’envie d’uriner devenant irrésistible, il se fait conduire à Lariboisière où on le sonde avec une béquille n° 13 et on \ retire une grande quantité d'urine (?).

Le matin, il revient à 9 heures à la consultation des coies urinaires, mais auparavant il a pu se sonder lui- même avec un n° 15.

A la consultation, on le sonde facilement. On ne mesure pas la quantité d’urine recueillie.

Antécédents génito-urinaires : on ne relève qu’une blennorrhagie sans complications.

Entrée en salle le 25 octobre 1905.

Il est sondé le soir même et le lendemain matin de bonne heure. Le 26 au soir, le malade ne pouvant toujours uriner spontanément, on lui met une sonde à demeure et on l’examine. Traversée uréthrale libre avec une boule n° 15. Difficulté pendant la traversée prostatii que. On ne sent rien dans la vessie.

Au toucher rectal on trouve une prostate grosse (volume d’une petite mandarine), sans sillon médian, allant jusqu’à la paroi latérale du bassin à droite, très dure de ce côté, un peu élastique à gau- ! che où le doigt peut la contourner.

Le doigt ne peut atteindre la limite supérieure, étant coincé entre la face postérieure de la prostate et la face antérieure du sacrum.

Les matières fécales sont moulées, aplaties, et le malade va très difficilement à la selle.

Elimination normale du bleu de méthylène.

Pas de ganglions inguinaux.

Obs. 7& , — Due à l’obligation de M. le Dr Hartmann.

S..., âgé de 49 ans, entre le 1 1 décembre 1903, salle Civiale, parce qu’il urine du sang et souffre des reins.

Il y a plus d’un an il avait éprouvé au bas de la région lombaire une douleur sourde, localisée à la région médiane, douleur non paroxystique, mais qui empêchait les mouvements et avait duré un mois (février 1902).

Il y a dix mois, hématurie extrêmement considérable ; sans que le malade eût éprouvé la veille aucune fatigue, il fut soudainement pris le soir de pissements de sang qui durèrent toute la nuit. Le sang sortait presque pur et le malade évalue sa quantité à 1 litre 1/2. 11 contenait des caillots de 8 centimètres de long, gros comme le petit doigt. L’hématurie était totale.

Pas de douleurs.

Ces hématuries continuèrent un jour et une nuit, puis moins souvent dans la semaine qui suivit. Dans l’intervalle, urines claires. L’hématurie était alors terminale seulement.

Ces saignements s’étaient renouvelés 2 ou 3 fois dans le même mois, sans gêner le malade, lorsqu’après 4 mois, sans aucun phénomène, au mois de juillet, il eut un pissement de sang rouge de la valeur d’un verre et demi.

Depuis, le malade a éprouvé du malaise dans le bas-ventre, à droite, puis à gauche. Après ses repas, il restait deux heures très gêné, éprouvant une sensation d’étouffement.

Un mois après, il commença à éprouver des douleurs extrêmement violentes qui n’ont pas cessé depuis.

Ces douleurs viennent progressivement, siègent dans la portion médiane de la région sacrée, irradiant un peu de chaque côté, en haut le long de la colonne, vers l’aine ; à la face interne des cuisses. Ces douleurs sont très vives, il semble au malade qu’on lui arrache ses organes.

De plus, il a une sensation de brûlure qui siège dans les flancs, la région hypogastrique, toute la surface dts cuisses, et dure un peu moins longtemps.

La crise douloureuse est de 12 à 15 heures, survient tous les soirs et dure une partie de la nuit ; le jour elle est moins forte.

Depuis huit jours, caillots noirâtres à la fin des mictions.

Depuis deux mois, amaigrissement notable.

Actuellement : fréquence des mictions, toutes les demi-heures, le jour et la nuit.

Urines : troubles ; d’après le malade elles étaient claires la veille, avant la crise douloureuse. Le dernier verre est coloré.

Urèthre : le n° 18 passe facilement au niveau de la prostate. Capacité vésicale : 40 grammes.

Brûlures à la fin de la miction.

Le toucher rectal fait sentir une prostate dure, énorme, se prolongeant à droite et à gauche dans l’excavation pelvienne sans qu’on puisse la limiter, adhérant aux parois, très douloureuse. La paroi postérieure de la vessie semble infiltrée.

Les reins ne sont pas sentis.

Palpation abdominale douloureuse au niveau de la face antérieure droite de la vessie et plus à droite. Ganglions peu volumineux dans les aines, à droite et à gauche.

6 décembre . — Toute la nuit le malade a uriné de l’urine très colorée de sang, contenant de nombreux caillots longs d’environ 6 centimètres ou sans forme. Le premier verre seul renferme des caillots ; puis urines claires.

2 février. — Douleurs extrêmement vives dans la région des fesses, des cuisses et dans le périnée. Les urines sont par moment assez fortement teintées de sang, mais pas d’une façon constante.

Obs. 73. — Due à l’obligeance de M. le Dr Hartmann.

B..., âgé de 61 ans, entre le 23 octobre 1905, salle Civiale, parce qu’il ne peut uriner sans se sonder.

Jamais d’écoulement. Il y a 4 ou 5 mois, il s’aperçut qu’il urinait moins facilement ; les mictions sont plus fréquentes le jour ; la nuit il est obligé de se lever pour uriner. Le matin surtout, il s’écoule un certain temps entre la miction et l’effort ; le jet d’urine est plus mince

Hallopeau 10

et souvent sort goutte à goutte ; entre deux mictions, il s’aperçoit qu’il laisse échapper de l’urine .

Il y a deux mois, brusquement à la suite d’une fatigue, il ressent une vive douleur à l’hypogastre et se trouve en état de rétention complète ; il va à l’hôpital Bichat où on le sonde et lui fait des lavages de la vessie ; il y reste 12 jours.

Il continue ses occupations, mais ne peut uriner sans se sonder ; le malade s’amaigrissant rapidement, entre le 23 octobre.

Depuis deux mois, il apparaît quelques gouttes de sang au commencement de la miction ; cette légère hématurie est capricieuse, survient la nuit aussi bien que le jour et ne s’atténue pas par le repos.

24 octobre. — Le malade ressent des douleurs continuelles dans Fhypogastre ; ces douleurs s’irradient à l’anus, à l’ombilic, dans les membres inférieurs ; chaque miction exagère les douleurs.

Le malade est en état de rétention complète ; la sonde évacuatrice passe facilement, sans obstacle ni douleur. L’explorateur à boule n° 20 passe bien. Chaque évacuation donne de l’urine teintée de sang. Dans le bocal, les urines ont une teinte brunâtre. La prostate est extrêmement dure et douloureuse. Ilémorrhoïdes. Etat cachectique. Constipation perpétuelle : le malade ne va à la selle qu’en se purgeant. Anorexie, nausées.

13 décembre. — Parotidite à gauche.

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