Mort subite
A l’autopsie, cancer de la prostate propagé à la vessie, non ulcéré Veines péri -prostatiques non thrombosées.
Gros foie, cirrhotique. Rate : grosse, périsplénite.
Nombreuses brides péritonéales récentes.
Reins : très congestionnés, un peu scléreux dans la couche corticale.
Poumons : congestionnés ; cœur gros, très gras ; sclérose du bord libre des valvules ; atliérome de la portion initiale de l’aorte.
Athérome des sigmoïdes aortiques.
Petits caillots agoniques dans les oreillettes.
Rien au cerveau.
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Obs. 74. — Due à l’obligeance de M. le Dr Hartmann.
R..., âgé de 70 ans, entre le 8 avril 1905 à l’hôpital Lariboisière, salle Civiale, n° 15, parce que depuis deux mois il urine très difficilement.
Le malade n’a jamais eu d’écoulement, il n’a jamais été malade et semble être solidement constitué.
Au mois de septembre 1904, début des troubles urinaires : il urine beaucoup plus souvent que d’habitude ; il perd quelquefois ses urines, aussi bien le jour que la nuit : il s’aperçoit qu’il a envie d’uriner mais ne peut se retenir. Ces troubles restent à peu près au même point pendant les mois de septembre, octobre, novembre et décembre ; le malade a de plus en plus d’incontinence et de fréquence des évacuations.
Au mois de janvier 1905 l’état du malade s’aggrave: la miction est devenue douloureuse, le malade est obligé de faire de très grands efforts au début de la miction, début qui est douloureux. Le jet perd sa force, le malade pisse quelques gouttes sur ses souliers ; son jet est quelquefois oblique vers la gauche. De plus, à trois reprises différentes le malade urine du sang : sang rouge et énormes caillots.
La veille de son entrée à l’hôpital, le malade est pris brusquement d’une crise de rétention qui dure un jour ; il veut se sonder lui-même et se fait une fausse route ; il vient alors à la consultation où on le sonde très difficilement.
Le malade rentre chez lui : le lendemain il urine du sang en grande quantité ; il revient et entre salle Civiale.
Actuellement : la sonde n° 21 passe sans difficulté ; les urines sont troubles, fétides, généralement sanglantes ; le malade a des hématuries très fréquentes, surtout après des crises de rétention qui s’accompagnent de température : dès qu’on le sonde, la crise passe, maiil saigne abondamment. La fréquence était au début de toutes les demi- heures le jour, une dizaine de fois la nuit ; actuellement il urine 5 fois le jour et 5 fois la nuit.
Prostate volumineuse et étalée ; lobe gauche ferme, sans être très
dur ; lobe droit dur ; nodosité en chapelet vers la grande échancrure sciatique.
Le 16 mai, mort subite au sortir du bain.
A l’autopsie, on trouve un néoplasme prostatique.