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Fonctionnement normal de la sonde. Bon état général

L’examen histologique montre en certains points de Lépithélioma adénoïde.

Obs. 80. — Pousson (résumée).

F. M. 54 ans.

Pas de blennorrhagie ; pas de syphilis.

La maladie actuelle paraît dater du mois de mars 1901, mais depuis deux ans déjà le malade souffrait, d'une façon à peu près con-. tinue, du bas des reins. Au mois de mars 1901 le malade éprouve pour la première fois une sensation de brûlure légère à la racine de la verge pendant la miction. En même temps il constata la fréquence des mictions entraînant l’obligation de se lever la nuit pour uriner. Son jet d'urine diminue progressivement de force et de calibre. Un cathétérisme pratiqué à cette époque permit de constater que le malade avait de la rétention incomplète d'urine. Ces trois symptômes : sensation de brûlure pendant les mictions, leur fréquence plus considérable, la diminution d ans le calibre et la force de projection du jet, se sont accrus depuis le mois de décembre 1901. Urines troubles, douleur assez accusée, à l’extrémité de la verge. Dès le courant d’avril 1901, rétention complète d urine entraînant l’obligation du cathétérisme évacuateur. Pas d’uréthrorragie. Quelque temps après, hématurie spontanée. Depuis, le malade pisse du sang constamment. Douleurs lombaires avec irradiations vers la racine des cuisses. Pas de troubles de la défécation ; pas d’adénopathie. Etat général mauvais ; la miction spontanée ne peut se produire.

A l’examen local, l'exploration de l'urèthre permet de constater la diminution uniforme du calibre de l’urèthre prostatique due à l’accroissement à peu près égal des deux lobes droit et gauche de la prostate. Le toucher rectal permet de constater l'existence d’une prostate uniformément développée, surtout dans le sens antéro-postérieur. Pas d’adénopathie concomitante. Cet ensemble de signes permet de porter le diagnostic de néoplasme de la prostate.

12 novembre 1901. — Prostatectomie périnéale subtotale par le procédé d’Albarran. Au cours de 1 intervention, M. Pousson s’aperçut que le col de la vessie était envahi et se borna à en faire un curettage palliatif.

19. — Suppression du drain périnéal et mise à demeure de la sonde béquille n° 17 dans le canal.

21 décembre. — La sonde est enlevée définitivement et depuis les mictions sont volontaires, non fréquentes. Le malade évacue complètement sa vessie ; les hématuries et les douleurs ont complètement disparu. La plaie périnéale est fermée, mais l'état général est toujours mauvais : pas d’appétit, pertes de forces, douleurs lombaires ; La malade quitte l’hôpital. Il est mort depuis.

Obs. 81. — Pousson (résumée).

J. R..., 66 ans, charpentier.

Pas d’antécédents héréditaires.

Jusqu’à il y a deux ans, le malade n’a jamais rien eu. A cette époque, blennorrhagie qui guérit facilement. Depuis, peu à peu, il s’est mis à uriner difficilement. Il y a un an, a fait un séjour d’un mois, salle 17, pour rétention. Depuis il s’est sondé et vient à la consultation pour mictions involontaires. En se sondant, a quelquefois provoqué une urétrorrhagie.

Etat actuel : le malade est en bon état de santé, corpulent, ne se plaint de rien et désire seulement être guéri de son incontinence. Les selles sont régulières et normales ; seule une petite douleur au bout de la verge pendant la miction.

Le cathétérisme est facile. Rétention complète et aseptique. Incontinence par regorgement Le cathéter métallique du professeur Guyon indique une grosse prostate faisant dans la vessie un énorme relief de 3 ou 4 centimètres.

Le toucher rectal nous montre une prostate énorme, grosse comme une mandarine, régulièrement hypertrophiée et que le doigt indicateur ne peut circonscrire à sa partie postérieure. Elle n’est pas bosselée, mais semble taillée à facettes régulières.

La consistance est très dure, mais uniforme. Elle ne paraît pas adhérer à la paroi antérieure du rectum bien que glissant difficilement sur cette paroi. La corpulence du malade ne permet pas de rien distinguer par le toucher bimanuel. Pas de masses ganglionnaires. Aucun retentissement sur les autres- organes.

Prostatectomie périnéale. Guérison.

L’examen histologique montra que l’on avait affaire à un épithélioma.

Obs. 82. — Pousson (résumée).

F. M..., 60 ans, cultivateur.

Deux blennorrhagies à 21 ans et à 56 ans : la première sans aucune complication, la seconde suivie d’une orchite, dont la guérison fut très rapide (8 jours).

Il y a six ans, le malade dit avoir eu des érections douloureuses sans cause appréciable.

Il y a un an, il s’est aperçu de troubles dans la miction. Jamais d’hématuries.

A ce moment, il fut examiné par un médecin qui l’adressa à M. le professeur Pousson.

On diagnostiqua deux rétrécissements. L’uréthrotomie interne fut conseillée*, mais le malade se fit traiter seulement par dilatation. Amélioration notable jusqu’en octobre, puis les mictions redeviennent difficiles.

Examen du malade en mars : bon état général.

Organes génitaux : le palper abdominal ne révèle aucune douleur du côté de la vessie. L’exploration par le cathétérisme révèle un urèthre libre, sensible dans la portion prostatique.

Vessie tolérante, non douloureuse, pas de traces de calculs ; ne saigne pas à l’exploration. On trouve une rétention d’urine, qui est de 350 à 400 grammes, lorsque le malade vient d’uriner. L’urine est claire.

Le toucher rectal permet de sentir une prostate augmentée de volume, indurée, bosselée, et dont le lobe droit donne la sensation de grains de plomb enchàtonnés dans la masse.

Opération le 20 mars 1903 : prostatectomie périnéale.

6 novembre 1903. — F. M..., opéré le 20 mars d’une prostatectomie pour adénome de la prostate, revient le 9 novembre. A ce moment, l’état général est très satisfaisant.

La cicatrice périnéale est souple, mais un peu douloureuse. Les

urines sont très claires, mais le malade dit que lorsqu’il marche ou va en chemin de fer, il est obligé d’uriner toutes les dix minutes. Chez lui, au repas, il reste une demi-heure ou trois quarts d’heure sans avoir besoin d’uriner. La nuit, il se réveille invariablement toutes les deux heures .

Un explorateur à boule n° 18 passe dans le canal, serré au niveau de la région prostatique. Une sonde n° 19 ne peut être introduite. On passe avec difficulté une sonde n° 17, le canal étant un peu déformé. Le toucher rectal n’indique aucun relief de la prostate, mais sur la ligne médiane on perçoit une ligne d’induration fibreuse.

Obs. 83. — Pousson (résumée).

S. M..., 56 ans, tonnelier.

Blennorrhagie à 22 ans, qui dura cinq à six mois sans aucune complication. Seconde blennorrhagie à 24 ans, de courte durée. Jamais de chancre ou ulcérations à la verge.

Il y a cinq ou six ans, a remarqué un affaiblissement notable de ses facultés génitales. Il constata en même temps des troubles de la miction : fréquence diurne et nocturne (4 fois la nuit), difficulté progressive pour uriner.

Le jet avait diminué de calibre et d’amplitude. Jamais d’hématuries. Quelquefois le malade constata une douleur assez vive dans la région lombaire.

Il y a un an, le malade fut pris de rétention aiguë. Sondé à cette époque, il nous dit que le canal était déjà assez rétréci. Progressivement les mictions deviennent plus difficiles ; les urines sont troubles. Le malade se fait des lavages de la vessie jusqu’au moment où, ne pouvant plus se sonder, il entre à l’ hôpital.

Examen du malade : l’état général est très satisfaisant. Rien du côté des testicules. On note un petit nodule dans i’épididyme du côté gauche. Du même côté, le canal déférent est gros et induré, mais sans bosselures.

Au palper, la vessie est légèrement sensible La région lombaire est indolore. L’uretère gauche paraît un peu sensible. Légère sécrétion uréthrale.

L’exploration de l’urèthre indique un canal souple dans toute son étendue. L’explorateur à boule passe sans difficulté jusqu’au bulbe, très sensible. Cette sensibilité augmente dans la région prostatique. Pas d’obstacle, pas de rétrécissement. L’explorateur ramène du sang.

Le cathétérisme permet de retirer 200 grammes d'urine contenant quelques caillots de sang. On trouve à l’explorateur métallique peu de relief de la prostate, une vessie à colonnes, pas de calcul ni de végétations perceptibles. Après cette exploration, on retire quelques grammes de sang pur.

Le toucher rectal indique une prostate volumineuse. Le lobe droit est augmenté de volume et parsemé de quelques petites nodosités. Le lobe gauche, moins volumineux, présente un grand nombre de saillies plus considérables, dures, douloureuses à la pression, donnant la sensation de petits corps étrangers durs, anguleux, enchâtonnés dans la paroi de la prostate.

Opération le 5 mars 1903 : prostatectomie. Pas de calculs dans la prostate, mais prostate volumineuse se prolongeant de chaque côté, très profondément, adhérente à sa loge et à l’urèthre qui est induré dans toute la portion prostatique. Après énucléation aussi complète que possible, cathétérisme a rétro par une sonde de Pezzer. Drainage de la cavité avec un drain de caoutchouc et une mèche.

Suites opératoires : température élevée pendant les trois premiers jours. On enlève la mèche et le drain.

La fièvre tombe pour ne plus reparaître les jours suivants.

La sonde de Pezzer bouchée par des incrustations calcaires est retirée le 20 mars, donc la fermeture s’est faite en 15 jours. Il n’en est pas remis d’autre, et malgré cela le malade urine normalement sans que l’urine passe par la plaie périnéale

Le cathétérisme essayé dans les jours qui suivent ne peut être pratiqué à cause de l’hémorrhagie qu’il provoque, l’urèthre étant mal cicatrisé.

Il est pratiqué sans difficulté, le 4 avril, avec une sonde béquille fortement coudée. L’urine est claire, il n’y a pas de rétention. L’état général est meilleur, le malade a beaucoup engraissé.

Obs. 84. — Hartmann (publiée par Küss, Bull. Soc. cinat.,

1905, résumée).

G... P., âgé de 65 ans, entre le 25 mars 1905, au lit n° 27 de la salle Civiale, à l’hôpital Lariboisière, parce qu’il a des mictions impérieuses et fréquentes et que ses urines renferment des caillots hématiques.

Début il y a trois ans de besoins brusques et irrésistibles d’uriner. Mictions non douloureuses ; jet faible.

Urine toutes les deux heures pendant le jour ; 2 ou 3 fois la nuit. Urines claires.

Pendant deux ans, pas d’autres symptômes que ces mictions impérieuses.

Il y a un an environ, le malade remarque que ses urines sont uniformément, et en totalité, légèrement colorées en brun-rougeâtre. En décembre, il y voit des particules rougeâtres.

Il y a vingt jours, le malade ressent de légères douleurs dans I l’hypochondre droit. Au même moment, apparition de douleurs, peu i vives, dans la région hypogastrique, indépendantes de toute miction.

Comme antécédents, pas de blennorrhagie au dire du malade.

A l’entrée du malade dans le service (25 mars 1905), l’interrogatoire ne révèle aucune douleur en aucune partie de l’appareil génitol urinaire.

Mictions : le jour, urine 2 à 3 fois par heure ; la nuit, urine une ! douzaine de fois, et fort peu, chaque fois. Quantité d’urine émise en 24 heures : 4 litres environ.

Toucher rectal : la prostate est grosse, bombée dans le rectum ; indolore au toucher, de consistance souple, à peu près normale.

Opération le 7 avril par M. Hartmann : prostatectomie hypogastrique. Anesthésie chloroformique. Incision hypogastrique, toute la i région qui entoure le col vésical est surélevée par rapport au reste de la vessie qui est de coloration jaunâtre. Le bord de cette région surélevée forme une saillie bien marquée et arrondie qui domine le basfond vésical. Avec la curette, on enlève des masses grisâtres, assez i| résistantes, se laissant cependant facilement détacher. Avec l’ongle

de l’index de la main gauche, l’index droit étant dans le rectum et s’efforçant de présenter, pour ainsi dire, la prostate au doigt opérateur, on énuciée la prostate en totalité, sectionnant une adhérence solide en bas et à droite. Le tissu prostatique est grisâtre, il crie à la coupe et donne du suc par raclage, son aspect est assez uniforme.

Tubes-siphons hypogastriques. Pansement.

Suites opératoires : température : 37° le matin avant T opération, le soir du même jour, après l’opération : 37e2. Saignement assez abondant par l’urèthre, parla plaie et par les drains hypogastriques, pour nécessiter deux grands lavages chauds de la vessie et le changement du pansement.

8. — T. 38°2 le matin ; suintement sanguin moins abondant ; pansement et un grand lavage chaud de la vessie le matin ; grand lavage l’après-midi. T. 38°9 le soir.

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