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nous saura gré de lui mettre sous les yeux cette remarquable analyse. ne
… Lertiévanr. — Traité des sections nerveuses. — Motilité ‘suppléée après la section du nerf sciatique. Ten €
Tous les muscles de la jambe et du pied sont paralysés par la section du nerf sciatique au tiers inférieur de la cuisse. Malgré cette paralysie absolue et démontrée, toute motilité n’a pas disparu dans la partie inférieure du membre et l'acte de la déambulation peut encore s'accomplir. |
Comment cela se passe-t-il ?
Les extenseurs et les fléchisseurs du tibia sur le fémur, insérés si favorablement sur le premier os pour le mouvoir avec puissance, sont intacts ; ils projettent facilement le tibia et par conséquent la jambe en avant el en arrière ; la jambe peut encore être portée en dedanseten dehors par l'intervention des adducteurs ou des abducteurs de la cuisse. À son extrémité, le tibia porte Le pied, cette masse inerte, lourde comme du plomb, selon l'expression du malade, et qui ballote à l'extrémité du membre. Si le tibia est projeté en avant avec vivacité, le pied, suivant cette impulsion, tourne machinalement autour de l’axe fictif transversal de l’articulation tibio-tarsienne ét s’agile en passant alternativement de l'extension à la flexion. Dans les prejections en dehors ou en dedans, il oscille de ladduction à l’abduction et réciproquement.
Quand, la jambe en direction verticale, le pied touche le sol par sa plante, plusieurs mouvements
peuvent s'accomplir dans ce dernier : le renversement sur son bord externe, sur son bord interne, la flexion, l'extension.
Pour exécuter: le renversement du pied en dehors, le malade produit un léger abaissement de tout le membre, à l’aide du bassin, ou simplement un peu d’abaissement du tibia par un redressement plus complet de cet os sur le fémur à l’aide du triceps crural. En s'abaissant, le tibia refoule le pied sur le sol : si les abducteurs de la cuisse interviennent, à ce moment, par un léger effort destiné à porter le membre en dehors, le pied tourne suivant son axe antéro-postérieur ; son bord interne se relève ; son bord externe s’abaiïsse et foule le sol. La pression faite par le tibia peut rendre ce mouvement très prononcé.
Par un mécanisme semblable, aidé, non plus des abducteurs, mais des adducteurs de la cuisse, le pied peut tourner sur son bord interne et ne toucher le sol que par ce point.
Pour produire l'extension du pied reposant à plat sur le sol, le malade est obligé d’incliner la partie supérieure du tibia en arrière en pressant fortement par cet os, sur le pied ; il incline en avant le tibia qui presse toujours sur le pied, pour avoir la flexion du pied sur‘la jambe.
Les mouvements compliqués nécessaires pour accomplir la marche sont exécutés d’une manière assez parfaite par le blessé.
Pour faire le premier pas, il élève légèrement le
imembre inférieur malade qui abandonne le sol, fléchit un peu son genou, puis par une contraction rapide des fléchisseurs de la cuisse d’abord, du triceps crural ensuite, il lance en avant la jambe et le pied; ceux-ci s'abaissent ensuite ; le pied rencontre le sol par la partie antérieure de la plante et imimédiatement après par le talon.
À ce moment, le poids du corps est projeté par l'impulsion du membre sain, en avant et du côté du membre paralysé qui doit supporter ce fardeau tout entier pendant que le pied sain se détachera du sol et se portera à son tour en avant.
Pour jouer son rôle de support le membre paralysé se raidit, mais dans sa partie supérieure seulement, car le pied ne saurait être maintenu à l’état de fixité, aucun muscle n’agissant sur lui ; ce manque de fixité du pied réclame l'attention soutenue du malade ; il faut que le centre de gravité du corps passe exactement par le centre même du pied ; s'il s’écartait en dehors ou en dedans, il tordrait le pied dans l’un ou l’autre sens. R
Avec ces précautions, le poids du corps lancé en avant, passe sur le membre malade qui le supporte sans difficulté et qui, à son tour, va lui imprimer une impulsion nouvelle. Le membre sain, en effet, un instant détaché du sol, a oscillé en avant ; puis s’abaissant légèrement, il a touché le sol par la plante du pied : il va recevoir le poids du corps transmis par le membre malade.
Celui-ci, pour imprimer l'impulsion nécessaire à
ce fardeau, refoule le sol avec vivacité, non point à l’aide du pied (il est inerte), mais en fléchissant légèrement la cuisse sur la jambe, pour la redresser ensuite brusquement. L'impulsion se produit donc du côté de la partie supérieure du membre, et par conséquent, sur le poids qu'elle supporte. Ce poids est rejeté en avant un peu en haut et sur le membre sain ».
La marche est donc encore possible après la section du nerf sciatique ; toutefois nous nous häâtons de faire ici une remarque importante. Que faut-il pour que d’après la théorie du Létiévant la marche soit possible ? Que la jambe puisse s'étendre et se fléchir. Or, on pourrait nous objecter que dans Île cas de section très haute pour une tumeur située à l’échancrure sciatique, par exemple, le chirurgien ferait également la section des branches nerveuses destinées aux muscles postérieurs de la cuisse ; dès lors si l'extension de la jambe assuré par le quadriceps innervé par le crural est encore possible en est-il encore de même de la flexion dont ies muscles producteurs (biceps, demi-tendineux, demimembrancux) seraient ainsi privés de leur innervation. Même dans ce cas, la flexion serait encore possible, les muscles qui la régissent pouvant être en partie suppléés par le droit interne animé par le nerf obturateur, le couturier et le fascia Fata qui reçoivent leur innervation du crural.
Très satisfaisante pour l'esprit, cette théorie üe suppléance peut encore être invoquée pour exph-